SANTÉ – Les retards dans les analyses des prélèvements s’accumulent

    mardi 9 février 2016

    Depuis la fermeture du laboratoire libéral d’anatomopathologie, en décembre dernier, le spécialiste du CHPF croule sous les prélèvements.  Des bocaux contenant des prélèvements opératoires attendent d’être analysés depuis le 18 décembre dernier.
    Les médecins sont inquiets. Six semaines de retard pour un diagnostic de cancer peuvent être fatales pour certains patients.

    Le scénario catastrophe se profile. Pourtant La Dépêche l’avait annoncé depuis juillet 2015. L’unique laboratoire privé d’anatomopathologie du territoire fermerait ses portes, en décembre.
    Malheureusement et ce, malgré plusieurs mois de réflexion pour remédier au problème — rappelons qu’à lui seul ce laboratoire réalisait 60 % des biopsies, frottis et autres examens du territoire — le ministère de la Santé et le gouvernement n’ont pas trouvé de mesures pour que la population ne soit pas impactée.
    Résultat depuis le 18 décembre 2015, date à laquelle le laboratoire a fermé, l’ensemble des prélèvements est envoyé au laboratoire du CHPF.
    Mais l’hôpital ne compte qu’un seul anatomopathologiste. Or, avant même la fermeture du laboratoire libéral, celui-ci avait déjà une charge de travail double, comparée à celle des hôpitaux de métropole.

    Un enjeu médical de taille

    Et pour cause, malgré un poste budgétisé depuis deux ans, l’hôpital n’arrive pas à recruter un deuxième spécialiste à cause de la pénurie nationale de médecins spécialistes en anatomopathologie.
    L’anatomopathologiste du CHPF est donc seul sur un poste où il est nécessaire d’être deux. Par conséquent, les prélèvements reçus au CHPF depuis le
    18 décembre dernier, viennent s’empiler sur les étagères du spécialiste, qui n’a pas le temps de les analyser.
    La semaine dernière, le président du syndicat hospitalier, Marc Levy a décidé de tirer la sonnette d’alarme, car il affirme qu’en vingt ans d’exercice, il n’a jamais vu ça.
    “Nous avons des tas de bocaux contenant des prélèvements opératoires, des organes à analyser et nous n’avons pas le temps de les traiter. Mais derrière ces bocaux, il y a des personnes, comme vous et moi, qui attendent un diagnostic. Qu’attendons-nous pour réagir ? Un mort ?”
    Étant en parallèle le chef du service de biologie médicale, il considère que l’enjeu médical n’est pas mesuré, et que la Polynésie court à la catastrophe.
    “L’anatomopathologie est extrêmement importante dans le diagnostic de cancers. On sait que les chances d’un patient se jouent parfois à quelques semaines. Pour le ministère, 15 jours ce n’est rien, malheureusement pour un malade, six semaines peuvent être fatales. C’est aujourd’hui le retard que nous enregistrons sur les analyses de prélèvement”, a-t-il expliqué, inquiet.
    Et là où le président du syndicat hospitalier réagit doublement, c’est qu’une solution toute trouvée est pourtant à portée.
    Le second anatomopathologiste qui travaillait au cabinet libéral est toujours sur le territoire et accepterait de rester en Polynésie pour travailler avec son confrère du CHPF.
    Une aubaine, selon l’ensemble des médecins du territoire. Mais il y a un hic, car selon Marc Levy, l’opportunité exceptionnelle de recruter un second médecin au laboratoire du CHPF serait en train d’être perdue à cause de la “non-reconnaissance” de l’ancienneté professionnelle de ce médecin.
    Contacté à ce sujet, le ministère de la Santé a immédiatement assuré que tout était fait pour que ce dossier soit réglé.
    “Dans l’administration pour prétendre à tel ou tel échelon, il faut pouvoir fournir un ensemble de documents qui retrace la carrière du médecin. Or, dans ce cas précis, il semble qu’un ou deux documents soient manquants.
    Cependant, nous allons faire en sorte que ce dossier aboutisse. Nous avons conscience de la situation. Nous prendrons les mesures qu’il faut”, détaille la directrice de cabinet, Mareva Tourneux.
    Cependant, cette réponse ne satisfait pas le président du syndicat hospitalier qui considère que la situation est trop grave.
    “Le dossier de l’anatomopathologiste en question ne fait pas partie de l’ordre du jour du conseil des ministres de mercredi.
    Ça veut dire qu’il n’y aura encore pas de spécialiste cette semaine. On perd du temps à prendre en charge les patients et, pour certains, cela sera fatal”, a lâché Marc Levy, révolté.

    Jennifer Rofes

     

    Mathius 2016-02-09 17:23:00
    Toujours les meme responsables mais c'est normal, ils restent en place et tout le monde trouve rien à redire, quelle honte ce service de la santė... Complice de la mafia de l' hôpital. Il est vrai que le toit de cet hôpital est une pirogue a l'envers comme pour vous signifier votre cercueil... Amen.
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