Ruinés au kikiri, ils agressent et volent pour rentrer chez eux

    vendredi 21 avril 2017

    justice tribunal

    “Je me suis vu mourir”, a confié la victime de deux voleurs, partis pour six mois à Nuutania. (© Florent Collet)

    La victime se lève tous les jours à 5 heures du matin pour prendre le bus de Papeno’o et rejoindre son travail de serveur, qui l’occupe jusque tard dans la soirée. Amoureux de la chanson, ce jeune homme se rend à un karaoké sur le front de mer et après deux bières retourne dormir chez un cousin. Elle attend dans la rue, mais épuisée finit par s’endormir. Le réveil est brutal.

    Un peu plus tôt, Raihau M. et Taiefitu T. ont perdu 20 000 F, soit tout ce qu’ils avaient en poche en jouant au kikiri. Sans moyens pour rentrer à leur domicile de la Presqu’île, ils remarquent la victime, la suivent et finissent par la retrouver à Mama’o.

    “Là, on s’est tous les deux dit : action”, explique l’un des deux prévenus.

    Pendant que l’un fouille les poches du jeune homme et tente de lui voler son sac, l’autre se poste derrière lui pour le bloquer s’il se réveille. C’est ce qui arrive. La jeune victime subit une prise d’étranglement qui lui fait perdre conscience. Lorsqu’elle se réveille, l’étau se resserre à nouveau, et elle perd à nouveau connaissance.

    “Je me suis vu mourir”, confie la victime à La Dépêche, à l’extérieur de la salle d’audience. Lorsqu’elle se réveille, l’un de ses agresseurs lui intime l’ordre de se rendormir, elle fait alors semblant de perdre connaissance.

    À peine ses agresseurs partis avec son sac, le jeune homme prévient la police qui interpelle rapidement les deux voleurs. Teiefitu T. est particulièrement connu de ses services.

    À 24 ans, il compte 16 condamnations depuis 2009. Raihau M., lui, a un emploi stable depuis l’âge de 16 ans, mais a pris un mauvais chemin en 2004. “Il fait sa crise d’ado”, a expliqué l’avocate au sujet de son client de 29 ans.

    “Les conséquences vont bien au-delà des 5 jours de ITT”, a expliqué le procureur de la République. Cette agression “pose la question de la sécurité à Papeete qui n’est pas une ville sûre la nuit et même la journée”.

    “La justice les a avertis et condamnés dès leur minorité avec des juges pour enfants qui ont tenté de les remettre sur le droit chemin. Ils préfèrent rester hors la loi. Aujourd’hui, ils demandent à ne pas faire de prison. Ils disent qu’ils ont une famille, des enfants, une double personnalité. Je ne suis pas ému une seule seconde par leurs discours de circonstance devant le tribunal”, a-t-il déclaré.

    Il a requis deux ans de prison dont six mois avec sursis, assortis d’un mandat de dépôt, ainsi que l’obligation de se soigner, de trouver un emploi et de rembourser la victime.

    L’avocate des deux prévenus a tenté de montrer que les deux jeunes hommes n’avaient pas le même parcours soulignant que l’un avait surtout besoin de soins, l’autre de travaux d’intérêt général pour se réinsérer.

    Appelé à s’exprimer une dernière fois, il n’a pas réussi à attendrir le tribunal. “C’est mon anniversaire, aujourd’hui, je suis attendu ce soir pour souffler mes bougies.”

    C’est en prison qu’il passera sa soirée, tout comme son complice. Ils ont tous les deux été condamnés à un an de prison, dont six mois avec sursis, et conduits à Nuutania.

    Compte rendu d’audience F.C.

     

     

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