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Sauver les entreprises : les propositions des patrons au Pays

vendredi 27 janvier 2017

patron assurance commerce

En tout début de semaine, la chambre de commerce et de l’industrie, des services et des métiers a rendu visite aux commerçants sinistrés du centre-ville de Papeete. Certains, notamment ceux qui n’avaient pas d’assurance, font aujourd’hui face à des difficultés de trésorerie. Les patrons craignent pour le maintien de l’activité et des emplois. (© archives LDT)

 

Comment faire pour aider les entreprises durement touchées par les inondations de dimanche dernier ? C’était l’objet d’une réunion organisée mercredi après-midi au mouvement des entreprises de France (Medef), avec la fédération générale du commerce (FGC), le comité des sociétés d’assurance (Cosoda) et des responsables de la ville de Papeete.

“L’objet de la réunion était de réfléchir, à la demande du gouvernement, aux possibilités pour limiter les coûts induits”, explique le Medef, dont le premier souci est le maintien de l’activité et donc des emplois.

À ce jour, une soixantaine d’entreprises, parmi ses membres, ont signalé avoir été touchées. Dans l’industrie, le commerce, le numérique, l’hôtellerie… Pour les aider, l’idée de prêts à taux zéro ou à taux très avantageux a été évoquée, dont les frais et éventuels intérêts pourraient être supportés par la chambre de commerce et de l’industrie, des services et des métiers (CCISM) ou le Pays. La reconstitution des stocks des commerçants pourrait, par ce biais, être financée par la Sofidep, par exemple.

Une proposition de moratoire fiscal et social pour les employeurs serait également sur la table, pour leur permettre de dégager de la trésorerie. Ainsi qu’une réflexion sur une exonération des taxes de mise en circulation et de TVA pour les sinistrés, y compris les particuliers, qui rachèteraient un véhicule.

“On a de la chance, l’argent n’est pas cher en ce moment, et le Pays est tout à fait à nos côtés”, se félicite Olivier Kressmann. Mais ces mesures pourraient être répercutées sur l’impôt. “Il ne faut pas forcément chercher à solliciter le Pays à tout va”, prévient donc le président du Medef.

Les patrons suggèrent également de réorienter les aides existantes, notamment celles pour les commerces qui effectuent des travaux de rénovation, en direction des professionnels sinistrés.

Gilles Yau, président de la FGC, suggère aussi de créer un “fonds exceptionnel d’indemnisation pour la sauvegarde des entreprises”. “Reste à voir qui va l’alimenter, ajoute-t-il. Ça serait bien qu’il y ait un petit coup de pouce de l’État. L’une des pistes serait aussi d’utiliser le produit 2016 de la taxe sur les grandes surfaces, prévu pour redresser les finances du Pays. Comme le gouvernement a fait état d’un excédent de budget, on pourrait la réorienter pour alimenter ce fonds.”
“Tout ça est en cours de discussion”, affirment les patrons qui seraient en lien avec le vice-président Teva Rohfritsch.

 

Grogne contre les assureurs

 

Mercredi, la question de la prise en charge des sinistres par les assureurs aurait également donné lieu à une “discussion assez vive” entre les représentants des commerces et des assurances.

“On a voulu avoir des éclaircissements sur les règles d’exclusion, précise Gilles Yau. Beaucoup de commerces pensaient être couverts, alors qu’ils ne l’étaient pas. Il y a eu beaucoup de surprises pour certains. Un dégât des eaux, par exemple, ce n’est pas la même chose qu’une inondation pour les assureurs… Je pense que tout le monde l’a découvert de façon assez cruelle. Un mécontentement a été exprimé.”

Alain Le Bris, le président du comité des sociétés d’assurance (Cosoda), assure que certaines compagnies feront des gestes (lire l’interview du président de la Cosada), mais il estime qu’il serait inéquitable d’indemniser de la même façon ceux qui ont payé leurs cotisations et ceux qui ne l’ont pas fait.
“Il faut être cohérent”, estime aussi Olivier Kressmann, qui observe d’ailleurs qu’aujourd’hui “les gens veulent rester libres de choisir”. Le Medef ne demande donc pas l’extension, en Polynésie française, de la garantie “catastrophes naturelles” obligatoire qui existe en métropole.

À la FGC, Gilles Yau reconnaît que les professionnels sont “assez partagés”. Selon lui néanmoins, “la question mériterait peut-être d’être posée à toute la population”. “Mais ça, c’est pour l’après, glisse-t-il. Aujourd’hui, la vraie question, c’est celle de la sauvegarde des entreprises.”

 

Marie Guitton

 

 

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