Route de Taapuna : le ras-le-bol et des dangers pour les usagers

    jeudi 18 mai 2017

    taapuna route

    Cela fait quatre mois que
    les résidents
    du lotissement
    Taapuna attendent que leur route
    soit réparée. (© Jennifer Rofes)


    Les habitants du lotissement Taapuna expriment un ras-le-bol général face à la dégradation de la route, qui est dans un état impraticable depuis les inondations de février. Ce même mois, une réunion avait eu lieu afin de savoir qui allait payer les travaux de réfection. Plusieurs mois après les faits, force est de constater que rien n’a été fait. Les habitants n’en peuvent plus.

     

    Après la colère, place à l’indignation et au ras-le-bol général. “ll y a deux jours j’ai failli me faire écraser”, raconte un motard qui entreprenait de rentrer chez lui, à Taapuna.

    “II y avait un véhicule devant moi que je suivais et un autre derrière. La voiture qui me précédait masquait les nids-de-poule et dégradations de la voirie, ce qui fait que je n’ai pas pu tous les éviter. Ma roue avant s’est enfoncée dans un trou, mon pneu a éclaté et je me suis retrouvé à terre. La voiture qui me suivait a dû piler pour ne pas m’écraser. Ma moto est HS parce que personne ne fait rien”, raconte Patrick.
    Et il n’est pas le seul dans ce cas de figure. À la dernière réunion des copropriétaires du lotissement Taapuna, un résident s’était emporté, disant qu’il venait de casser les suspensions de sa voiture, tandis qu’un autre le rejoignait en disant que, en deux semaines, il avait lui aussi crevé deux fois à cause de la route.

    En février, pourtant, suite aux nombreuses inondations qui avaient rendu totalement impraticable la route de Taapuna, car coupée en deux, une réunion à la mairie de Punaauia avait eu lieu avec l’ensemble des parties concernées par le dossier afin de savoir qui allait payer les travaux.

     

    Plusieurs mois après toujours rien

     

    Ainsi, la Sagep, détenue à 61 % par le Pays, et propriétaire de la voirie, tout comme l’OPH, à qui appartiennent plusieurs résidences situées sur les hauteurs de Taapuna, les syndics des copropriétés du lotissement, Sogeco et Sogimmo, le maire de la commune et le ministre de l’équipement, étaient tombés d’accord pour que chacun prenne sa part de responsabilité dans la reconstruction de la parcelle de route endommagée.

    Pourtant, plusieurs mois après les faits, force est de constater que rien n’a été fait. Les habitants n’en peuvent plus. Tiarei, qui vit à Taapuna depuis 17 ans, appelle au boycott des élections législatives.
    “Nous sommes plus de 2 500 personnes à vivre dans le lotissement. Si le gouvernement ne veut pas nous aider, eh bien, nous non plus, nous ne l’aiderons pas. Leur candidat n’aura pas nos voix. Ils veulent nous laisser tomber ? Nous aussi, nous allons les laisser tomber. Y’en a marre”, a-t-elle indiqué alors qu’elle entreprenait le tour des propriétaires.

     

    Les syndics déboussolés

     

    De leur côté, les syndics de copropriétés ne savent plus à quel saint se vouer. Selon Aurélien Planchais, de la Sogeco, le ministère de l’Équipement aurait décliné ses responsabilités, il y a quelques semaines, dans un courrier.

    Une information démentie par le ministre lui-même, Luc Faatau, qui a assuré qu’il n’avait pas quitté le navire, que c’était l’OPH qui prenait le relais mais que, de son côté, il apporterait le soutien technique nécessaire à la réfection de la route.
    “J’ai reçu à mon cabinet la Sogeco et la Sagep, qui devait se charger de nommer un bureau d’études pour déterminer les travaux à entreprendre. J’attends leur retour pour pouvoir les soutenir techniquement, je n’abandonne personne” a assuré le ministre.
    De son côté, Stéphane Wilhem de Sogimmo assure qu’il a essayé de mettre en place un protocole d’accord avec l’OPH, resté à ce jour lettre morte.
    Or, il n’est pas le seul à soulever le fait que le problème majeur de Taapuna résulte des dernières constructions OPH, survenues bien après la mise en place des réseaux d’eaux pluviales dimensionnés pour les lots construits il y a 25 ans.

    “Lorsque ce lotissement a été créé, il a été dimensionné pour un certain nombre de lots. Les résidences et les lots qui ont été construits après se sont naturellement raccordés au réseau d’eau pluviale. Sauf qu’il fallait le redimensionner de façon à ce qu’il absorbe ces nouvelles constructions et ils ne l’ont jamais fait.
    C’est pourquoi depuis plusieurs années, dès que la saison des pluies arrive, la route casse. Les gens ne respectent pas le cahier des charges du lotissement et c’est malheureusement certains riverains et ma résidence qui en subissent les conséquences.

    À ce jour, il n’y a même pas de synoptique à l’instant T réel de ce réseau d’eaux pluviales. Et c’est pourtant l’OPH qui est en charge de ça “, a-t-il précisé.
    Depuis le 22 janvier, un bâtiment des Terrasses de Taapuna a été endommagé. Le talus s’est effondré.
    Des problèmes de salubrité ont été constatés. Les propriétaires ne peuvent plus vendre.  

     

    Jennifer Rofes

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