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La sculpture pour se réinsérer

lundi 24 septembre 2018

L’objectif est de réinsérer ces jeunes qui ont eu affaire à la justice. (© Jean-Luc Massinon)

L’objectif est de réinsérer ces jeunes qui ont eu affaire à la justice. (© Jean-Luc Massinon)


Des adolescents ont bénéficié d’une initiation à la sculpture chez un artisan de Mahina. En situation de décrochage scolaire et ayant eu maille à partir avec la justice, ils sont suivis par le Service de la protection judiciaire de la jeunesse. Pour certains, le résultat est assez surprenant et ils se sont découvert une voie.

Ils sont mineurs et ont eu maille à partir avec la justice. Six adolescents suivis par le Service de la protection judiciaire de la jeunesse en Polynésie française ont pu bénéficier, la semaine dernière, d’une initiation à la sculpture chez un artisan de Mahina.

Les jeunes ont été sélectionnés par les éducateurs du service à la suite d’une visite au musée, où ils avaient montré un intérêt pour le domaine culturel.

 

L’échec fait partir de l’apprentissage

 

Lundi dernier, ils ont fait leurs premiers pas dans l’atelier de sculpture de Raphael Taiaapu. Il a fallu d’abord coucher les idées sur le papier avant de s’attaquer à la matière. Si certains ont eu quelques appréhensions avant d’entamer le bois, on les a rassurés en expliquant que l’échec faisait partir de l’apprentissage.

Très vite, avec les conseils du sculpteur marquisien, les jeunes ont pu faire naître leur projet de sculpture. Une pirogue pour l’un, une hache, une raie, une pointe de lance pour les autres. Et vendredi dernier, au terme de cette formation, les jeunes ont pu aller exposer, pendant quelques heures, leurs œuvres au fare artisanal de la pointe Vénus.

Pour marquer le coup, Raphael Taiaapu leur a même distribué une attestation de stage. Peut-être qu’après cette semaine, certains pourront chercher à poursuivre leur formation dans cette voie, en faire rapidement un métier et reprendre le droit chemin.

 

JLM

 

Raphael Taiaapu, sculpteur marquisien : “Certains se sont découvert une voie”

Raphael Taiaapu

Raphael Taiaapu. (© Jean-Luc Massinon)

Vous ne donniez pas votre première formation, mais là, le public était un peu différent ?

Ce public avait besoin d’un encadrement un peu plus serré. Mais nous sommes parvenus à leur faire prendre conscience de ce qu’ils avaient dans leur imagination. Ils ont retranscrit cela sur papier, dans un premier temps. Et après, il y a eu l’application sur le morceau de bois. Et le résultat est assez surprenant. Certains se sont découvert une voie.

 

Malheureusement, ils n’ont ni l’expérience, ni même le matériel. Que peuvent-ils faire ?

Ils ont effectivement vu que le matériel est conséquent, mais je leur ai expliqué, au début du stage, qu’ils n’avaient pas besoin de beaucoup d’équipement pour démarrer. Il faut le strict minimum, comme notre père nous l’a appris, c’est-à-dire un couteau, une lime…

 

 

Tahia Tepa, éducatrice : “Ils ont un avenir”

Tahia Tepa. (© Jean-Luc Massinon)

Tahia Tepa et Narii Faaruia. (© Jean-Luc Massinon)

En quoi consistait ce projet ?

Nous voulions mettre en avant des jeunes en situation de décrochage scolaire et fâché avec l’enseignement. Le but était de leur trouver une activité qui puisse les valoriser et de leur permettre de mettre en avant leur potentiel et les compétences.

 

Ces jeunes qui ont eu des problèmes avec la justice n’ont pas d’avenir ?

Ils sont effectivement suivis par notre service afin de les aider à se réinsérer soit dans un dispositif, qu’il soit scolaire ou professionnel. Ils ont un avenir, mais c’est aux mineurs de trouver leur voie.

 

Qu’allez-vous leur proposer après cette semaine d’initiation à la sculpture ?

On a vu que certains mineurs avaient du potentiel. On va poursuivre avec la visite du Centre des métiers d’art, où il y aura une rencontre avec le directeur et les élèves afin qu’ils puissent échanger sur leur parcours.
Avec mon collègue Narii Faaruia, nous allons aussi mettre en place des ateliers pour que les mineurs puissent rédiger des lettres de motivation et des CV, et voir si des associations culturelles sont preneuses de stagiaires.

 

 

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