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Il se déchaîne sans raison sur son fils de 6 ans

vendredi 10 mars 2017

(archives LDT)

(archives LDT)

Il a des mains et des bras tatoués, une abondante barbe grisonnante et des airs de gros dur qui contrastent avec sa bonne élocution et son discours posé. Ils sont en revanche en parfaite adéquation avec les actes commis sur son fils de 6 ans à Rikitea.

Ce jour-là, comme l’explique le président de la cour, Mike M.B., pour “des raisons qu’on ne comprend pas”, va littéralement se déchaîner sur son fils.

Pour une question de “regard”, l’enfant, alors à vélo, voit son père se ruer sur lui et le faire tomber, pour le relever par les cheveux avant de le jeter à terre.

Après une courte trêve, le père saisit l’enfant par les deux bras, puis par le cou, et le frappe à deux reprises avant de le laisser retomber sur le sol où il se fait encore taper dessus par deux fois.

D’autres enfants qui jouaient autour donnent l’alerte et lorsque le père de Mike M.B. arrive, il voit son petit-fils soulevé par les oreilles, les pieds décollés du sol. Le grand-père devra taper sur son fils pour mettre fin à ce déchaînement de violence.

Comme en première instance, où il avait écopé de 24 mois de prison dont six avec sursis, Mike M.B. explique avoir eu un black-out et ne plus se rappeler de l’événement.

Il n’avait pourtant pas bu en grande quantité, une bière et deux verres de vodka. “C’est de la boisson qui m’avait été offerte. Il y a eu des analyses sanguines mais elles ont été perdues”, se plaint-il à la barre, pour tenter d’expliquer l’inexplicable.

Au casier judiciaire, l’homme compte déjà deux condamnations pour violence sur sa concubine et violence avec arme.

 

Les deux fautifs

 

Hier, une seconde affaire a été jointe au dossier pour des violences commises sur sa femme. Ensemble depuis 23 ans, les violences auraient lieu depuis 19 ans et seraient devenues de plus en plus régulières jusqu’à devenir quasiment quotidiennes.

Ce jour-là, sous les yeux de leur plus jeune fils, alors que la mère avait passé l’après-midi à boire, Mike M.B. va notamment lui jeter un vélo au visage, lui asséner coups de pied et de poing, et la traîner par les cheveux.

Ces derniers faits sont les seuls reconnus par l’homme qui explique avoir déjà eu à subir la violence de sa conjointe, parfois armée de couteaux ou d’une barre à mine.

“Mais moi, je ne suis jamais allé voir les gendarmes comme elle”, explique l’homme. La femme, elle, a souvent signalé les sévices subis mais sans porter plainte, ne souhaitant pas l’envoyer en prison.

C’est finalement leur fille de 22 ans, la plus âgée d’une fratrie de quatre, qui fait l’état des lieux le plus lucide de la situation. “Tous les deux sont fautifs mais il est nécessaire de les éloigner dans l’intérêt de mes deux jeunes frères.”

 

« Bon père »

 

Hier, à la barre, Mike M.B. explique avoir fait appel pour pouvoir aménager sa peine. Gérant d’une pension de famille et d’une ferme perlière, ce sont ses parents, âgés, qui ont pris le relais.

Il souhaiterait pouvoir sortir pour bénéficier de soins et aider à subvenir aux besoins de la famille. “Il donne une bonne image qui n’est pas vraie”, a souligné l’avocat des parties civiles, invitant l’homme à assumer ses actes sans se défausser.

De son côté, le représentant du ministère public, qui a tout de même noté que depuis son incarcération, l’homme avait montré des signes encourageants, en signant notamment à la Croix-bleue et en recevant des visites de son épouse, a demandé 30 mois de prison, mais assortis cette fois de 24 mois avec sursis.

Ce qui lui permettrait de sortir dans quelques semaines. Il a en revanche demandé l’interdiction d’avoir ses deux enfants sous sa garde.

“L’avocat de la partie civile a eu un réquisitoire plus sévère que le ministère public, mais a peu parlé de l’enfant et ne s’est pas soucié de l’équilibre familial”, rappelant que les enseignants expliquent que Mike M.B. est un “bon père”, pour preuve les brillantes études menées par les deux enfants les plus âgés du couple.

Les cinq mois de prison déjà purgés ont “remis les pendules à l’heure”, laissant cette affaire “au passé pour que soient renoués les liens”.

La décision sera rendue le 6 avril.

Florent Collet

 

 

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