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Ruée sur les balises

jeudi 17 novembre 2016

balise

Jusqu’à la rupture de stock, l’affluence n’a jamais cessé, hier matin, dans les locaux de la Fédération d’entraide polynésienne de sauvetage en mer. (© Florent Collet)


 

 

Mises en vente depuis le mois d’août au prix coûtant de 27 000 F par la Fédération d’entraide polynésienne de sauvetage en mer (FEPSM), les balises personnelles s’arrachent comme des petits pains. L’expérience de Meherio et Laurent a fait l’effet d’une piqûre de rappel pour les usagers de la mer. Même si la balise n’est pas obligatoire, les acheteurs rencontrés hier la jugent indispensable et désormais à un prix accessible.

 

 

“Je suis surbooké.” Au rez-de-chaussée de l’immeuble Pétropol dans les locaux de Fédération d’entraide polynésienne de sauvetage en mer (FEPSM), Alain Côme, le secrétaire général ne sait plus où donner de la tête. Son téléphone n’arrête pas de sonner et l’affluence dans son bureau bat des records.

La raison de ce succès n’est pas plus grosse que deux barres de céréales, coûte 27 000 F, mais peut permettre de garder intact un bien d’une valeur inestimable : la vie humaine.
Depuis le mois d’août, en effet, la FEPSM a obtenu l’accord du gouvernement de ne plus être taxée sur les balises de détresse personnelles (PLB), elles sont ainsi vendues à prix coûtant. Depuis la mise en place de ce dispositif, 150 unités ont été vendues. La dernière a été vendue hier matin à Nadine, qui fait de la plaisance et de la pêche sur son bateau de type Bertram.

“Avec l’actualité, je me suis dit que les fusées de détresse ne sont pas suffisantes, on voit que c’est nécessaire d’avoir une balise à bord.”
La mésaventure de Meherio et Laurent a eu un effet immédiat sur les consciences. En seulement trois jours, trente balises ont ainsi été achetées. C’est le cas d’Anatole qui, lui aussi, allie pêche et plaisance sur son bateau pourtant déjà bien équipé.

“J’ai tout le matériel de sécurité préconisé, trois fusées à main, trois fusées parachute, trois fumigènes, les gilets, la boussole et comme la plupart des professionnels, j’ai un GPS. La balise, c’est vraiment un plus, c’est le top en cas extrême. Selon moi, cela devrait être obligatoire, ça éviterait toutes ces parties de recherche. Avec ça, en trois minutes, le JRCC sait ta position. Avant, on était habitué aux fusées, à la VHF. J’en ai toujours voulu, mais là, l’occasion s’est présentée et ma femme m’a pressé de le faire.”

À côté, Madji, son épouse, a le sourire. “Je suis contente, c’est une sécurité en mer. Aujourd’hui, c’est un cadeau pour le bateau et pour moi. Cela fait longtemps que je lui disais de l’acheter, même si ce n’est pas obligatoire, c’est une nécessité, c’est pour la vie.”  

 

“Meilleur moyen de secours”

 

C’est le tour de Patrick d’entrer dans le bureau de la FEPSM. Il vient en chercher deux, une pour lui et une autre pour un ami aux Marquises. “C’est très utile, j’en avais parlé avec un pilote du Gardian qui m’avait dit que c’était le meilleur moyen de secours, mais le prix était excessif pour une durée limitée. On ne veut jamais penser qu’on va avoir un accident, seulement le risque zéro n’existe pas. C’est toujours l’insouciance. C’est quand on est placé devant les faits qu’on se rend compte qu’on n’est rien face à l’océan.” 

François-Jean vit sur un voilier. L’idée d’avoir une balise l’avait souvent effleuré, c’est devenu une réalité. “Cela faisait un bout de temps que j’avais pensé à m’équiper, mais c’est vrai que les tarifs étaient assez élevés, il fallait commander sur Internet. J’ai vu qu’ici, c’était vendu 27 000 F, ça vaut le coup. Je navigue en famille, j’avais besoin d’assurer sa sécurité en cas de pépin. C’est vrai que l’histoire de Meherio et Laurent m’a réveillé.”

Involontairement, la jeune femme et son frère ont offert une superbe publicité à l’utilisation de la balise. “Cela a été un petit rappel sur les règles de sécurité, c’est certain. Cet incident vient de faire prendre conscience qu’il faut des moyens de sécurité supplémentaires par rapport à ce que la loi demande pour chaque type d’embarcation”, explique Alain Côme, qui a passé la commande de 50 nouvelles balises, faute de plus.

“Notre trésorerie est très limitée, nous ne pouvons pas en acheter plus. J’en profite pour lancer un appel aux mécènes. C’est grâce à la Pacifique des Jeux que nous avons pu avoir cette somme pour lancer cette opération.”
Dans les magasins de fournitures nautiques où les balises ne sont pas aussi bon marché, ce n’est pas la même affluence, mais les vendeurs ont eu, eux aussi, des demandes plus nombreuses ces derniers jours. 
    

F.C.

 

Pascal Martinez, pêcheur professionnel en poti marara : “À ce prix, tout le monde doit en avoir, il n’y a plus d’excuse”

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Pourquoi avez-vous décidé d’acheter une balise aujourd’hui ?
Avant, c’était trop cher à l’achat et nous n’avons pas trop les moyens. Nous respectons d’abord la réglementation. Tous les ans, nous avons des visites pour voir si notre bateau est apte à la navigation pour avoir notre permis de navigation qui nous permet de naviguer à 15 miles de notre port d’attache, mais personne ne suit cette réglementation. Mais pour la balise, j’aurais voulu depuis longtemps quelque chose comme cela. Ils ont fait une bonne action en baissant les prix, c’est accessible à tout public. Comme ça, on ne va pas perdre des millions pour aller chercher les gens. Surtout nous, les pêcheurs professionnels, nous sommes toujours au large. Quand nous entendons que quelqu’un est perdu en mer, cela nous touche aussi. À 27 000 F, c’est impeccable. À ce prix, tout le monde doit en avoir, il n’y a plus d’excuse. Si tu n’as pas ça, il ne faut pas sortir en mer, il faut rester seulement au bord, sinon, la réglementation va être de plus en plus dure pour les pêcheurs professionnels. Il faut arrêter les dégâts.

La balise est vendue depuis deux mois, mais vous venez seulement aujourd’hui…
Il suffit qu’il y ait un psychodrame qui se passe pour que tout le monde arrive. Les pêcheurs, nous étions toujours dans l’ancien système. Maintenant, nous sommes obligés car nous pêchons assez loin. Mais comme je dis souvent, normalement, quand tu es bien équipé, avec une bonne VHF, même si tu es à 50 miles, le JRCC peut te capter.

L’histoire de Meherio et Laurent aura-t-elle permis de rappeler l’importance d’être bien équipé ?
Oui, mais ce n’est pas la première fois que cela arrive. En général, ce sont des plaisanciers. Les pêcheurs professionnels sont normalement bien équipés, car ils sont soumis à des inspections. Mais pour faire la distance de Huahine à Maiao, mieux vaut être équipé. Moi, j’ai un GPS. Et la balise, c’est au cas où tu ne peux pas être entendu par la VHF si tu es en panne.

 

Propos recueillis par F.C.

 

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