Richard Tuheiava veut continuer le bras de fer sur l’emploi local

    mercredi 20 avril 2016

    Votée en 2009, retoquée deux ans après par le Conseil d’État, la proposition de loi du Pays sur la protection de l’emploi local, chère à l’Union pour la démocratie (UPLD), refait surface. Une sortie de l’eau qui ne se fait pas sans remous. Passage au conseil économique, social et culturel (CESC) controversé, avec les suspicions d’intervention du haut-commissariat, puis inscription en commission législative, avant d’être reporté deux fois et finalement renvoyé à la case départ par le truchement des changements d’affectation des commissions, la loi présentée par Richard Tuheiava fait du bruit.

    Défendue depuis de longues années par les souverainistes, cette proposition de loi entend mettre en place une durée minimum de présence sur le territoire pour pouvoir prétendre à certains postes, dans le public comme dans le privé.
    “Ce n’est pas juste une vision de l’esprit, a expliqué hier Richard Tuheiava. C’est une conviction que nous avons, défendue par l’article 74 de la Constitution française.”

    Cet article prévoit en effet la possibilité de mise en place de mesures spéciales pour privilégier l’emploi local dans les territoires français, comme il existe déjà avec l’obligation de parler tahitien dans certains concours.
    La précédente loi du Pays avait été déposée en 2007, votée en 2009, puis renvoyée en 2011.
    L’UPLD a donc remis cette loi sur le devant de la scène, en prenant en compte plusieurs évolutions.
    Tout d’abord les observations du Conseil d’État, puis les observations du CESC lors de son récent passage raté, les observations du président du Pays et enfin les applications d’une loi similaire en Nouvelle-Calédonie.
    “Nous ne retiendrons que le caractère de résidence dans notre loi. En Nouvelle-Calédonie, ces critères sont encore plus stricts que ceux que nous proposons”, a expliqué Richard Tuheiava.

    La préférence locale, mais à la carte

    Refusée en tant que loi du Pays à elle seule, la proposition de l’UPLD est aujourd’hui différente : faire une loi du Pays pour modifier le code du travail polynésien.
    Un code du travail que les syndicats de salariés comme des patrons dénoncent déjà sur de nombreux aspects et qui serait alourdi dans ses démarches de recrutements.
    Ainsi, pour un employeur du privé, qui aurait un poste à faire pourvoir, il faudrait à l’employeur passer obligatoirement par le service de l’emploi, de la formation et de l’insertion (Sefi). Les embauches directes seraient soumises à amendes.
    Le demandeur d’emploi devra impérativement être inscrit au Sefi et avoir un numéro DN depuis au moins six mois.
    Seule exception, le recrutement en urgence d’un CDD pour trois mois, qui ne pourra pas être converti en CDI, sauf, bien sûr, si le salarié est résident en Polynésie française depuis longtemps.
    Suite à l’embauche, l’entreprise aurait quatre mois pour prouver que le recruté remplit bien les critères, sinon, c’est une nouvelle amende.

    Concernant le temps de présence, c’est encore flou et ce sera à la carte.
    Pour chaque embauche, le Sefi aura à se référer à un tableau des activités professionnelles qui dressera les temps de résidence nécessaires pour prétendre à tel ou tel travail.
    La loi de 2009 prévoyait de réserver 95 % des postes à pourvoir aux seuls résidents qui pouvaient justifier de minimum cinq ans de présence sur le territoire.

    Désormais, la loi du Pays propose de fixer entre dix et trois ans l’obligation de résidence en fonction des postes.
    Une “durée suffisante” qui est inscrite dans le projet de texte et qui crée une exception sur le territoire national où seuls les compétences, l’expérience et les diplômes ne seraient plus… suffisants justement.

    Une durée de dix ans serait nécessaire pour une activité professionnelle principalement satisfaite par le recrutement local, cinq ans pour une activité professionnelle qui connaît des difficultés de recrutement local, trois ans si cela concerne une activité professionnelle qui connaît d’importantes difficultés de recrutement local.
    Le texte est désormais entre les mains de la présidente de la commission de la santé à l’assemblée, Armelle Merceron, qui doit reprogrammer son étude.

    Une commission où l’UPLD et le Tahoera’a ne sont plus majoritaires.
    “On attend qu’elle fasse son job”, a commenté laconiquement Richard Tuheiava hier. “Aujourd’hui, nous sommes pris en otage par le groupe majoritaire. Nous allons continuer le bras de fer.”
    Un bras de fer aux règles un peu biaisées, le représentant de l’État ayant déjà la main posée sur le bouton “recours”.

    Bertrand Prévost

    jefh 2016-04-21 16:34:00
    Tuheiava n'a rien inventé, ça se passe comme ça déjà en calédonie, c'est dans la loi du pays
    lebororo 2016-04-21 13:43:00
    Droit de faire ou bras de fer ☺
    OTIA 2016-04-21 07:45:00
    Il faut arrêter de faire de la démagogie Tuheiava,c'est vrai que pour les crétins qui votent pour vous çà fait bien:on vole le travail de nos enfants maohi…et demain on voudra interdire le mariage d'une tahitienne avec un"farani":on vole nos vahinés et j'en passe...
    lebororo 2016-04-21 02:53:00
    Il veut mousser encore...
    Le président de "la Polynésie française", des françaises et des français René, Georges, HOFFER 2016-04-20 21:03:00
    C'est presque hilarant de lire "préférence locale" pour un parlementaire indigène qui siégeait à Paris et qui aura participer à laisser ses cons-génères proscrits du DROIT au RSA alors que l'article 11 du préambule de la Constitution de 1946 figure dans ce bout de papier qu'il invoque à tour de bras (de chemise) hohohohohoho
    Question préférence nationale indigène, ce sont les quelque 79 999 crève-la-faim colonisés français qui devraient plutôt se sentir pris en otage hihihihihihihih
    rollstahiti@gmail.com
    leo 2016-04-20 19:23:00
    Sérieusement ! comment tuer le recrutement ... comme si des hordes d'étrangers venaient voler nos emplois !
    Pito 2016-04-20 17:12:00
    Sa tête est à la hauteur de ses bêtises !!!! Quand il son parti était au pouvoir c'est le peuple qui était pris en otage.
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