Le sentiment d’abandon persiste à Maraeapai à Taiarapu Est

    mercredi 19 octobre 2016

    ordure maraepai

    “On veut simplement être traités comme tout le monde”, explique Nelson Taerea, exaspéré par cette accumulation permanente d’ordures. (© Anne-Charlotte Bouleau)

     

    Le temps passe et la situation ne s’améliore pas pour la centaine de familles du plateau de Maraeapai. Le dépotoir fait toujours partie du paysage, tandis que les habitants attendent désespérément sa fermeture et la mise en place de bacs individuels. Le manque d’eau fait aussi partie du quotidien, de même que la route défoncée qui traverse le quartier.

     

    Déchets verts, ordures ménagères, ferrailles, appareils électroménagers, batteries… aucun doute, le dépotoir situé sur la route d’accès au plateau de Maraeapai fait toujours partie du paysage. Pour les touristes, mieux vaut ne pas se tromper de chemin pour se rendre au belvédère de Taravao !
    Le site est pourtant régulièrement déblayé par les agents des services techniques de la commune de Taiarapu-Est, que la situation exaspère autant que la centaine de familles du quartier voisin. Emmanuelle Delong, présidente de l’association Maraeapai et gestionnaire de la page Facebook Les oubliés de Maraeapai, avait fait part de son désarroi à ce sujet dans notre édition du 7 novembre 2015.
    Un an plus tard, c’est son ancien vice-président, Nelson Taerea, qui a souhaité faire le point sur la situation, globalement in-
    changée.
    “L’association a essayé de valoriser cet endroit en plantant mais, à chaque fois, tous les efforts sont démolis par le retour des ordures, déposées par des gens de l’extérieur. Ce n’est vraiment pas joli à voir”, souligne-t-il. “Tout ce qu’on demande, c’est au moins de bien faire les choses au niveau de la gestion des ordures, en fermant le dépotoir avec une clôture et en attribuant des poubelles à chaque résident, avec un ramassage par semaine. Nous sommes prêts à payer pour ça ! On veut simplement être traités comme tout le monde.”

     

    Un vide juridique ?

     

    Cette situation persistante est d’autant plus ubuesque que, suite à l’interdiction du dépôt d’encombrants et de déchets verts aux abords des routes de Taiarapu-Est au 1er septembre 2015, une déchetterie communale a ouvert ses portes à Afaahiti, à quelques kilomètres seulement du dépotoir sauvage.

    “Il faudrait peut-être la signaler avec une grande pancarte, car on dirait que le message n’est pas passé”, suggère un riverain, en lieu et place des panneaux “SOS Propreté” installés par la mairie, disparus quelques mois plus tard.
    “Et quand il pleut, l’eau ruisselle jusqu’à la rivière, pour arriver dans nos robinets !”, ajoute-t-il. Le quartier est effectivement alimenté par la Rarouri, qui longe le dépotoir et dont le lit est actuellement à sec. “Mais la mairie fait un effort. Elle nous apporte de l’eau quand on en a besoin, par l’intermédiaire des pompiers, pour remplir nos citernes. C’est déjà ça !”, reconnaît Nelson Taerea.
    Comme si cela ne suffisait pas, la route qui traverse Maraeapai ne cesse de se détériorer. Elle est même devenue impraticable en contrebas, obligeant les habitants à faire le tour par le plateau de Afaahiti.

    “La route est tellement abîmée qu’on n’arrête pas de réparer nos voitures. Il faut penser aux urgences, en cas d’incendie ou pour le transport de malades. Si l’accès du bas pouvait être rouvert, ça ne prendrait que cinq minutes pour monter”, explique un propriétaire.
    Et pour couronner le tout, deux branches de taille imposante menacent de tomber sur le dépotoir depuis plusieurs mois.
    Il semblerait qu’un vide juridique, concernant le statut du quartier en lui-même, soit à l’origine de cette situation qui s’éternise et ne cesse de se dégrader depuis plusieurs années.

    A.-C.B.

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