Risque cyclonique : Papeete dans les starting-blocks

    mercredi 7 octobre 2015

    Depuis que le danger cyclonique a été confirmé, la commune de Papeete mène différentes actions pour être prête à faire face aux retombées d’El Niño. Dès demain, des agents communaux sillonneront les quartiers pour informer la population sur la conduite à adopter lors d’un cyclone. En cas d’évacuation, une vingtaine de centres d’hébergement ont été recensés, pouvant accueillir 5 000 personnes.

     La commune de Papeete prend le risque cyclonique très au sérieux. Depuis 2013, elle a mis au point un plan communal de sauvegarde (PCS) qu’elle affine au gré des exercices et simulations qu’elle met en place au moins une fois par an. “En 1983, on voyait les toitures des maisons s’envoler et se fracasser et la montagne se peler de sa végétation. Tous les arbres se couchaient. Ça faisait peur.[…] Avant le PCS, on se débrouillait. On évacuait déjà les gens et on avait une organisation qui se préparait en amont. Maintenant, on a tout réglementé. C’est plus cadré”, explique Sam Roscol, responsable du PCS. Depuis que le danger cyclonique a été confirmé, différentes actions ont été menées par la commune : inventaire du matériel d’intervention et des véhicules disponibles, recensement des parkings souterrains qui représentent un danger public en cas de cyclone ou inondation, tests du matériel d’épuisement pour aspirer les sous-sols…
    “Il n’y a pas de grandes nouveautés, on renouvelle toutes ces actions chaque année. La seule différence peut-être, c’est qu’on s’implique plus, parce que l’an dernier, on avait que 17 % de risque, et cette année, on est à 90 %. Mais on se tient prêt chaque année”, explique Sam Roscol.

    Grandes opérations d’élagage

    Les services techniques communaux se sont également lancés dans de grandes opérations d’élagage dans les zones publiques. Par ailleurs, la mairie s’attelle à recenser sa population. Pour cela, elle s’appuie sur les référents de quartier. “Ce sont eux qui vont faire des recherches pour nous, car ils connaissent bien leur quartier. Ils vont identifier les personnes vulnérables : les nourrissons, les enfants en bas âge, les femmes enceintes, les personnes à mobilité réduite, les insulinodépendants… Ces gens-là feront l’objet d’une attention particulière en cas d’évacuation. On a aussi des personnes sous assistance respiratoire. L’idée, c’est de les mettre dans une zone de refuge adaptée, équipée d’un groupe de secours à côté.” Les référents de quartier seront également conviés à des formations d’évacuation de la population dans les prochaines semaines.  
    Dès demain, les agents communaux sillonneront les quartiers pour informer la population de la conduite à adopter en cas de risque cyclonique. Sam Roscol explique : “On se focalise sur les cyclones, mais il ne faut pas oublier des phénomènes de fortes pluies, des orages localisés, des inondations… Il faut former les gens à la ‘culture du risque’ : il faut leur apprendre à préparer leur sac en cas d’évacuation, leur rappeler qu’ils doivent débrancher le courant en cas de risques… Pour cela, on va faire du porte-à-porte et on va leur distribuer des dépliants sur la conduite à adopter. Nous avons plus de 7 000 dépliants à distribuer.”
    La commune se rapproche également des confessions religieuses pour informer et sensibiliser sa population. “On travaille beaucoup avec elles. On fait des réunions dans les églises. Il ne faut pas oublier qu’elles hébergent aussi notre population”, rappelle Sam Roscol. La commune de Papeete ne veut rien laisser au hasard et se félicite d’avoir un PCS bien rodé.
    E.P.

    Informations générales sur le dispositif d’alerte

    Mise en garde
    La population est informée d’une menace dans les prochaines 72 heures. La commune recense les référents des quartiers, les personnes nécessitant une attention particulière, les associations et les confessions religieuses… Elle informe la population vivant dans les quartiers prioritaires des risques et de la conduite à tenir. Elle mène des opérations d’élagage et de nettoyage des abords de rivières.

    Alerte orange
    Cette pré-alerte indique un danger dans un délai inférieur à 48 heures. L’accès aux vallées et sentiers est interdit. Les centres d’hébergement ouvrent.

    Alerte rouge
    Le danger cyclonique affectera la Polynésie dans les 12 à 18 heures. La commune fait fermer les lieux recevant du public. Elle s’assure de l’évacuation des zones exposées et vérifie que les ouvrages privés dangereux ont été sécurisés. L’interdiction de circuler sera annoncée six heures avant que la mesure n’entre en vigueur. Un numéro de cellule de crise est communiqué aux médias.

    Phase de sauvegarde
    La phase de sauvegarde est décidée, si besoin, après le passage de la perturbation. Une réouverture des axes prioritaires est mise en place mais elle est limitée.

    Fin d’alerte
    Tous les dangers liés au cyclone sont écartés. La commune rétablit le réseau routier, évacue les personnes sinistrées et ravitaille les centres d’hébergement.

    Évacuation

    Plusieurs zones sont susceptibles d’être évacuées : le littoral, à cause des fortes houles, les zones d’habitation proches des rivières, en cas d’inondation, et en contrebas ou dans les montagnes, susceptibles de subir des mouvements de terrain, et les habitations ne répondant pas aux normes anticycloniques. Des centres d’hébergements ont été recensés dans les salles omnisports, temples, églises, écoles… Les sans domicile fixe de la commune seront pris en charge à la cathédrale par le père Christophe. Le poste de commandement principal se situera à la mairie, mais en cas d’inondation du site, il sera transféré à Tipaerui.

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete