Une semaine pour réinventer la paix sociale

    mardi 22 novembre 2016

    assises victimes

    Plus d’une cinquantaine d’acteurs et techniciens de proximité du Pays et de l’État, ainsi que le mouvement associatif, ont répondu présents à l’invitation de l’APAJ pour échanger et débattre sur l’aide aux victimes et la prévention de la délinquance. (© DR)

     

     

    L’Association polyvalente d’actions judiciaires (Apaj) organise, jusqu’à vendredi, à l’InterContinental Tahiti, les 3es Assises de l’aide aux victimes et de la prévention de la délinquance. Au programme : des tables rondes pour et par les professionnels du milieu, ainsi que des conférences excentrées à destination du grand public. La justice restaurative, un dispositif récent, sera également au cœur de ces assises, à travers deux journées de formation.

     

     

    Le coup d’envoi de la 3e édition des Assises de l’aide aux victimes et de la prévention de la délinquance a été donné hier. Organisées par l’Association polyvalente d’actions judiciaires (Apaj), elles réuniront, jusqu’à vendredi, à l’InterContinental Tahiti, des professionnels et acteurs du secteur qui pourront échanger et débattre autour de plusieurs thèmes comme : les actions de prévention de la délinquance ; le traitement médiatique des faits divers ; le secret professionnel ; les violences sexuelles ; les dispositifs d’accompagnement des familles ; les impacts et conséquences des violences intrafamiliales ; les violences conjugales ; alcool, drogues et délinquance ; les violences en milieu scolaire et les violences en groupe.

    Après trois journées consacrées aux tables rondes, place jeudi et vendredi, à deux jours de formation sur la prise en charge des victimes d’infraction et sur la justice restaurative, un dispositif récent qui “a plus une vocation d’apaisement social”, explique Cécile Moreau, la directrice de l’APAJ.

    “Une fois la procédure judiciaire passée, qu’il s’agisse des victimes ou des auteurs, il y a encore souvent un besoin de comprendre, de dialoguer.

     

    “Plus facile dans un petit pays de travailler dans ce sens”

     

    C’est là qu’intervient la justice restaurative, si les victimes sont d’accord et que les auteurs sont aussi dans cette démarche de vouloir communiquer avec leur victime, d’expliquer le geste parfois, et de s’excuser aussi, parce que, malgré la condamnation, ils ont encore souvent des liens.

    On sait qu’ici, il y a beaucoup de violences intrafamiliales. Certaines victimes sont en demande de rétablir le lien et certains auteurs sont en demande de pouvoir s’excuser, s’amender, s’expliquer.
    Donc il fallait trouver un système qui puisse répondre aux attentes convergentes de certains auteurs et certaines victimes.

    C’est le cas au plan international. Depuis quelque temps, ces dispositifs de justice restaurative se sont développés et on a la chance d’avoir aujourd’hui des formateurs qui vont nous donner quelques techniques pour pouvoir justement offrir ce service-là aux auteurs et victimes.”

    “Ce travail avec l’auteur et la victime, le fait de réussir à les faire parler, à les faire se rencontrer, est très important”, renchérit Anne-Marie Pommier, présidente de l’APAJ.
    “Nous avons déjà des réunions périodiques toute l’année avec des victimes et leurs auteurs, pour qu’ils s’expliquent, pour qu’il y ait un petit peu de résilience. On a vu qu’il ne fallait pas laisser les deux blocs de côté. Nous sommes une petite société, un petit pays.
    Et je pense qu’il est plus facile dans un petit pays de travailler dans ce sens que dans un territoire comme l’Europe où tu as un auteur qui fait sa bêtise et qui s’en va à Hambourg, et puis la victime qui s’en va à Marseille. Je pense qu’on peut travailler de façon très constructive dans la justice restaurative.”

    Quatre invités de métropole et du Canada (juriste, professeur de criminologie, psycho-criminologue et sociologue) apporteront également leur expertise à ce sujet et sur tous les autres thèmes abordés.

    Organisées pour la première fois en mai 2007, avec une seconde édition en novembre 2012, les Assises de l’aide aux victimes ont pour but de fédérer et promouvoir une meilleure coopération entre les acteurs de ce domaine avec la finalité prioritaire d’offrir un accompagnement toujours plus adapté à ses usagers. 

    V.H.

     

     

    Deux conférences ouvertes au public

    Quatre intervenants de métropole et du Canada prennent également part à ces assises avec, de gauche à droite,  Marie-Marthe Cousineau, sociologue, Nadège Bezard, juriste, Catherine Rossi, professeure de criminologie, et Loïck-Marie Villerbu, psycho-criminologue. (© DR)

    Quatre intervenants de métropole et du Canada prennent également part à ces assises avec, de gauche à droite,
    Marie-Marthe Cousineau, sociologue, Nadège Bezard, juriste, Catherine Rossi, professeure de criminologie, et Loïck-Marie Villerbu, psycho-criminologue. (© DR)


    – “Trajectoires délinquantes : éducation, entre laxisme et autoritarisme, comment trouver la juste voie ?”

    Cette conférence a vocation à échanger sur l’impact des approches éducatives mises en place par les éducateurs (parents, famille, enseignants, encadrants sportifs, religieux, animateurs) sur le développement et les comportements des enfants, adolescents et jeunes adultes, afin de mettre en perspective ces schémas éducatifs et leurs impacts psychologiques et sociologiques avec l’émergence de comportements antisociaux, déviants voire délinquants.

    Elle sera animée, d’une part, par Marie-Marthe Cousineau, sociocriminologue, professeure à l’École de criminologie de l’Université de Montréal, dont les travaux et recherches sont principalement portés sur les trajectoires délinquantes, la marginalisation et les violences intrafamiliales, et d’autre part par Loïck-Marie Villerbu, psycho-criminologue, professeur émérite des universités ayant mené et encadré de nombreux travaux sur les déterminations étudiées à partir de la modélisation bioscopique (analyse clinique et projective d’événements qui sont dits ou censés avoir eu une incidence sur des comportements ou des orientations de vie).
    • Aujourd’hui, à 18 heures, à l’Institut supérieur de l’enseignement privé de Polynésie (Isepp). Entrée libre sous réserve des places disponibles.

    – “Vers une réforme de la justice : de nouveaux enjeux”

    Depuis le début des années 2000, de nouvelles formes d’intervention en situation de conflits tels les cercles, médiations, peines alternatives et modes de réparation, envahissent désormais le champ sociopénal dans l’ensemble du monde occidental. Cette conférence permettra de faire le point sur ce contexte en émergence et d’en envisager les enjeux théoriques et pratiques.

    Elle sera animée, d’une part, par Catherine Rossi, juriste et criminologue, professeure de droit et de criminologie à l’Université Laval de Québec, dont les travaux et recherches sont principalement orientés vers l’adéquation entre le droit pénal et la justice réparatrice, la médiation et les droits des victimes, et d’autre part par Nadège Bezard, juriste et médiatrice, spécialiste de l’intervention auprès des victimes, animatrice des premières rencontres “auteurs-victimes” développées en métropole.
    • Jeudi, à 18 heures, à l’Université de la Polynésie française, amphi A1. Entrée libre sous réserve des places disponibles.

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