SANTÉ – Débat autour de l’acquisition d’une seconde imagerie par résonance magnétique

    mardi 26 avril 2016

    Les neuf radiologues du territoire ont soumis pour avis, à l’assemblée, un projet de demande d’autorisation d’installation d’une nouvelle imagerie par résonance magnétique, au fenua. La commission de santé de l’assemblée de la Polynésie française aurait, selon l’un des porteurs de projet, émis un avis consultatif défavorable. Aujourd’hui, médecins du privé et du public dénoncent des délais d’attente pour les IRM trop importants, pouvant conduire à une perte de chance chez certains de leurs patients.

    Certains sont en colère, d’autres se disent dans l’incompréhension. Ce qui est sûr, c’est que les médecins du territoire, qu’ils viennent du privé ou du public, ont décidé de plaider ensemble pour l’obtention d’une seconde imagerie par résonance magnétique (IRM) au fenua. “On parle d’égalité des chances mais ce sont des foutaises”, lâche, dépité, un radiologue de la place. “Lorsqu’on détecte un cancer du sein métastasé et qu’on demande une IRM pour s’assurer que les autres organes ne sont pas touchés par les métastases, et qu’on vous répond ‘prochain rendez-vous dans trois mois’, c’est une condamnation.”

    Cette exaspération a été provoquée suite à l’avis consultatif, rendu par la commission d’organisation sanitaire (COS) le
    6 avril, concernant une demande d’autorisation d’installation d’une nouvelle IRM.
    Selon l’un des principaux porteurs de projet, le médecin radiologue Patrick Sabbah, la commission aurait émis un avis défavorable, bien que le rapporteur de la direction de la santé se soit prononcé pour.

    Contactée à ce sujet, la présidente de la commission de santé à l’assemblée, Armelle Merceron, n’a ni démenti, ni affirmé le contraire.
    “L’avis de la commission ne peut être divulgué. Ce sera de toute façon au gouvernement de décider”, a-t-elle ajouté.
    La SARL Poly-IRM, réunissant les neuf médecins radiologues du territoire à l’origine de la demande d’autorisation, s’est, suite au manque d’information, directement adressée au président du Pays, dans un courrier daté du 16 avril.
    Celui-ci stipule que, conformément aux dispositions de l’alinéa 4 de l’article 24 de la délibération n°2002-169 APF du 12 décembre 2002, “la décision d’autorisation fait l’objet d’un arrêté du président du gouvernement” et demande donc à ce que le chef du Pays se prononce sur cette demande.

    Une IRM pour 140 000 habitants

    Les gérants de la SARL Poly-IRM rappellent également que la possibilité d’une IRM privée est inscrite au plan d’organisation sanitaire depuis 2008 et a, de plus, fait l’objet d’un arrêté n° 527 le 17 août 2015, qui précise “la nécessité d’une IRM par tranche de 140 000 habitants”, donc, pour une population comme celle de la Polynésie, deux appareils sont obligatoires.
    Pour l’heure, la Polynésie n’en possède qu’une. Aujourd’hui, le fenua est le seul territoire français à ne pas être en conformité avec la réglementation.
    Tous les DOM-TOM en disposent deux, voire trois ou quatre. Car par ailleurs, la réglementation en vigueur en métropole est d’une machine pour 100 000 habitants.

    Une réglementation déjà inférieure à la moyenne européenne qui est de 20 IRM pour un million d’habitants.
    Dans le courrier adressé au président Édouard Fritch, les médecins reviennent largement sur les motivations qui les ont poussés à faire cette demande, et rappellent pour cela que l’IRM du CHPF fonctionne douze heures par jour et est saturée.
    “Les plages horaires sont remplies à 100 %, ce qui, en moyenne, correspond à 28 patients par jour, parfois plus dans le cadre de l’urgence. Le délai d’attente moyen pour obtenir un rendez-vous d’IRM en externe est de quatre mois ce qui, en projection, montre qu’aujourd’hui environ 2 000 malades sont en attente de leur examen.”

    Tous les médecins attendent la deuxième IRM

    Ces délais trop importants ne concernent pas uniquement les radiologues du privé. Les médecins, chirurgiens et spécialistes du public rencontrent les mêmes difficultés.
    Le besoin d’une deuxième IRM est criant et espéré de tous. Trois neurologues de l’hôpital de Taaone expliquent “être eux-mêmes confrontés quotidiennement à des difficultés pour obtenir des rendez-vous rapides, aussi bien pour leurs patients hospitalisés que pour ceux qu’ils voient en externe”.

    Ces spécialistes assurent aussi, à plusieurs reprises, “avoir alerté leur administration sur l’aggravation de ces difficultés dues à l’allongement des délais”, et ajoutent “être convaincus du grand bénéfice d’une IRM supplémentaire en termes d’amélioration des diagnostics et des prises en charge”.
    Le neurochirurgien Samir Akoury précise, quant à lui, “qu’il est évident que nous avons besoin à Tahiti d’une deuxième IRM” car il raconte qu’en dehors des urgences quasi vitales, il lui est impossible aujourd’hui d’avoir des rendez-vous d’IRM pour ses patients rapidement.

    “Le délai d’attente est d’un mois minimum. C’est un sujet de tension récurrente avec le service de radiologie du CHPF. Je suis souvent amené à solliciter les confrères radiologues du privé pour obtenir des RDV plus rapprochés”, explique-t-il.
    D’autres spécialistes (voir encadré), oncologues, chirurgien orthopédique et traumatologique, chirurgien viscéral ont, eux aussi, adressé en mai, des courriers au président des radiologues de Polynésie, Pierre Catteau, dans lesquels chacun expliquait à quel point il était primordial d’avoir une deuxième IRM sur le territoire.
    L’ensemble des médecins concernés n’espère plus qu’une seule chose aujourd’hui, que le ministre de la Santé et le président du Pays entendent leurs arguments.

    Jennifer Rofes

    L’IRM pour quoi ?

    Dans quelles spécialités médicales l’examen d’imagerie par résonance magnétique est-il essentiel ?
    Les indications de l’IRM ne cessent de s’étendre.
    Largement utilisé en neurologie (AVC…) :
    – en cancérologie, l’IRM intervient dans le diagnostic, le bilan d’extension loco-régionale et à distance de ces pathologies. Les résultats de l’imagerie contribuent au choix du traitement.
    – en pathologie viscérale abdomino-pelvienne (pathologies hépatiques, des voies biliaires et du pancréas, du pelvis masculin et féminin).
    – en pathologie vasculaire sans agent de contraste à injecter.
    – en ostéo-articulaire pour l’étude des articulations et des parties molles.

    Chifffres

    Une seconde imagerie par résonance magnétique en chiffres
    – 6 mois : c’est le temps nécessaire pour aménager les locaux et installer la nouvelle IRM
    – 3 600 : c’est le nombre d’examens supplémentaires pouvant être réalisés dès la première année d’implantation.
    – 38 millions par an : c’est le surcoût qu’enregistrera
    la CPS si l’activité de
    3 680 examens de plus est respectée.

    Ra''''au Tahiti 2016-04-27 06:57:00
    Encore le groupe de radiologues privé qui veut se faire du blé sur le dos de la CPS...
    En métropole, les délais sont de 3 à 4 mois pour avoir une IRM, le scanner environ 2 mois.
    Parlons du scanner, les professionnels du secteur savent que le scanner privé a une moindre résolution de loin par rapport à celui du CHPF ( c'est comme si on a un appareil photo de 500 000 pixels face à un appareil de 20 millions de pixels) et la facture est la même pour la CPS!
    Alors pour l'IRM, ils achèteront le moins cher et vont le rentabiliser au maximum...
    Lorsque un " radiologue" dit un peu plus haut dans l'article qu'ils veulent voir s'il y a des métastases à un cancer du "sein métastasé", c'est que malheureusement je suis désolé pour cette dame, elle est déjà à un stade avancé avec ou sans IRM.
    Nous sommes arrivés au 40 ans après les essais nucléaires avec l'opulence càd la consommation d'alcool, tabac et malnutrition entrainant la flambée de cancers pulmonaires, digestifs, seins, les maladies cardio vasculaires, le diabète, la goutte, les insuffisants rénaux dialysés... Le coût qu'entrainent cette population de "carnets rouges" devient de plus en plus lourd chaque année aux cotisants de la CPS.
    Il y a des choses beaucoup plus importantes à mettre en place au niveau de la santé, la prévention de la malbouffe et l'exercice physique obligatoire dans tous les établissements scolaires. Il faut miser sur les nouvelles générations en leur inculquant d'autres valeurs sur la santé!!
    Stéphanie 2016-04-27 01:17:00
    Il me semblait que sur le nouveau site de la nouvelle clinique Cardella je crois, une IRM devait être installée. 3 semaines à 1 mois pour un rendez vous d'IRM, ce n'est vraiment pas long en comparaison avec les délais à côté de chez moi en métropole qui sont de 4 mois. Et pour une urgence, il y a toujours moyen d'intercaler un rdv entre deux.
    lainax 2016-04-26 22:39:00
    Oui le délai pour un RDV 3 semaines à 1 mois et il faut parfois passer par un médecin privé (qui peut être à Raiatea) pour avoir son RDV car à partir de 15h30 ce sont les médecins du privé qui utilisent l' IRM du Chpf. On a le temps de mourir dans certains cas
    de cancer non diagnostiqué à temps. Oui, il faut un 2° IRM.
    ldpdt 2016-04-26 17:20:00
    "Tous les DOM-TOM en disposent deux, voire trois ou quatre. Car par ailleurs, la réglementation en vigueur en métropole est d’une machine pour 100 000 habitants."

    La santé et la loi avant TOUT messieurs et dames cette commission
    Pensez qu'un jour cette machine pourrait manquer pour sauver un proche ou vous même
    Le CPS doit suivre
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