Scaffolding de Teahupo’o : chef-d’œuvre de sécurité

    mardi 11 août 2015

    Le scaffolding destiné aux juges durant les trials et du main event de la Billabong Pro Tahiti a été construit, cette année, en à peine neuf jours.  Toute l’équipe en charge de la construction de l’échafaudage est native de la commune de Teahupo’o. La World Surf League a une confiance dévouée en cette petite équipe familiale depuis maintenant seize ans.

    La confiance ne se décrète pas, la confiance se mérite. Moana David, Taumata Roo et toute l’équipe dévouée corps et âme, en charge de la construction du scaffolding de la Billabong Pro Tahiti, le savent plus que quiconque. Cela fait maintenant seize ans qu’ils montent et démontent sans relâche cet échafaudage de plus de sept mètres de haut, pour le plus grand bonheur des juges qui pourront noter les surfeurs dans les meilleures conditions possibles.
    Une fois par an, lorsque le staff de la World Surf League (anciennement ASP) pose ses valises, pour organiser la septième étape du circuit mondial, c’est l’effervescence autour de la petite équipe d’une dizaine de personnes qui s’emploient à répondre au plus vite aux desiderata, toujours dans un respect mutuel sans hiérarchisation, des Big Boss de la WSL.
    “Je me souviens que, lors des deux premières compétitions internationales sur Teahupo’o, la Black Pearl Horue Pro en 1997 et la Gotcha Tahiti Pro en 1998, les organisateurs de l’ASP (maintenant WSL) étaient venus me voir pour voir quelle zone était la plus propice pour installer le scaffolding. Je leur ai donc indiqué le meilleur emplacement pour l’installer. Ils s’en  sont occupés eux-mêmes et, à chaque fois, il y a eu des problèmes. C’est comme ça qu’en 1999, ils sont revenus me voir avec la société Blue Torch, qui avait de gros moyens financiers, afin de me proposer de me charger de la construction du scaffolding et depuis, plus de problème”, a expliqué Moana David.
    Et les années suivantes jusqu’à aujourd’hui, les responsables de la WSL n’ont jamais été déçus par la qualité du travail des gars de Teahupo’o. Pointilleux, minutieux, exigeants et maniaques, des valeurs qui font d’eux, aujourd’hui, des valeurs sûres dans le montage… et le démontage de ce “colosse” de bois posé sur des socles en béton fixés à même le récif, enlacé par des mètres de cordages pour optimiser sa stabilité.
    Cette structure servira de poste de contrôle aux juges de la compétition qui auront alors “la possibilité de voir toute la vague se dérouler devant leurs yeux et seront aux premières loges pour noter aux plus justes les surfeurs”, explique Moana. “Ils passent toute une journée à donner des scores à la décimale, donc, il faut qu’ils soient le plus à leur aise pour faire leur job, c’est notre rôle. Ils ont également un dispositif vidéo qui leur permettra, lorsqu’ils se retrouveront confrontés à des situations critiques, de faire un “replay” sur l’action et donner sans aucun doute possible leur verdict”, conclut-il.

    Une équipe soudée comme les trois mousquetaires
    C’est un véritable chef-d’œuvre architectural, non pas par son esthétisme mais plutôt par sa solidité, que l’équipe d’une dizaine de jeunes de la commune de Teahupo’o a réalisé une fois encore cette année en… à peine neuf jours.
    “Au tout début, nous n’étions que quatre, on partait dans
    l’inconnu car construire un
    échafaudage de cette hauteur face à l’une des vagues les plus puissantes au monde, c’est un challenge. Au début, on a eu du mal, il faut l’avouer. Aujourd’hui, ça se passe extrêmement bien. Notre équipe exceptionnelle
    s’est étoffée et est rodée. De
    vrais pros”, lance avec fierté Moana David.
    Une équipe de pros, qui plus est, unie comme jamais lorsqu’il s’agit d’acheminer, avec les risques que cela comporte, huit tonnes de matériels sur leur barge qui aura fait au moins une trentaine d’allers-retours pour la construction et tout autant pour le démontage.
    Des kilos de clous, de planches de bois, de tôles, des mètres de cordages et surtout des kilomètres et des kilomètres -il ne compte même plus- de transbahutage de tout ce matériel en barge. Et pour le “démontage, on refait la même chose mais
    à l’inverse. C’est un peu plus facile car la structure est déjà sur place. Tout se déroule en fonction du temps, de la houle et des courants. On n’a pas droit à l’erreur car tout est embarqué sur une barge.”
    Il faut dire qu’après seize ans de pratique, les gestes sont acquis et l’opération toujours aussi chirurgicale… On ne joue pas avec la sécurité.
    “Le moindre bout de bois a son importance et n’est jamais placé au hasard.” La moindre faille est immédiatement dé-celée par les yeux experts d’une équipe aussi soudée que les trois mousquetaires.
    Si la structure veut tenir le temps de la compétition, il faut tout verrouiller car la houle peut atteindre des tailles impressionnantes comme l’an dernier avec du quatre-cinq mètres, voire plus. La moindre faille pourrait être tragique.
    Ça y est, le scaffolding est fin prêt et ne bougera pas, il n’oserait pas… Pas avec cette équipe de mousquetaires.
    M.Tr

    On boucle la compétition aujourd’hui, quoi qu’il arrive…

    On connaîtra, aujourd’hui, le vainqueur des Air Tahiti Nui Trials, quoi qu’il arrive, la waiting period arrivant à son terme. Chaotique, c’est le mot pour résumer ces trials 2015 tant le vent de sud-est violent aura vraiment été le souffre-douleur des organisateurs jusqu’à hier. Ce matin, avec un vent toujours soutenu mais passant à l’est puis à l’est-nord-est (plus favorable) et une houle de sud-sud-est, légèrement mieux orientée, mais faiblissante, les trials dévoileront les deux surfeurs qui rejoindront le Tahitien Michel Bourez dans le main event de la Billabong Pro Tahiti qui devrait débuter ce vendredi (14 au 25 août). Si le gagnant ainsi que le finaliste sont Tahitiens, tous les deux intégreront le tableau principal. Si le vainqueur est étranger, alors le meilleur Tahitien des trials obtiendra la seconde wild card, quel que soit son classement. Ces deux chanceux auront chacun du fil à retordre avec leur placement dans les séries de l’Australien Mick Fanning (2e du classement mondial) et du Hawaiien Sebastian Zietz (23e ex æquo) pour l’un et du Brésilien Adriano de Souza (1er) et de l’Australien Adam Melling (23e ex æquo) pour l’autre. Le Tahitien Michel Bourez (25e) affrontera, quant à lui, le métropolitain Jérémy Florès (12e) et le Brésilien Wiggoly Dantas (13e).

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