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Sécurité – Des muto’i moniteurs entraîneront bientôt leurs collègues

mercredi 19 juillet 2017

mutoi police municipal entraînement

Quatorze policiers municipaux suivent actuellement une formation pour devenir moniteurs au sein de leurs brigades. (© Marie Guitton)


Quatorze policiers municipaux viennent de débuter une formation d’instructeur. S’ils réussissent l’examen en octobre, ils seront chargés d’entraîner eux-mêmes leurs collègues, une fois par semaine, à l’utilisation du matériel et aux techniques d’intervention. Cette nouveauté devrait permettre de professionnaliser les agents et d’éviter au maximum les issues violentes sur le terrain.

“C’est la police ! Calmez-vous ! À terre ! ” Quatorze muto’i des communes de Faa’a, Punaauia, Paea, Mahina, Pirae et Bora Bora viennent de débuter une formation pour devenir moniteurs au sein de leurs propres brigades.

Une première au fenua, qui a pour vocation de professionnaliser les polices municipales.

Hier, encadré par Thierry Delhief, 6e dan en aito self-défense et ancien policier, l’entraînement était axé sur le maniement des bâtons de défense, le tonfa et le bâton télescopique. Mais d’autres séances suivront sur le cadre juridique des interventions, afin de connaître les limites de ses attributions, et sur les “gestes techniques et pratiques d’intervention” (GTPI), mis en œuvre face aux véhicules et aux piétons.

“Ce sont, par exemple, les techniques pour repousser la personne qui est en face de nous dans le cadre de la légitime défense, mais aussi les techniques coercitives de clés, de mise au sol, de menottage… Tout ce qu’on utilise dans le cadre des interventions quotidiennes”, explique Héloïse Moreau, policière-instructrice venue de Versailles, en région parisienne.

Les quatorze stagiaires ont été choisis parmi 26 candidats proposés par leurs chefs de service, puis évalués par des tests sportifs, techniques, mais également pédagogiques, “pour voir s’ils savaient restituer les techniques de défense, et quelle était leur attitude par rapport à leurs collègues”.

À l’instar de Apaura Walker, déjà instructrice dans l’armée, et qui souhaitait désormais pouvoir former ses collègues policiers (lire ci-dessous), “il faut qu’ils aient une certaine aura, qu’ils n’aient pas peur, qu’ils ne soient pas timides”, souligne Thierry Delhief, responsable de cette formation sous l’égide du Centre de gestion et de formation (CGF).

Car s’ils réussissent l’examen final du 25 octobre, les nouveaux instructeurs devront eux-mêmes organiser un entraînement hebdomadaire au sein de leurs équipes.

Chaque muto’i a déjà reçu une formation de base, mais “ça va permettre de maintenir les compétences, de s’entraîner physiquement, et aussi d’avoir une meilleure connaissance de ses collègues, de ses pouvoirs, une meilleure efficacité sur le terrain”, liste Héloïse Moreau. Chaque séance d’entraînement permettra en effet de “rejouer” des situations rencontrées au quotidien, et plus ou moins bien gérées.

“Par exemple, on est intervenu sur un groupe de jeunes pour une affaire de stupéfiants, mais on s’est mal débrouillé, l’intervention a raté. Donc on essaie de comprendre, et on retravaille ça. Le positionnement des agents, les techniques utilisées, les injonctions…”, détaille la policière.

Le bénéfice serait tant économique (fini les coûteuses séances de formations annuelles pour tous les policiers) que psychologique : avec un collègue moniteur à leur écoute, les muto’i pourraient se sentir plus à l’aise, moins stressés.

“C’est une différence énorme sur le terrain”, conclut l’instructrice.

Autant pour la sécurité des agents, que pour éviter les abus de pouvoir, à l’heure où la défiance monte face aux forces de l’ordre.

 

Marie Guitton

 

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