Sdiraf – Les retraités prêts à “faire un effort” pour sauver leurs pensions

    mercredi 27 avril 2016

    Une délégation du Sdiraf, le syndicat des retraités, a été entendue hier par Édouard Fritch et son conseiller Luc Tapeta, à la présidence. Depuis la fin de l’année dernière, les matahiapo ne participeraient plus aux débats sur la réforme de la protection sociale généralisée (PSG).
    Pendant deux heures et demie, hier matin, les retraités, emmenés par leur président Émile Vernier, ont donc eu l’occasion d’exposer leurs idées pour “pérenniser les pensions”. “La réunion s’est bien passée, assure ce dernier. Mais c’est le président qui va choisir maintenant.”

    Pour les retraités, allonger la durée de cotisation et repousser l’âge de départ à la retraite serait une solution de facilité, “qui va mettre en difficulté les salariés, mais aussi le président lors des prochaines élections”, prévient Émile Vernier.
    Le Sdiraf propose donc “trois grandes solutions”.
    La première, utopique, consisterait à créer 30 000 emplois pour retrouver un ratio cotisants/retraités suffisant.
    “Mais cela ne semble pas possible dans les années à venir, surtout si le code du travail n’est pas réformé”, reconnaissent les représentants.
    “La deuxième solution, pour nous, c’est d’arrêter que la caisse de prévoyance sociale (CPS) paye chaque année 12 milliards de francs au CHPF, au titre de la dotation globale de fonctionnement”, explique Émile Vernier.
    “Si ça servait à payer de nouveaux scanners, je ne serais pas contre, mais là, c’est pour payer des salaires aux fonctionnaires territoriaux…”

    Les retraités souhaiteraient que l’État prenne en charge une partie de ces émoluments, au titre d’une certaine “dette nucléaire”.
    “Mais Édouard Fritch ne veut plus taparu (quémander, NDLR) à l’État”, nous confiait-on à l’issue de la rencontre.
    Reste donc la dernière proposition : “Prélever parmi les taxes sur les hydrocarbures une somme qui serait réinjectée dans la protection sociale.”
    “C’est ça qui pollue l’atmosphère, qui nous rend malade”, justifie laconiquement Émile Vernier, qui reconnaît toutefois ne pas avoir, là non plus, convaincu le président.

    Un conseil d’orientation des retraites

    Et pourquoi ne pas faire peser l’effort sur les retraités eux-mêmes, sachant qu’actuellement, un bénéficiaire de la tranche A ayant cotisé à taux plein pendant 35 ans récupère en seulement quatre ans la somme de toutes les cotisations qu’il a versées pendant sa carrière ?
    “C’est vrai qu’il y a des retraités qui gagnent bien, comme moi par exemple, je l’avoue, répond Émile Vernier. Mais 75 % des retraités touchent moins de 150 000 F par mois, et 50 % moins de 80 000…”

    Le Sdiraf réclame donc une revalorisation de 1 000 F, par année travaillée, des retraites inférieures à 110 000 F par mois, ce qui n’aurait pas été écarté par le président.
    Et de leur côté, si cela devait “vraiment sauver le système”, les retraités seraient prêts à accepter une baisse de 20 % des autres pensions, ce qui est l’une des hypothèses à l’étude pour rétablir l’équilibre entre les recettes et les dépenses de la branche retraite.
    “On sait qu’on devra faire un effort, mais on ne sait pas encore à quelle hauteur”, a toutefois précisé Émile Vernier à la sortie de la réunion. “Édouard Fritch ne nous a pas donné de détails.”

    Une chose est sûre, “on voudrait que les efforts soient partagés par tous”, martèlent les retraités, dénonçant notamment les travailleurs et les propriétaires fonciers non déclarés.
    “On va vers une nouvelle société, c’est clair, et il faut changer parce que les conditions ne seront plus jamais celles du CEP”, conclut Émile Vernier.
    La demande du Sdiraf de créer un Conseil d’orientation des retraites pour préparer “l’après 2034”, l’échéance visée pour l’instant par le gouvernement, aurait retenu l’attention du président.

    Marie Guitton

    Raoul 2016-04-27 21:45:00
    ok pour une certaine solidarité entre retraités mais - 20% c'est du délire: plus que le cst des + hautes tranches
    c'est il le prix à payer pour avoir des sièges cesc ou cps? un peu facile de parler pour les autres. Quid de la représentativité??
    moana 2016-04-27 14:28:00
    et s'ils commençaient à renoncer à la tranche B dont ils bénéficient de manière inique ils seront un peu plus crédible.
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