Sénatoriale partielle : la dissidence l’emporte

    lundi 4 mai 2015

    Folle matinée, hier matin, au lycée Gauguin, où il était bien difficile de faire des pronostics alors que les grands électeurs se rendaient aux urnes.

    En photos

    Au terme d’une heure de dépouillement à suspens, Nuihau Laurey et Lana Tetuanui sont devenus les nouveaux sénateurs de la République française en Polynésie.
    Le vice-président du Pays l’emporte avec 380 voix, tandis que l’élue des Raromatai ne doit son siège, dès le premier tour, que pour une courte voix (356). Une voix en moins, et c’était le passage obligé par le second tour.

    Les résultats

    La victoire des candidats présentés et soutenus par le président du Pays, Édouard Fritch, contre sa base politique, le Tahoera’a, sonne comme une gifle cinglante au visage de Gaston Flosse, parti hier fou de rage du centre des élections, avant même la proclamation officielle des résultats.
    “C’est la plus grande trahison de ma carrière politique”, a-t-il déclaré à TNTV, avant de s’engouffrer dans sa voiture.
    Du côté du gouvernement, au contraire, on a laissé exploser sa joie à peine les résultats dévoilés.
    Couronnes, chants, photos ont accompagné les deux nouveaux sénateurs, heureux d’en finir avec une campagne au cours de laquelle de nombreux coups ont été échangés et qui leur ont coûté leur place au sein du parti orange.
    Vincent Dubois et Teura Iriti prennent, pour leur part, une claque qu’ils ne voyaient pas comme cela.

    Leurs réactions

    Les deux candidats officiels du Tahoera’a, et sénateurs sortants, font globalement 150 voix de moins que lors de leur élection en septembre dernier.
    Ils pourront, depuis son cabinet d’avocat pour l’un, depuis l’assemblée de la Polynésie française pour l’autre, ruminer pendant longtemps et repenser à cet improbable recours auprès du Conseil constitutionnel déposé par Tauhiti Nena, Sylviane Terooatea et Christian Vernaudon, provoquant la tenue de nouvelles élections. Hier, c’est presque les larmes aux yeux que Teura Iriti a quitté le centre de vote.
    Quant à l’UPLD, les candidatures dissidentes ont créé le trouble parmi les électeurs.
    Le candidat officiel du mouvement souverainiste, Richard Tuheiava ne réalise que 62 voix, contre 143 en septembre dernier.
    Tauhiti Nena, pour sa part, a totalement manqué son challenge qui devait le placer en tête du premier tour en bénéficiant de l’éclatement des voix autonomistes. C’est finalement sa propre candidature qui a explosé avec Jacky Bryant (45 et 31 voix), alors que l’ancien boxeur réalisait en septembre 155 voix.

    Et maintenant, l’assemblée

    Les grands électeurs, dans leur grande majorité des élus communaux, ont prouvé une fois encore que la réalité d’une étiquette politique dans une commune était largement soluble à l’échelle du Pays. Oscar Temaru devra lui aussi recadrer ses troupes.
    Le résultat de ces élections sénatoriales va nécessairement avoir une forte incidence sur les mois à venir.
    Pour le gouvernement, c’est désormais l’assurance d’avoir quatre parlementaires (deux sénateurs et deux députés) de son côté.
    Lana Tetuanui, Nuihau Laurey, Maina Sage et Jean-Paul Tuaiva ont déjà annoncé la couleur de leur action et Édouard Fritch se félicite déjà de ne pas avoir une fois encore des voix dissonantes dans son dialogue qu’il mène avec l’État. Jonas Tahuaitu devrait rester, quant à lui, fidèle à Gaston Flosse.

    La réaction d’Édouard Fritch

    Surtout, avec cette nouvelle élection, c’est le spectre de plusieurs dossiers fâcheux dans ses relations avec l’État qu’Édouard Fritch voit s’éloigner.
    On se remémore la sortie de Teura Iriti au Palais du Luxembourg sur le nucléaire alors que les négociations sur le retour du gouvernement central au financement du régime de solidarité territorial (RST) allaient bon train.
    Oubliée aussi la tentation pour Gaston Flosse d’utiliser les deux sénateurs pour faire passer son projet de modification de loi organique.
    Enfin, cette nouvelle position des grands électeurs peut dessiner les contours de ce que seront les nouvelles relations à l’assemblée de la Polynésie française.

    Le communiqué de Marcel Tuihani, président de l’assemblée

    Des pro-Fritch, alliés à A Ti’a Porinetia, et une Union pour la démocratie (UPLD) condescendante devraient bousculer la donne prochainement au sein des commissions législatives de l’assemblée de la Polynésie française.
    Édouard Fritch serait alors un peu moins le président d’un exécutif esclave d’un législatif aux ordres d’une majorité pilotée à distance par Gaston Flosse.

    Bertrand Prévost

    Dossier complet dans La Dépêche de Tahiti de lundi 4 mai ou sur notre feuilletage numérique.

     

    lebororo 2015-05-04 13:16:00
    La vaisselle a été faite...
    On se sent plus propre aussi.
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