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Un schizophrène s’attaque à une veuve

mercredi 8 novembre 2017

tribunal justice

(© archives LDT)

Elle se voyait “foutue” ! Son agresseur l’avait bâillonnée avec la main, puis traînée par les cheveux jusqu’à la chambre avant de tenter de la déshabiller… Mais quelqu’un est intervenu pour interrompre cette agression sexuelle.

Hier après-midi, Brigitte n’est pas à la barre pour raconter ce qu’elle a vécu. C’est le président du tribunal correctionnel qui rappelle les faits survenus à Mahina, fin 2016.

Réveillée par un bruit vers deux heures du matin, Brigitte pense d’abord que c’est son félin qui se frotte sur le mur. Âgée de 57 ans, la femme vit seule depuis le décès de son mari, il y a dix ans. Elle finit par se lever après avoir entendu des coups à la porte.

Ne voyant rien par la fenêtre, elle pense alors que ce chahut vient d’un chien errant qui traîne dans le quartier ces derniers jours. Comme elle a bon cœur, Brigitte s’apprête à mettre une couverture dehors pour l’animal vagabond.

Mais quand elle ouvre la porte, c’est Benjamin qui lui fait face. Elle le connaît. Il est souvent dans la maison d’en face, chez une mamie qui accueille des jeunes désœuvrés.

Ce n’est pas la première fois, que le jeune homme de 26 ans vient l’importuner. Un an auparavant, il avait surpris Brigitte, chez elle, alors qu’elle était à son ordinateur. Il voulait lui faire l’amour ! Avec beaucoup de calme, lui expliquant qu’elle pourrait être sa mère, Brigitte avait trouvé les mots pour raccompagner l’intrus.

Benjamin avait les yeux injectés de sang ; il ne faisait pas de doute pour Brigitte qu’il était sous l’effet de la drogue.

Un peu plus tard, une autre intrusion de Benjamin avait été interrompue par un de ses copains. Que venait-il encore faire chez Brigitte ?

 

Maladie mentale

 

Puis, il y a eu cette fameuse nuit d’octobre 2016. Quand Brigitte ouvre la porte, Benjamin se jette sur elle en bâillonnant la femme de la main et en lui demandant de ne pas crier.

Dans sa déposition, Brigitte explique qu’elle a été jetée par terre violemment ; sa tête a même heurté le sol.

Dans la chambre, une lutte s’engage car Benjamin tente de lui enlever ses vêtements du haut puis tente de baisser le bas… Brigitte crie et elle va être entendue par la maison d’en face.

Un jeune va arriver avant l’irréparable. Car à la barre, Benjamin confirme qu’il voulait faire l’amour à Brigitte, même si cette dernière n’était pas d’accord.

Il raconte comment il s’y est pris pour tirer sa victime dans la chambre. Il mime même les gestes, en assurant qu’il ne voulait pas lui faire de mal.

La tête rasée, marquée de cicatrices, une blessure récente à l’arcade, Benjamin a les yeux mi-clos et semble avoir du mal à rester éveillé. Il semble ailleurs… mais il répond aux questions du président.

Il avoue qu’il avait pris de la drogue, ce soir-là, comme presque tous les jours, d’ailleurs. Pourtant dans son état, ça lui est formellement déconseillé.

Car à la suite d’un accident de voiture dans lequel il était passager, Benjamin a passé plusieurs séjours à l’hôpital pour des syndromes hallucinatoires. Il entendait des voix.

Pour les spécialistes, le jeune homme est schizophrène. Il reçoit une piqûre retard toutes les quatre semaines et doit suivre un traitement.

 

Risques de récidive

 

Le président du tribunal comprend que le cocktail avec le paka n’arrange pas la situation. Benjamin fume encore car ça le “rend bien dans sa peau”.

Un expert pense que les risques de récidive ne sont pas négligeables.

Pour la procureure, les faits n’en restent pas moins “effrayants”. La magistrate n’est pas convaincue que le prévenu va en rester là. Mais pour elle, une peine d’emprisonnement ne serait pas non plus une solution car Benjamin n’avait jamais fait parler de lui avant.

Sa curatrice – il est sous tutelle pour gérer ses 70 000 F de pension de handicapé – viendra dire à la barre qu’il n’avait jamais été violent auparavant. D’ailleurs, il passe presque toute la journée en état de léthargie.

Le tribunal a sanctionné Benjamin en le condamnant à trois ans de prison avec sursis avec mise à l’épreuve de trois ans. Il n’ira donc pas en prison s’il respecte les obligations du tribunal, qui sont : l’obligation de soins et les interdictions d’entrer en contact avec Brigitte ou de paraître au domicile de sa victime. 

 

Compte rendu d’audience J.-L.M.

 

 

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