Rigueur et prudence dans l’investissement

samedi 8 novembre 2014

La Dépêche de Tahiti s’est procuré le projet de budget primitif 2015 du Pays. Les prévisions, tant en recettes qu’en dépenses, semblent se vouloir à la hausse. Pour autant, les mesures de rigueur ne sont pas terminées.

Le budget primitif 2015 est sorti des cartons. La Dépêche de Tahiti s’est procuré un exemplaire hier. Un budget qui poursuit ses efforts de rigueur, tout en ouvrant un volet plus important d’investissement (lire par ailleurs).
Il y a quelques années, les budgets polynésiens étaient truffés de promesses des éco-musées, des maisons de la perle, des centres de congrès, des sentiers de randonnée, des logements sociaux, pour des lignes budgétaires avec des reports de crédits qui affolaient les compteurs. Des budgets qui, une fois leur exécution passée, se révélaient insincères, ayant consommé que très peu de crédits à l’investissement et surévalués à la base en rentrées fiscales.
Aujourd’hui, le gouvernement semble vouloir tendre vers plus de réalité dans la ventilation des crédits des 133 milliards de Fcfp qui composent la copie 2015. “La situation de nos finances publiques s’est considérablement améliorée. Notre trésorerie a, pour la première fois depuis très longtemps, été positive tout au long de cette année”, est-il expliqué dans le document budgétaire. “Le financement externe de nos investissements est assuré et les bailleurs de fonds nous expriment à nouveau leur confiance. Nos deux emprunts obligataires ont été lancés avec succès.”
Pour ce qui est de l’année qui s’achève, les résultats restent corrects. Certes, les crédits bloqués pour la commande publique ne dépassent pas les 50 % de consommation, mais les rentrées fiscales sont présentes. Des rentrées obtenues, il est vrai, sur le dos des Polynésiens et des entreprises qui aujourd’hui attendent un retour sur les efforts consentis.
“Les recettes budgétaires attendues de la réforme fiscale de juillet 2013 sont supérieures à nos attentes. Nos investissements publics ont connu en moins de deux ans une progression très importante, passant de 13,6 milliards de Fcfp en 2012 à plus de 20 milliards de Fcfp attendus fin 2014. De nombreux indicateurs économiques sont à nouveau orientés à la hausse”, est-il expliqué en préambule du document de budget primitif, qui conclut : “La voie tracée depuis mai 2013 est la bonne.”
Deux axes de travail sont dégagés : la poursuite de l’effort de redressement financier des comptes publics et l’accentuation des actions de relance de la commande publique.

88 postes supprimés dans les administrations

Côté chiffres, pour ce budget primitif 2015, on peut voir que le gouvernement table sur une augmentation de ses recettes de fonctionnement, sans a priori lever de nouvelles taxes. La prévision de croissance à hauteur de 108,6 milliards de Fcfp (+0,87 % par rapport à 2014) table donc sur une poursuite de la relance de la consommation des ménages et du regain de santé des entreprises.
Dix milliards de Fcfp de recettes supplémentaires sont provisoirement calculés pour 2014, dont la plus grande partie est allée au financement du Fonds pour l’emploi et la lutte contre la précarité (FELP).
Pour 2015, une croissance de
2 % des recettes fiscales est envisagée. Cette manne supplémentaire devrait permettre au Pays de rembourser aux communes 1 milliard de Fcfp dans le cadre du Fonds intercommunal de péréquation (FIP), contre les 500 millions de Fcfp par an prévus initialement. 3,5 milliards seront aussi alloués au FELP pour poursuivre l’action de financement des contrats d’aide à l’embauche (CAE).
Mais accroître ses liquidités, ce n’est pas seulement accroître ses recettes, c’est aussi limiter ses dépenses. Aussi, le gouvernement a statué sur la poursuite des restrictions des effectifs dans les administrations de la Polynésie française. Le Pays espère se séparer de 88 postes dans l’année à venir, dont 43 à la flottille administrative et 19 aux ressources humaines, ainsi que 10 postes au service du développement rural.
“Les mesures de réduction des charges de personnel prises antérieurement sont reconduites (gel du point d’indice, suppression ou gel de postes budgétaires vacants et mise à la retraite des agents pouvant prétendre à une retraite à taux plein)”, est-il expliqué dans ce nouveau projet de budget.
“Chaque année, entre 90 et
110 agents quittent la fonction publique. Leur remplacement systématique n’aura plus lieu. La modernisation de l’administration par un repyramidage des effectifs devra être engagée. Un vaste chantier pour un changement des méthodes de travail dans le but de rendre les agents plus polyvalents et d’améliorer leur productivité sera mené sous l’égide du président de la Polynésie française.”
Malgré la relance, la cure d’austérité n’est donc pas terminée.

Bertrand Prévost

Lire aussi dans La Dépêche de samedi 8 novembre, sur le même sujet, nos articles « Hausse de l’investissement, le Mahana Beach pas prioritaire » et « Comptes spéciaux : le gouvernement se félicite de la bonne tenue du Fonds pour l’emploi »
 

      Edition abonnés
      Le vote

      Le Kitesurf :

      Loading ... Loading ...
      www.my-meteo.fr
      Météo Tahiti Papeete