Sciences – Un chercheur français, co-lauréat du prix Nobel de chimie

    jeudi 6 octobre 2016

    nobel

    (Photo : capture d’écran BFM TV)

     

    Le prix Nobel de chimie a été attribué mercredi au Français Jean-Pierre Sauvage, au Britannique Fraser Stoddart et au Néerlandais Bernard Feringa, pères de minuscules “machines moléculaires” préfigurant les nanorobots du futur. À près de 72 ans, le chercheur français Jean-Pierre Sauvage voit sa créativité et son inventivité récompensées par le prix Nobel de chimie, pour avoir imaginé des molécules de synthèse capables de se mettre en mouvement.

     

    Professeur émérite à l’université de Strasbourg, membre senior du dynamique Institut de science et d’ingénierie supra moléculaires (ISIS), il est le neuvième Français à recevoir le Nobel de chimie. Cela met la France à la quatrième place mondiale derrière les États-Unis, l’Allemagne et le Royaume-Uni dans cette discipline.

    Jean-Pierre Sauvage est l’un des pionniers des “machines moléculaires”. Il s’agit d’“assemblages de molécules capables de se mettre en marche de manière contrôlée sous l’effet de signaux lumineux, thermiques, ou électriques par exemple”, explique le CNRS. Cette récompense “est géniale pour la France, pour la chimie strasbourgeoise, et pour l’ISIS”, a déclaré Paolo Samori, directeur de cet institut (CNRS/université de Strasbourg).

    Jean-Pierre Sauvage et son équipe sont notamment parvenus à concevoir et synthétiser des systèmes moléculaires reproduisant à l’échelle nanométrique des mouvements de rotation, de translation, de contraction. Peu après l’annonce de son prix, le chercheur, “très surpris”, a dit “éprouver une grande joie”. “On ne peut pas avoir une récompense plus chic”, a-t-il commenté en riant. Quand il a reçu l’appel, il s’est d’abord demandé “si c’était un gag téléphonique”.

    Né à Paris le 21 octobre 1944, Jean-Pierre Sauvage a effectué sa thèse à l’université de Strasbourg, sous la direction de Jean-Marie Lehn, prix Nobel de chimie 1987 et inventeur de la chimie “supra moléculaire”. Après un post-doctorat à Oxford, Jean-Pierre Sauvage revient en France et intègre le CNRS en 1971. Il devient directeur de recherche au CNRS en 1979 et le restera jusqu’en 2009. Il sera ensuite directeur de recherche émérite de cette institution publique jusqu’en 2014.

     

    “Pas dans les clous”, “très humble”

     

    En 2009, il rejoint l’ISIS, créé en 2002 sous l’impulsion de Jean-Marie Lehn qui décrit Jean-Pierre Sauvage comme un chercheur “original et créatif”, “pas dans les clous”. “Il s’intéresse à beaucoup de choses, il a beaucoup d’idées et d’imagination.” “Mais c’est aussi beaucoup de travail derrière”, souligne-t-il. La modestie du chercheur et ses qualités personnelles sont mises en avant par ses pairs. “Jean-Pierre est très chaleureux et très humble”, témoigne Jean-François Nierengarten, chargé de recherche à l’ISIS, qui a fait sa thèse de doctorat avec le prix Nobel au tout début des “machines moléculaires”.

    Pour Paolo Samori, le nouveau prix Nobel est “une personne extraordinaire, toujours très disponible avec les personnes plus jeunes que lui”. “Le prix Nobel, cela se joue à pas grand-chose; certains l’ont et ne sont pas très supérieurs à d’autres qui ne l’auront pas”, estime Jean-Pierre Sauvage, qui a reçu la médaille de bronze du CNRS en 1978 et celle d’argent en 1988.
    Élu correspondant de l’Académie des sciences en 1990, il en est devenu membre en 1997 dans la section de chimie.

     

    AFP

     

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