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Le “royaume Pakumotu” recrute 3 000 personnes pour son armée

mardi 11 septembre 2018

À Patutoa, le drapeau Pakumotu flotte à côté de celui de l’ONU. (© Florent Collet)

À Patutoa, le drapeau Pakumotu flotte à côté de celui de l’ONU. (© Florent Collet)

Il n’avait pas fait parler de lui depuis le mois de mai et sa condamnation devant la cour d’appel à un an de prison ferme pour mise en circulation de fausse monnaie, tandis que deux membres de son “armée” avaient écopé de trois ans de prison ferme pour violences volontaires aggravées sur des policiers.

Les deux gardes du corps avaient alors menacé des policiers avec des armes à feu, et d’en faire usage en tirant en l’air au moment où l’arme était confisquée. Mais Athanase Teiri n’en démord pas. Celui qui assure être le roi d’un ensemble de “148 îles polynésiennes” après avoir été intronisé par d’autres têtes couronnées du Pacifique — “Pomare n’a pas été intronisé”, nous répond-il — continue de faire flotter le drapeau de son royaume Pakumotu aux côtés de celui de l’ONU dans le jardin d’une humble maison de quartier de Patutoa, à Papeete.

Depuis samedi dernier, sur Facebook, une petite annonce fait le buzz. Nani Faari y annonce que le “ministre de la Justice de l’État souverain Tahiti Pakumotu, Lenoir Roger, invite toutes les personnes à venir s’inscrire dans le ministère, 3 000 postes à pourvoir dans la police d’État, portuaire et aéroportuaire”.

L’annonce avait été partagée 170 fois hier après-midi. Si quelques internautes veulent plus de renseignement, cette offre d’emploi est très majoritairement sujette aux moqueries des utilisateurs polynésiens du réseau social.

Mais hier matin, pour une partie du “gouvernement” Pakumotu, l’heure n’était pas à la plaisanterie.

Contrairement au protocole imposé il y a quelques années, les journalistes sont autorisés à parler directement au roi. C’est tout de même l’ancien porte-parole et ministre de la Justice, Maruarai Colombel, désormais ministre des Passeports, des Cartes d’identité et des Permis voiture, bateau et avion qui nous reçoit.

 

Un salaire de 210 000 F versé en patu

 

De crainte d’avoir de nouveaux problèmes avec la justice, l’homme sort un courrier d’une haut-commissaire des Nations unies faisant état de l’établissement du protectorat par la France concluant que la Polynésie n’est pas française.

Après recherche, il apparaît qu’en dehors des erreurs sur le nom de la haut-commissaire et de la députée, il s’agit d’une partie d’un rapport remis à la commission des lois de l’Assemblée nationale en 1999 où il n’est évidemment pas fait cas d’une Polynésie qui ne serait pas française.

Pour autant, selon Nani Faari, qui a publié l’annonce en tant que ministre des Transports, de l’Artisanat et des Communes, des personnes se seraient déjà présentées, mais elle fait mystère sur leur nombre. “Plus d’une centaine”, confie-t-elle. Une promesse d’un salaire brut de 210 000 F est également faite par Nani Faari. En revanche, comme par le passé, le royaume compte instaurer le patu. Maruarai Colombel dévoile un billet de 100 patu qui équivaut à 14 500 F. Pas de pièce, ni de tota, mais des billets appelés “pene “parce que les billets, ça flotte alors que les pièces, ça coule”, nous explique le ministre des Passeports, satisfait du résultat. “Mais il y a des règles pour faire des billets. Nous les avons suivies”, avant de nous montrer le papier à imprimante de bureau, tout ce qu’il y a de plus commun, ayant servi à leur impression.

Quant à savoir si les commerces accepteront cette monnaie pour régler ses achats, “nous allons les informer qu’il faut le faire. Cela prend du temps”, nous assure Maruarai Colombel.

Dans le bureau d’à côté, le roi vient d’être entendu par les renseignements territoriaux qui surveillent les Pakumotu régulièrement.

Pas de quoi inquiéter Athanase Teiri : “Je n’ai pas peur parce que je suis pour le peuple. Je ne fais pas de la politique. Il y a Dieu, le roi et le peuple. Aller en prison, pour moi, ce n’est rien. Les juges ? La loi c’est Dieu, c’est Dieu qui a donné la loi ici. Au nom de quoi j’irai en prison ? Quand ils sont venus m’interpeller, pour moi, c’est un crime.”

Interrogé hier, le parquet a indiqué qu’il ne s’était pas saisi de ce sujet.

 

F.C.

 

 

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