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Le secteur Masséna-Solférino toujours aussi préoccupant pour la police

vendredi 15 septembre 2017

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Rebaptisée “rue de la Soif”, la rue Masséna continue de focaliser le débat sur la vie nocturne à Lille… (© AFP)

Voilà plus de deux décennies que ça dure. Dans les années 1990, la rue Masséna et une partie de la rue Solférino, à la frontière entre le centre-ville et le quartier de Wazemmes, sont devenues “les rues de la Soif ”.

Peu à peu, les bars ont conquis l’espace et le lieu est devenu le rendez-vous nocturne des étudiants à Lille.

Depuis, le secteur fait régulièrement l’objet d’une attention particulière vis-à-vis des nuisances sonores, mais aussi en termes de sécurité. En 2014, la mairie de Lille avait revu la charte de la vie nocturne en restreignant notamment les heures d’ouverture tardives et en annonçant la création d’une brigade de la vie nocturne.

La maire de Lille, Martine Aubry, avouait à l’époque l’échec des opérations de sensibilisation et de prévention et elle accusait les cafetiers de laisser les gens s’alcooliser, reconnaissant que la vie nocturne s’était dégradée dans sa ville.

Entre 2011 et 2014, 32 fermetures administratives d’établissements avaient été imposées et pas moins de 5 800 amendes pour tapage nocturne dressées contre des particuliers ou des professionnels. Soit plus de cinq par jour.

Cette charte était censée mettre fin aux débordements constatés dans ce secteur régulièrement épinglé aussi dans la rubrique faits divers.

À chaque semaine son lot d’agressions, de vols à la danse ou d’interpellations à la chaîne d’individus pour bagarres.

Pourtant, la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) estime qu’aujourd’hui, “la situation reste inchangée, malgré les passages réguliers des patrouilles déployées sur ce secteur”. Impossible, néanmoins, d’avoir des données précises car les logiciels de la police “ne permettent pas d’établir de statistiques sur les rues ou quartier précisément”, souligne la DDSP

Pour un patron de bar de la rue Masséna, “les étudiants sortent plus tôt des bars. Mais ils restent dans les parages et se rabattent sur les discothèques qui, elles, peuvent fermer beaucoup plus tard. Ça ne change rien au problème.”

Mais en 2016, par exemple, l’insécurité avait atteint des sommets : dix-sept personnes avaient été enlevées en pleine rue pour être dépouillées dans la campagne alentour. Des suspects avaient fini par être arrêtés.

“On fait un peu plus attention à tout ça lorsqu’on sort, témoigne une étudiante qui fréquente les lieux. C’est vrai qu’on doit souvent appeler les flics pour des bagarres.” 

AFP

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