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Sauver le monarque pour qu’il redevienne le roi de Tahiti

jeudi 18 janvier 2018

La lutte contre le miconia,  une lutte sans fin… (Photos : Manu et fred.jacq.org)

La lutte contre le miconia, une lutte sans fin… (Photos : Manu et fred.jacq.org)


La Société d’ornithologie de Polynésie Manu œuvre pour la protection des oiseaux sauvages de Tahiti et ses îles, notamment celle du monarque. Samedi, Manu mènera sa 63e campagne de lutte anti-miconia, un fléau pour cet oiseau, toujours classé en danger critique d’extinction. Heureusement, la population a doublé en quinze ans.

La Société d’ornithologie de Polynésie Manu organise une campagne de restauration des territoires des oiseaux monarques de la vallée de Hopa. Elle aura lieu samedi (lire encadré).

Cette campagne consiste à contrôler les plantes envahissantes comme le tulipier du Gabon, le miconia, le piti ou encore la liane Mikania, situées sur les territoires du monarque, mais également à entretenir des arbres indigènes (des badamiers polynésiens, des ‘ora-banians, des mahame, des fara, des nono et des faifai endémiques, notamment) qui y ont été plantés lors de plusieurs sorties précédentes.

À cette occasion, La Dépêche de Tahiti a rencontré hier matin, le principal organisateur de cette campagne, Jean-François Butaud, bénévole de l’association Manu (lire encadré).

Depuis cinq ans, Jean-François Butaud a réalisé plus de 60 sorties anti-miconia dans les trois vallées endémiques du monarque de Tahiti, à savoir les vallées de Hopa, Papahue et Maruapo.

Chaque sortie, gratuite et ouverte à tous, accueille une quinzaine de participants, une dizaine de réguliers et cinq à sept personnes qui le sont moins.

Il y a 200 ans, le monarque était partout sur l’île de Tahiti. Il n’est plus qu’un résident, fragile, désormais de ces trois uniques vallées, situées entre Punaauia et Paea. Le principal responsable de ce génocide est le rat noir, introduit par l’homme.

D’autres fléaux aussi le guettent comme d’autres oiseaux comme le bulbul à ventre rouge – un bagarreur – : le busard, le merle ou encore la petite fourmi de feu (qui mange les insectes donc raffolent le monarque) et aussi le miconia (introduit en 1937), qui étouffe la végétation et par conséquent les arbres qui abritent les nids.

Le tulipier du Gabon, introduit lui en 1932, est aussi une calamité car ses grandes branches sont flexibles et ne favorisent pas l’installation de l’oiseau. 

Le monarque de Tahiti est toujours classé en danger critique d’extinction, soit le niveau un, après le niveau de l’espèce éteinte.

Il y a quinze ans, il ne restait plus que 30 spécimens. Aujourd’hui, grâce à plus de quinze ans de lutte, la population atteint les 60 oiseaux et, comme le dit Jean-François Butaud, “on se dirige vers un bon résultat”, à savoir passer au niveau deux soit “en danger d’extinction”.

Aujourd’hui, le monarque, qui a plutôt l’habitude de vivre en couple, se reproduit à un rythme de deux petits par an, un entre décembre et janvier, le suivant entre mars et avril.

Afin de suivre l’évolution de l’espèce, les bénévoles ont tous bagué les Monarques des trois vallées.

 

Une lutte sans fin

 

Quinze ans de lutte pour sauver le monarque, cinq à (simplement) éradiquer le miconia, Jean-François Butaud et ses bénévoles sont passés à la vitesse supérieure.

Il y a, en effet, une évolution des campagnes de contrôle du miconia habituelles. On se dirige maintenant vers des opérations de plantation et d’entretien, en partie, car les populations de miconia ont été grandement diminuées dans les trois vallées concernées durant ces presque cinq années de lutte acharnée.

Depuis un an, la SOP Manu fournit les scies, les gants, les vaporisateurs avec herbicide pour les souches et une dizaine de casques pour également planter et entretenir des arbres endémiques de l’île, afin que la forêt naturelle reprenne vie, après plus de 100 ans d’importations parfois dévastatrices pour les espèces les plus fragiles, comme le monarque.

L’objectif fixé est d’atteindre 1 000 arbres plantés en deux ans, ce qui devrait être largement fait d’ici la fin de l’année, puisque 700 ont déjà été plantés en 2017. On retient surtout qu’avec cette nouvelle formule, c’est une façon plus ludique de participer à la protection de l’environnement. Une façon de joindre l’utile à l’agréable.

“Avant, on venait simplement couper du miconia. Maintenant, on fait toujours cela, mais on fait aussi du sport, on rencontre des gens, on sensibilise et nous plantons ”, explique Jean-François Butaud, même si planter nécessite un entretien pendant 10 à 15 ans.

En tant qu’organisateur, il se dit satisfait de l’attrait que suscite cette campagne nouvelle formule, auprès de nouveaux membres. “Des personnes viennent de Taravao, d’autres de Moorea n’ont pas pu venir, du coup, elles ont créé leur propre association, Moorea biodiversité, pour éliminer le miconia sur l’île Sœur”, s’enthousiasme-t-il. Effectivement, ce n’est qu’un début. La lutte continue.

 

Christophe Cozette

 

Facebook de l’association, Manu SOP

 • Site de l’association : www.manu.pf

 

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