Selon Elisabeth Holland, la mer s’élèvera d’1 mètre avant la fin du siècle

    mercredi 2 septembre 2015

     En vue de la conférence climat “COP 21” qui aura lieu à Paris au mois de décembre, l’ambassade de France à Fidji a organisé une conférence régionale sur les changements climatiques dans le Pacifique Sud. De nombreuses personnalités étaient présentes à ce rendez-vous dont Nicolas Bériot du ministère français de l’Écologie, et Matio Tekinene ministre de l’Environnement du Tuvalu. David Lucchini, chercheur du Criobe, a présenté le réseau de surveillance des récifs coralliens en Polynésie française, le plus ancien de l’histoire scientifique.

    Le réchauffement climatique et ses conséquences sur l’élévation du niveau des océans sont aujourd’hui l’une des préoccupations essentielles des collectivités les plus vulnérables (dont les îles du Pacifique Sud). Ceci conduit les chercheurs des différentes communautés scientifiques internationales de s’intéresser à cette problématique dont on a encore du mal à mesurer les conséquences, aussi bien sur la climatologie dans un sens large du terme, que sur l’étendue des zones inondables.
    L’objectif de cette conférence qui s’est tenue à Fidji du 17 au 20 août et qui avait pour thème “L’adaptation du climat dans le Pacifique Sud, expériences et perspectives” était de faire le point sur les observations des changements constatés dans les différentes îles du Pacifique Sud et sur les mesures à prendre, afin de faire remonter cette information lors de la prochaine conférence “COP 21” qui aura lieu à Paris en décembre prochain.
    Différentes personnalités ont été invitées par l’ambassade de France à Fidji : le président de l’Université du Pacifique Sud, Derrick Armstrong, et plusieurs personnalités politiques et scientifiques de Fiji, des Kiribati, de Tuvalu, de la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie française.
    La participation du centre de recherche insulaire et observatoire de l’environnement (Criobe) de Moorea à cette conférence, représenté par l’un de ses chercheurs et directeur adjoint de l’IRCP à Moorea, David Lecchini a permis aux conférenciers et au public scientifique d’en apprendre plus sur les différents réseaux de surveillance des récifs coralliens en Polynésie française, reconnus pour être les plus anciens au monde. Depuis 1979, chaque année, le Criobe/IRCP note l’évolution des coraux et des poissons à Tiahura (côte nord de Moorea), mais il relève aussi la température de l’eau depuis 1991 à Moorea ainsi que dans 14 îles de la Polynésie française.

    Des informations pour “COP 21”

    L’un des résultats marquants de cette surveillance est une élévation de 0,25°C en 24 ans, selon David Lecchini. D’où un risque potentiellement important pour les îles polynésiennes et en particulier les atolls. “Nous avons fait un état des lieux et des connaissances que nous avons dans la région sur la problématique du changement climatique dans le Pacifique Sud. On n’en est pas à faire un bilan alarmiste mais plutôt à rassembler des informations pour le prochain “COP 21” qui est la conférence des Nations unies sur les changements climatiques, en présence de représentants des 195 pays membres. La Polynésie française, par mon intermédiaire a présenté un jeu de données, et ses résultats au-delà de l’évolution des coraux, tel que la démonstration de l’élévation de la température de l’eau sur les 24 dernières années.” Le scientifique souligne que la Polynésie française est touchée, comme toutes les îles du Pacifique Sud, “l’avantage de nos îles c’est qu’on est loin des continents, dans une zone relativement plus tempérée. Malgré tout, les îles des Tuamotu seront touchées par la montée des eaux, comme on peut déjà le constater à Makemo où presque chaque année, l’eau envahit le village suite aux fortes tempêtes.”Pas de message alarmiste pour autant, mais l’une des intervenantes à cette conférence, Elisabeth Holland, responsable du suivi des récifs coralliens à Fidji estime toutefois que l’élévation d’ici la fin du siècle pourrait atteindre un mètre dans certains endroits du monde, et en particulier dans le Pacifique Sud.

    De notre correspondant Jeannot Rey

     

    David Lecchini : “Risques cycloniques confirmés pour la saison 2015 2016”

    Ces changements climatiques dans un cadre général influent bien entendu sur la climatologie plus localisée. On parle notamment d’El Niño et de son influence sur la température de la mer et ses conséquences par exemple sur les risques cycloniques. David Lecchini est clair : “Tous les indices à ce jour -septembre 2015- font que l’on est sur une influence d’El Niño très forte. Les indices d’aujourd’hui sont aussi forts que les indices de 1982-1983 et 1997. On peut donc s’attendre à un fort cyclone dans le Pacifique Sud. Touchera-t-il la Polynésie ? Et s’il touche la Polynésie, où touchera-t-il ? C’est une question à laquelle nous ne pouvons pas encore répondre. Mais tous les indices penchent pour un El Niño très fort. Nous en avons parlé lors de la conférence, tout le monde est d’accord sur le risque qui se profile. On le voit déjà avec une climatologie très variable due à un dérèglement qui est lié à El Niño.”

     

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