Sarkozy peine à s’imposer comme leader naturel de son camp

    lundi 26 janvier 2015

    Nicolas Sarkozy s’évertue à rassembler l’UMP mais, apparemment mal à l’aise dans le costume de simple chef de parti, l’ex-chef de l’État peine à s’imposer comme le leader naturel de son camp, face à un pouvoir socialiste sorti renforcé de la période post-attentats.
    Même ses amis ne le reconnaissent plus. « Qu’arrive-t-il à Nicolas Sarkozy ? », se demandent-ils. Où est passé l’homme de la « transgression », celui qui « imposait le débat », lors de sa première présidence de l’UMP, entre 2004 et 2007 ?
    « Sarkozy est devenu l’homme de la synthèse à l’UMP, alors qu’avant, c’était un guide », déplore un élu francilien, pourtant sarkozyste convaincu. « Et il s’est laissé piéger par François Hollande et son ‘unité nationale’ d’après les attentats », se désespère-t-il.
    Se remémorant la prestation « loupée » de M. Sarkozy au JT de France 2, le 21 janvier, le même regrette que « tout ce que Sarkozy a trouvé à proposer, c’est le retour des heures supplémentaires ! » 
    « Aujourd’hui, celui qui fait le débat, c’est Manuel Valls. Avec sa dénonciation de ‘l’Apartheid’ dans les banlieues, il a fait un très beau coup ! La majorité des Français est d’accord. Tout le monde en parle, même si ce n’était peut-être pas le mot le plus juste », dit-il.
    Résumant la pensée de nombre de responsables UMP interrogés par l’AFP, un ancien ministre assure que « Sarkozy peine à se débarrasser de ses habits d’ancien président. Ça l’empêche de faire de la politique. Il n’a plus la main, il en souffre. D’autant que Hollande s’est enfin présidentialisé grâce à sa gestion de la situation après les attentats ».
    « Sarkozy paie également une erreur de stratégie », croit savoir un autre élu francilien. « Ça valait le coup de prendre le parti si ça réglait la question du leadership. Mais ce n’est pas le cas, car après les 30% des voix remportées par Bruno Le Maire à la présidence de l’UMP et au vu des bons sondages d’Alain Juppé, Sarkozy, qui se voyait revenir comme chef incontesté, a dû accepter une primaire ouverte pour 2017″, explique-t-on.

    Sympathisants à un euro
     
    Du coup, chacun joue sa carte pour cette échéance – Alain Juppé, François Fillon, Xavier Bertrand, peut-être Bruno Le Maire, voire Nathalie Kosciusko-Morizet – en évitant de faire des vagues, pour ne pas se voir accusé d’être le diviseur.     
    Tout n’est pourtant pas si noir en Sarkozie, analysent d’autres responsables UMP. La fameuse « synthèse », décriée par les uns, est vantée par d’autres qui savent gré au président de l’UMP d’avoir su mettre fin aux querelles internes, en « réussissant le rassemblement ».
    « Tout le monde assiste au Bureau politique ou à la Commission exécutive. Chacun peut s’exprimer, il n’y a plus de voix discordantes », assure-t-on.
    Pour l’heure, chacun à l’UMP espère faire des départementales de mars un succès pour le parti. Nicolas Sarkozy pourrait également se rendre dans le Doubs entre les deux tours de l’élection législative partielle à venir.  
    Des groupes de travail préparent le prochain congrès, qui se tiendra, « non en avril comme prévu, mais plus tard, en tout cas avant l’été », au cours duquel sera acté le nouveau nom du parti, qui ne figurera donc pas sur les tracts aux départementales comme cela avait également envisagé. 
    La commission chargée de la primaire avance à grands pas sous la supervision de Thierry Solère, proche de Le Maire. Tous les Français inscrits sur les listes électorales pourront y participer, après avoir payé deux euros et signé une charte dans laquelle ils reconnaissent « adhérer aux valeurs de la droite et du centre ».
    Autre cheval de bataille de Sarkozy : les nouveaux adhérents, vus par lui comme autant de soutiens à la primaire. Il table sur 200 à 300 000 nouvelles têtes d’ici 2016. « Plusieurs niveaux d’adhésions » sont envisagées, entre les militants à part entière et les « sympathisants à un euro » de cotisation par an pour ceux peu disposés à s’engager totalement.  
    « Finalement, si Sarkozy réussit à remporter la primaire, il redeviendra notre chef à tous. Il n’y aura alors qu’une seule ligne, la sienne », espère un ancien ministre.

    AFP

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