SÉCURITÉ – Plus de muto’i et moins de délinquance en ville

    mardi 21 juin 2016

     

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    Les chiffres de la délinquance seraient sur la bonne pente depuis le début de l’année, selon le commandant François Perrault (au centre), à la tête de la direction de la sécurité publique. (Crédit MG)

    Les directeurs de la police municipale et de la sécurité publique, le muto’i Roger Lamy et le commandant François Perrault, ont présenté jeudi dernier leurs bilans respectifs aux élus de Papeete.

    Alors que ces cinq dernières années, la délinquance était en hausse dans la capitale, la tendance serait à la baisse en 2016, selon la DSP. “Je pense que c’est important de le dire. Car la réalité des choses est souvent déformée par les médias et des réseaux comme Facebook”, a déclaré le commandant Perrault, en insistant sur “la différence entre l’insécurité et le sentiment d’insécurité”, généré par exemple par les vidéos de fights qui circulent sur la Toile.

    Les chiffres seraient sur la bonne pente depuis le début de l’année. Sur les cinq derniers mois par exemple, 213 atteintes à l’intégrité physique (dont les violences intrafamiliales) ont été enregistrées, contre 250 entre janvier et mai 2015. Et “seulement” 21 vols avec violence, “les plus traumatisants”, ont été recensés, contre 43 à la même période l’an passé, commis le plus souvent la nuit et dans le centre-ville.

    “Ça, ce sont des informations qui sont réelles, il faut les diffuser. On est très vigilant parce que nous voulons que l’image de Papeete soit celle d’une ville sûre”, a souligné le commandant, en citant d’autres chiffres rassurants (voir tableau ci-contre).

    La seule légère augmentation concernerait le vol de deux-roues. “Donc il y a des phénomènes qui participent à cette impression d’insécurité comme les regroupements de jeunes le mercredi ou le vendredi après-midi, mais qui ne sont, en réalité, pas forcément générateurs d’infractions”, a tenu à rappeler François Perrault.
    Plus problématiques seraient les violences intrafamiliales, “contre lesquelles il est difficile d’agir, sauf à encourager les victimes à venir porter plainte”, et les nuisances générées par les sans-abri, un sujet régulièrement abordé lors des rencontres mensuelles entre la DSP, les muto’i et la mairie de Papeete.

    Outre un travail d’éloignement au jour le jour à la demande des commerçants, la police, en lien avec les services sociaux, a établi une liste “des 20 personnes sans domicile fixe les plus problématiques”. “On essaye de trouver un règlement au cas par cas pour les éloigner de la rue”, indique le responsable de la sécurité publique. Certaines auraient un domicile. Pour les autres, le commandant Perrault appelle à “une réunion au niveau du territoire pour que leur commune d’origine puisse les reprendre”, par exemple dans le cadre du plan de régénération des cocoteraies dans les îles.

    Vidéosurveillance et brigades de nuit

    La police municipale, de son côté, dresse un tout autre tableau : de janvier à mai 2016, par rapport à la même période en 2015, les “dégagements d’attroupements” sont en hausse de 57 %, les troubles à l’ordre public de 243 %, et les rixes sur la voie publique de 20 %… “On peut donc penser qu’il y a beaucoup plus de délinquance, mais c’est en réalité le fait d’avoir mieux réparti nos agents sur le terrain qui nous a permis de mieux réagir”, affirme le directeur des muto’i, Roger Lamy.

    Par exemple, 96 faits (violations du code de la route, rixes, vols, mendicité agressive…) ont été constatés entre janvier et mai grâce à la vidéosurveillance, contre 38 à la même période l’an passé, soit un bond de 152 %.

    Depuis novembre dernier, la police municipale a également mis en place des équipes de nuit, avec des agents plus nombreux les vendredis soirs. Un dispositif qu’elle souhaiterait renforcer en 2016-2017, afin de “ramener le sentiment de sécurité tous les week-ends et en soirée”.

     

    Chiffre de la DSP

    Chiffre de la DSP

    Marie Guitton

     

     

    Quatre nouveaux muto’i et une brigade canine

     

    (Crédit Marie Guitton)

    (Crédit Marie Guitton)

    “Réduire la présence des SDF”, “créer une brigade dédiée au centre-ville touristique”, multiplier les patrouilles le soir et constituer une “brigade canine nocturne” font partie des objectifs 2016-2017 de la police municipale de Papeete.

    Pour l’aider à les réaliser, le conseil municipal a autorisé, jeudi dernier, le recrutement de quatre nouveaux agents à temps complet. Depuis 2011, une dizaine de départs n’avaient pas été remplacés et, avec une moyenne d’âge de 43 ans, un quart des effectifs actuels sera à la retraite dans dix ans.

    Les élus ont également approuvé le remplacement de trois de ses véhicules “vétustes et défaillants” par un fourgon de police, un véhicule d’intervention léger, et un véhicule destiné à la future brigade canine ainsi qu’à la capture des animaux errants potentiellement dangereux (159 chiens capturés en 2015 et un objectif de 200 à l’horizon 2017).
    “Les nouveaux véhicules seront en permanence utilisés par la brigade canine et les six unités d’intervention de jour comme de nuit, et notamment les week-ends, où le nombre recensé de troubles à l’ordre public, bagarres, rixes, agressions est le plus élevé”, explique la délibération votée à l’unanimité.

    La brigade canine, “qui se dotera de deux chiens de patrouille, aura pour mission d’assurer la surveillance et d’assister les unités d’interventions tactiques”. À cet effet, les deux actuels maîtres-chiens de la police municipale ont débuté aujourd’hui une formation complémentaire à Orléans, en métropole, afin d’apprendre les “techniques d’utilisation du chien dans les missions de police”.

    Au total, sans compter les quatre recrutements à venir, la direction de la police municipale est aujourd’hui composée de 76 personnes, dont 46 agents au sein de la division “sécurité ville” qui “fonctionne 24h/24, à l’exception du dimanche entre 9 et 20 heures” (à moins d’une manifestation particulière ou d’une catastrophe naturelle).
    Elle intervient partout en ville, soit un périmètre de 19 km² qui compte 26 000 habitants et 80 000 usagers journaliers, plus 100 000 croisiéristes par an, selon un état des lieux présenté jeudi dernier.

    En plus de ses 14 vélos, la police municipale dispose d’une quinzaine de véhicules légers ou de deux-roues motorisés, qui circulent en moyenne 100 kilomètres par jour, “notamment dans le cadre de missions préventives et de proximité afin de répondre aux problèmes de tranquillité publique, d’attroupement de jeunes, de nuisances diverses, de lutte contre le trafic de stupéfiants, de voisinage et de vols”.

    Par ailleurs, plus de 6 500 personnes se rendent chaque année au poste de police de Papeete, soit 540 par mois.

     

     

    Une carte à puce pour payer son stationnement

    DR

    DR

    Jamais assez de monnaie pour payer son parcmètre ? En 2015, près de 19 000 véhicules ont été verbalisés par la police municipale de Papeete pour avoir stationné en ville sans payer.
    Bientôt, les automobilistes récalcitrants n’auront plus d’excuses : le stationnement pourra être réglé avec une carte prépayée. Jeudi dernier, les élus municipaux ont autorisé la mise en vente d’un premier lot de 5 000 cartes “PayOne”, qui seront utilisables dans tous les horodateurs déjà installés. Le prix de vente est fixé à 2 600 F pour 20 heures de stationnement, soit 130 F par heure, contre 150 lors d’un paiement en pièces.
    L’utilisateur pourra préciser sa durée de stationnement par tranches d’une dizaine de minutes, pour payer quasiment au temps réel. Dans un premier temps, les cartes seront vendues à la mairie. Puis, si la pratique en démontre la nécessité, des commerçants pourront les commercialiser, “mais ils ajouteront une commission”, prévient Robert Tanseau, l’adjoint en charge des déplacements urbains.

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