Sénat: vers un basculement à droite dimanche?

    samedi 27 septembre 2014

    Le Sénat devrait rebasculer à droite dimanche, lors du renouvellement de la moitié des sièges de la Haute assemblée, ce qui constituerait le troisième revers électoral de la gauche cette année, après les municipales et les européennes.
    C’est en effet le résultat des municipales qui est déterminant pour ces élections: les sénateurs sont élus au suffrage indirect par un collège de grands électeurs représentant à 95% les communes. « Les municipales sont le premier tour des sénatoriales », dit-on à la Haute Assemblée.
    De la même manière, un sénateur Front national pourrait faire pour la première fois son entrée au Palais du Luxembourg, après les succès du parti d’extrême droite en mars, en particulier dans le sud-est. « Un probable, deux possibles », pronostique le vice-président du parti Florian Philippot.
    Toutefois, les conséquences d’un Sénat d’opposition pour le gouvernement seraient minimes. En cas de désaccord entre les deux chambres sur un texte législatif, c’est toujours l’Assemblée qui a le dernier mot. Les choses seraient simplement rendues plus compliquées avec un Sénat de droite qui utiliserait toutes les ficelles procédurières pour retarder l’adoption des textes auxquels il serait hostile.
    En revanche, le passage du Sénat à droite à mi-mandat de François Hollande serait un mauvais signal politique, surtout au moment où Nicolas Sarkozy se lance pour la présidentielle de 2017.
    Au total, sur 348 sénateurs, 178 sénateurs dans la moitié des départements seront renouvelés par un collège de 87.500 grands électeurs. A noter que le vote est obligatoire.
    Un 179ème siège est mis en jeu, celui du centriste Jean Arthuis (Mayenne), qui a démissionné après avoir été élu au Parlement européen.
     
    – ‘Elus refroidis’ –

     
    Six mois après la raclée des municipales, « le climat s’est empiré », juge un poids-lourd socialiste au Sénat. « Outre la situation nationale, les élus sont refroidis par la réforme territoriale, celle des rythmes scolaires, ou la baisse des ressources financières des collectivités ». Les affaires Trierweiler et Thévenoud, dont l’épouse était la plus proche collaboratrice du président du Sénat sortant Jean-Pierre Bel (PS), ont encore plombé l’ambiance.
    La gauche avait remporté les sénatoriales pour la première en septembre 2011, une victoire qualifiée d' »historique » avant celle de François Hollande à la présidentielle huit mois plus tard.
    Avec 177 sénateurs, la gauche – PS, RDSE (à majorité PRG), communistes et écologistes – était devenue majoritaire, la majorité absolue étant de 175 sièges. Elle avait ensuite élu au plateau, la présidence du Sénat, Jean-Pierre Bel, aux dépens de Gérard Larcher, le président UMP sortant. La droite de son côté détient 168 sénateurs, plusieurs sièges étant vacants. Il lui faut donc gagner sept sièges pour remporter la majorité.
    Cette année sont renouvelés les sénateurs des départements compris, par ordre alphabétique, entre l’Ain et l’Indre, puis du Bas-Rhin à l’Yonne, hors ceux de l’Ile-de-France, ainsi que ceux de Guyane, de Polynésie française, de Saint-Barthélemy, de Saint-Martin, des Iles Wallis et Futuna, et un en Mayenne.
    Les sénateurs sont élus au scrutin majoritaire à deux tours dans les départements qui ont un ou deux sénateurs (59 sénateurs en tout), proportionnel ailleurs (119).
    Outre Jean Arthuis, plusieurs personnalités tirent leur révérence du Palais du Luxembourg: l’ancien président du Sénat Christian Poncelet, élu des Vosges, qui met fin à une carrière parlementaire commencée en 1962, l’ancien ministre de François Mitterrand, Jean-Pierre Chevènement, président d’honneur du MRC et représentant du Territoire de Belfort, ou l’ancien maire de Rennes Edmond Hervé.
    En revanche, l’ancien ministre de Jacques Chirac François Baroin, candidat dans l’Aube, est assuré d’y faire son entrée pour la première fois
    Jean-Pierre Bel a annoncé de son côté qu’il renonçait à la vie politique. Outre Gérard Larcher, l’ancien Premier ministre UMP Jean-Pierre Raffarin, le président du groupe PS Didier Guillaume, le sénateur UMP Philippe Marini et la centriste Nathalie Goulet briguent pour le moment sa succession. L’élection du président du Sénat aura lieu le 1er octobre, premier acte du mandat des nouveaux sénateurs.

    AFP
     
     

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