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Ruée sur l’opération « échange casque »

mardi 15 novembre 2016

Victimes de leur succès, les gendarmes ont parfois paru débordés par la demande, plus forte  que l’offre. (© Florent Collet)

Victimes de leur succès, les gendarmes ont parfois paru débordés par la demande, plus forte que l’offre. (© Florent Collet)


 

Près de 200 personnes attendaient avec impatience, hier, le premier rendez-vous de l’opération “Échange casque”, organisée par la gendarmerie nationale et le comité des sociétés d’assurance (Cosada). Contre un casque usagé ou pas aux normes européennes, il était possible de recevoir un bon d’achat de 7 500 F pour acheter dans la foulée un casque aux normes. Après le garage Tracqui qui a été pris d’assaut hier, quatre autres rendez-vous sont prévus dans les prochaines semaines.

 

 

Du jamais vu. L’opération casque, reconduite pour la 3e fois, draine généralement du monde, mais l’affluence d’hier a pris des proportions inédites. Alors que l’opération a débuté à 9 heures, ils étaient déjà près de 200 dès 7 heures à faire le pied de grue, casque en ruine à la main, à attendre l’ouverture du garage Tracqui et l’arrivée des gendarmes. L’annonce de l’opération a fait grand bruit sur les réseaux sociaux, quitte à déformer l’information et susciter quelques frustrations.

Après un rappel des règles par le capitaine Faure, officier adjoint à la circulation et à la sécurité routière pour la gendarmerie en Polynésie française, un premier tri s’effectue dans le hall bondé du garage. Exit ce jeune homme qui avait récolté de vieux casques dans son entourage pensant pouvoir repartir avec une coquette somme pour aller faire ses emplettes. Impossible de recevoir 7 500 F en liquide en échange de son casque, impossible non plus d’obtenir un bon de 7 500 F d’achat et d’aller en profiter chez un autre concessionnaire ou de revenir plus tard.

Pour obtenir le sésame, une obligation, laisser l’ancien casque et repartir avec un nouveau acheté dans le magasin. L’opération doit profiter à l’ensemble des cinq concessionnaires participant à “Échange casque”, financée par le comité des sociétés d’assurance (Cosada). Un soutien d’un million de francs qui permet de financer en partie 130 casques. Soixante ont déjà trouvé preneur.

“ll y a beaucoup de casques qui vieillissent et d’autres qui ne sont pas homologués. On essaie de rectifier le tir et faire en sorte que la plupart des gens qui circulent le fassent avec des casques qui protègent leur tête”, explique Alain Le Bris, président du Cosada, qui voit ici un double intérêt pour les assureurs qu’il représente. “Indépendamment de l’aspect civique, nous sommes quand même des entreprises citoyennes ; il est évident que si les gens circulent avec de bons casques, ils risquent moins d’avoir des traumatismes et de problèmes que nous, nous indemnisons.”

 

Difficile de trouver une place dans le budget

 

Un risque supplémentaire, dont Frédéric ne veut plus pour son père. Dans la file d’attente, aucun doute sur le casque qu’il tient en main. Sa place est à la casse, pas sur la tête de son paternel.

“Une lanière est déchirée. Je suis venu le changer pour mon père. Je le fais pour sa sécurité, surtout en ce moment, avec les accidents qui sont arrivés et maintenant avec la saison des pluies…”, explique le jeune homme de
Tiarei, qui a dormi chez un ami à Pirae la veille pour être sûr d’être à l’heure et profiter de l’opération. Car sans ce soutien financier, son père aurait continué à rouler avec son vieux casque inefficace au moindre accident par “faute de moyens. Il y a eu pas mal de dépenses imprévues, donc c’est bien, ce type de journées, il faut en profiter.”

L’affluence, hier, semblait également démontrer que ce n’est pas par ignorance ou par rébellion que les pilotes se protègent mal. “Au moins 10 000 F un casque, ce n’est pas impossible à payer, mais c’est difficile à trouver une place dans le budget”, reconnaît une maman, toute heureuse de cette bonne affaire.

“Je ne suis pas dans le commerce pour dire que les casques sont trop chers”, explique, gêné, le capitaine Faure, “mais il y a eu des casques non-homologués qui ont été vendus”.

La sécurité n’a pas de prix. Depuis le début de l’année, des casques défectueux sont impliqués dans six accidents mortels. Cent trente seront détruits d’ici la fin de l’année, grâce à l’opération. 

 

F.C.

 

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