SANTÉ – Discussion avec Armelle Merceron autour du schéma d’organisation sanitaire

    vendredi 17 juillet 2015

    Armelle Merceron est la présidente de la commission en charge de la santé à l’assemblée de la Polynésie française. À ce titre, elle fait partie de la commission d’organisation sanitaire (COS), chargée de donner un avis sur les propositions présentées par le ministre de la Santé concernant le prochain schéma d’organisation sanitaire (SOS). Armelle Merceron, également ancienne ministre de la Santé, avait déjà finalisé le premier schéma d’organisation sanitaire élaboré en 2002 et mis en œuvre en 2003. Elle a donc accepté d’expliquer l’importance d’une orientation et planification sanitaire nouvelle tout en revenant sur l’intérêt de tirer leçon de ce qui n’a pas marché la première fois.

    Le cabinet Calia conseil a dressé un bilan du précédent Schéma d’organisation sanitaire (SOS) assez catastrophique. Il fait état d’une trentaine d’objectifs atteints sur plus de 150, en dix ans. C’est assez peu non ?
    Je ne sais pas comment on peut compter un à un les points et faire ce calcul. Je dirai qu’il y a quand même des choses essentielles qui ont pu être amorcées, que j’ai moi-même pu mener, car j’ai été ministre de la Santé jusqu’en 2004, date à laquelle les choses se sont arrêtées brutalement. Après 2004, la mise en œuvre des orientations a été perturbée par l’instabilité politique. Une succession de ministre ne peut donner de continuité dans l’action. Et puis, c’est la crise économique et budgétaire qui a fait que face aux dérapages des dépenses de santé et la raréfaction des moyens financiers publics, on a cherché à économiser, à redéployer les moyens sans avoir cette vision de modernisation qui était indispensable. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, on se retrouve face aux mêmes problèmes qu’en 2002.

    Les enjeux sont pourtant différents aujourd’hui…  Quelles sont selon vous les grandes orientations auxquels le Pays ne peut plus se soustraire ?
    En matière de politique de santé, je pense que depuis les années 2000, la montée des pathologies, liées au mode de vie, avait été mise en exergue. À l’époque des médecins prédisaient de lourdes conséquences liées à l’obésité, au diabète, au cancer, à la cardiologie. Il était urgent d’agir en termes de prévention pour éviter l’aggravation de ces pathologies. Or, la prévention a été très largement insuffisante, car on a souvent coupé dans les dépenses de prévention. Et, aujourd’hui, on a un plein développement de ces pathologies.
    Autrement dit, on est arrivé à juguler les pathologies infectieuses, mais on a laissé place à ces maladies qui aujourd’hui font souffrir beaucoup de personnes et demandent énormément de moyens financiers.
    On soigne la maladie, mais on ne la prévient pas. Voici le principal challenge qu’il faut reprendre pour l’avenir.

    Comment instaurer une politique de prévention qui fonctionne selon vous ?
    La question de la prévention est d’une part une responsabilité individuelle, mais elle doit aussi faire partie d’une approche beaucoup plus globale. Pour moi, le schéma d’organisation sanitaire ne doit pas uniquement concerner le ministère de la santé. En termes d’hygiène de vie, il touche aussi les ministères des sports, de l’éducation et de la fiscalité. Aujourd’hui, notre fiscalité ne prend pas suffisamment en compte les impératifs de santé. Il faut en termes de nourriture par exemple, que l’on arrive à repositionner la fiscalité pour promouvoir des aliments sains et ne pas faciliter des aliments qui, consommés en grande quantité, sont dangereux. C’est donc une affaire de société. La maladie absorbe, et a absorbé ces dernières années, une part de plus en plus grande de nos moyens financiers. Il nous faut donc aujourd’hui aussi savoir utiliser au mieux des moyens financiers qui sont en nette diminution. Je pense que c’est un double aspect qui fait que désormais le SOS ne peut fonctionner sans la réforme de la protection sociale généralisée (PSG).

    Propos recueillis par Jennifer Rofes

    Lire l’intégralité de l’article dans notre édition du jour ou au feuilletage numérique

     

    patriote 2015-07-17 12:23:00
    Aue mama u. rohi rohi roa
    Mathius 2015-07-17 10:41:00
    La question de la prévention est d’une part une responsabilité individuelle....exit Merceron
    La prévention est une démarche collective destiné à changer l'individu. Madame la prof.
    Plus stupide comme réponse de sa part tu meurs, à part de picorer les cerises, peut elle nous dire ce qu'elle a fait factuellement durant ses mandats publiques, sinon de fuir ses respinsablilités comme le démontre sa réponse. "C'est pas moi c'est lui" devise de madame Merceron.
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