Sept entreprises locales présentées comme investisseurs pour le Mahana Beach

samedi 4 avril 2015

 Jeudi matin, Francis Oda de Group 70, le cabinet hawaiien qui avait remporté le concours d’architecture du Mahana Beach, a présenté quelques-uns des partenaires locaux pressentis. La conférence de presse a insisté sur la démarche de Group 70 de faire du Mahana Beach une vitrine de « l’identité et de la culture polynésiennes ». Francis Oda a répondu cette semaine à l' »appel à manifestation d’intérêt » lancé par le gouvernement en janvier dernier, qui vise à trouver des investisseurs pour le Mahana Beach. Le P.-dg de Group 70 assure avoir réuni trois milliards de dollars (333 milliards de francs, soit largement plus que les 251 milliards initialement évoqués).  Sans que la forme juridique éventuelle de ce consortium d’investisseurs soit précisée, ni le poids de chacune, plusieurs entreprises polynésiennes se sont déclarées prêtes à rejoindre le projet de Group 70 (voir notre édition du 2 avril). Selon les déclarations de Francis Oda, elles investiraient dans la conception et la réalisation de certaines composantes du projet, et en assureraient la maintenance et la gestion.

Ainsi, le conditionnement d’air par pompage des eaux profondes (Swac) serait assuré par Cofely, filiale de GDF Suez. François Pierson a indiqué qu’il s’agit là du second plus puissant Swac au monde, derrière celui actuellement en construction à La Réunion ; la Polynésienne des eaux, filiale locale de la Lyonnaise des eaux du groupe Suez, se chargerait des infrastructures d’eau potable et du traitement des eaux usées ; la société MT2 de Johann Roopinia et Stellio Sage serait en charge de l’immense remblai prévu et du terrassement. La société déclare disposer des emprises foncières nécessaires à l’extraction des deux millions de m3 nécessaires au remblai et assure que rien ne sera prélevé dans les lits des rivières ; et l’antenne locale de Aquakita, leader mondial des parcs aquatiques, réaliserait un parc avec un hôtel à thème. Patrick Genet, son représentant local, a expliqué qu’il porte depuis deux ans un projet de parc aquatique qui pourrait se faire à Mahina, mais que le précédent gouvernement lui avait demandé de s’intégrer dans le Mahana Beach. Il émet des réserves sur la taille de l’hôtel à thème qui est couplé avec le parc : pour lui, 100 chambres seraient suffisantes, au lieu des 400 prévues par Group 70. Gaz de Tahiti, Les 3 Brasseurs et Imagine Promotion, absents de la présentation, sont aussi annoncés comme partenaires locaux. Était également présent le représentant de Carion Capital, société américaine d’origine hongroise spécialisée entre autres dans les centres commerciaux. 

Ce fut l’occasion pour Group 70 de préciser quelques chiffres. Le nombre de « clés » (combinant chambres d’hôtel et condominiums) est monté à 4 246. Le nombre d’emplois créés par le chantier, dont la durée prévue est de six ans, serait de 10 000 au moins : 4 500 pour le gros œuvre, 3 000 pour les corps d’état techniques, et 2 500 pour les corps d’état secondaires. Enfin, le chantier serait divisé en trois phases. La première comprend les remblais et terrassements, le Swac, le parc aquatique, les condominiums, le centre commercial et le « village tahitien ». On remarque que ces structures pourraient fonctionner avec la clientèle locale existante. La deuxième phase englobe la marina, son hôtel et son casino, un autre condominium, le spa-centre de fitness, le parc public et la promenade et ses restaurants et boutiques de luxe.
Enfin, la troisième phase verra sortir de terre les hôtels 4, 5 et 6 étoiles en bord de mer, les bungalows « overwater », le centre de conventions, les condominiums de luxe et le parking public.  

Le gouvernement aurait reçu quatre autres réponses à son appel à manifestation d’intérêt, qui pouvaient se baser sur l’un des trois projets finalistes de la compétition d’architecture. Avec le recours à de nouveaux experts chargés d’établir un cahier des charges dont on aurait pensé qu’il existait déjà, c’est un désaveu à peine voilé de la façon dont le gouvernement de Gaston Flosse avait mené le début de l’opération Mahana Beach. L’une de ces réponses émanerait de Forbase, le groupe chinois évincé à l’issue du concours. Une autre provient du groupe Deloitte, leader mondial des cabinets d’audit et de conseil. Pour les observateurs avertis, restent des questions cruciales sur l’approvisionnement en eau de la zone, la nécessité de construire une « ferme photovoltaïque », le PGA et le PGEM de Punaauia, ou encore la réglementation du travail.  

Caroline Perdrix

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