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Les scolaires en immersion avec les tatoueurs

lundi 17 septembre 2018

Les jeunes de Segpa de Paopao à la recherche du savoir sur le tatouage traditionnel et de ses sensations. (© Jeannot Rey/LDT)

Les jeunes de Segpa de Paopao à la recherche du savoir sur le tatouage traditionnel et de ses sensations. (© Jeannot Rey/LDT)


Le festival Tatau i Moorea répond aux attentes du public tant par la quantité des tatoueurs que par la qualité et la diversité des propositions. Depuis son ouverture, mercredi dernier, le site de Te pu atiti’a ne désemplit pas. Alors que les visiteurs sont à la recherche du dessin et de la technique de leur choix, les élèves de Moorea ont cherché à en savoir plus sur le tatouage sous toutes ses formes.

Jeudi et vendredi derniers, c’était un peu la “fête des jeunes” au festival Tatau i Moorea. Les horaires de ces deux journées ont été aménagés pour permettre de recevoir les élèves accompagnés de leurs enseignants. Parmi ce jeune public, une soixantaine de garçons et filles de la section d’enseignement général et professionnel adapté (Segpa) des niveaux allant de la sixième à la troisième du collège de Paopao ont fait le déplacement, vendredi dernier.

Une visite qui s’inscrit sur deux volets, la découverte du site culturel de Te pu atiti’a, dont beaucoup ne connaissaient pas l’existence, et l’art du tatouage dans toute sa diversité.

“Pour la plupart de ces jeunes, le tatouage est une forme d’expression culturelle mais qui se limite au fenua. Le festival Tatau i Moorea est là pour démontrer que le tatouage est un art sans frontière qui existe aussi bien au-delà de nos frontières, dans l’hémisphère sud aussi bien que dans le nord, y compris chez les esquimaux”, explique Charles, l’un des enseignants du secondaire.

Si cette population du grand nord, connue pour ses tatouages à l’aiguille et au fil que l’on trempe dans de l’encre, n’a pas fait le déplacement cette année à Moorea, d’autres ont réalisé le voyage vers la Polynésie avec, dans leurs bagages, tout leur savoir- faire, leur méthodologie, leurs propres outils traditionnels, et bien sûr, leur graphisme qui raconte l’histoire d’une vie, d’un peuple, d’un environnement.

 

Des ateliers très suivis

 

Parmi ces messagers du tatouage, “Tu”, originaire de Aotearoa (Nouvelle-Zélande), plus précisément de Whakatane, une petite ville de l’île du Nord.

“Les jeunes de nos jours posent beaucoup de questions, c’est le cas ici aussi, par exemple sur les techniques que nous utilisons, sur les outils avec lesquels nous travaillons, des outils traditionnels ou électriques pour le tatouage classique. Ils demandent en particulier ce que nos tatouages représentent, c’est une bonne question qui revient fréquemment. Parfois, nous nous asseyons et nous parlons culture, ce qu’est le tatouage, ce qu’il veut dire, quand est-ce que nous avons commencé cette pratique. Les jeunes sont de plus en plus intéressés par le tatouage. Chez nous, en Nouvelle-Zélande, c’est quelque chose qui a connu un renouveau ces quarante dernières années. Aujourd’hui, beaucoup de nos jeunes pensent que c’est normal de vivre avec un tatouage sur le corps. Aujourd’hui, nous en sommes à la transmission de notre savoir auprès des jeunes. Nous essayons de ramener les vraies valeurs du tatouage tel qu’il se pratiquait aux temps anciens.”

Lors de leur visite au centre, les élèves, divisés en groupes, ont participé à différents ateliers — gravure, peinture, tatouages traditionnel et classique — et ont surtout été très intéressés par les pratiques différentes selon les pays où le tatouage est représenté.

Autre atelier très suivi, celui des outils utilisés par les tatoueurs. On parle bien entendu d’outils utilisés pour le tatouage traditionnel, au peigne et au “marteau”. Cet atelier était animé vendredi dernier par Gilles Lovisa, l’un des membres de l’association Mana Tatau Maohi, initiatrice de cet événement, qui n’a pas fini de faire parler d’elle.

Une nouvelle occasion pour ces jeunes de savoir, si en plus du dessin, ils apprécient les petites sensations que provoque le petit peigne en os ou en écaille de tortue lorsqu’il plonge dans l’épiderme à coup de petites saccades provoquées par les frappes du marteau. Pas toujours évident de dire “oui” juste après !

 

De notre correspondant Jeannot Rey

 

ENCRE TATOUAGE

L’art graphique est présent sous plusieurs formes. Ici, Manu, qui fait une démonstration de peinture d’après les empreintes, par exemple tirées d’un poisson qui est “calqué” sur du papier. (© Jeannot Rey/LDT)

TATAU I MOOREA ITV

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