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Sept infections tuberculeuses latentes au lycée Gauguin

dimanche 27 janvier 2019

2 dg Tuberculose OPTIONNEL

Les autorités sanitaires ont détecté sept cas d’infections tuberculeuses latentes (ITL) au sein du lycée Paul-Gauguin, mais aucun nouveau malade. L’intradermo-réaction à la tuberculine (IDR) est une petite piqûre sous la peau qui permet de dépister la maladie, latente ou pas. (Photo : archives/La Dépêche)

Le 24 septembre dernier, les autorités sanitaires révélaient qu’un professeur ou un élève du lycée Paul Gauguin avait contracté la tuberculose. Un peu plus de 100 enseignants ont été dépistés début octobre puis, deux semaines plus tard, c’était au tour de 178 élèves, susceptibles d’avoir été en contact avec le malade, de passer une série de tests. Aucun d’entre eux n’a été mis en quarantaine.

Lorsqu’il y a un malade de la tuberculose, on procède toujours à une enquête de dépistage autour du cas, car la tuberculose pulmonaire est contagieuse, à différents degrés. On recherche à la fois le contaminateur et les personnes qui auraient pu être contaminées par cette personne”, explique Marine Giard, responsable du bureau de veille sanitaire au sein de la Direction de la santé.

C’est toujours une enquête familiale car la plupart du temps la transmission est intra-familiale. Il peut également y avoir, en fonction des activités de la personne, une enquête en milieu professionnel, scolaire, associatif, sportif, etc.

Dans le cas du lycée Gauguin, ça a concerné des élèves et des professeurs qui auraient potentiellement pu être contaminés, ceux de l’année scolaire en cours mais également ceux de l’année précédente puisque la période de contagiosité remonte à trois mois avant le début des symptômes.”

La démarche se passe en deux temps principaux. D’abord un premier dépistage avec interrogatoire, examen clinique, intradermo-réaction à la tuberculine (IDR, soit une petite piqûre sous la peau) avec lecture du résultat 72 heures plus tard, ainsi qu’une radiographie pulmonaire. Il est indispensable d’avoir un dépistage complet, mais certains “oublient” des étapes. “C’est compliqué d’avoir tout le monde…” confirment les autorités sanitaires.

Aucun nouveau malade

 


La seconde étape est un contrôle à trois mois, avec une nouvelle intradermo-réaction et son contrôle.

Le contrôle à trois mois est actuellement en cours chez les élèves, et ce sera la semaine prochaine chez les professeurs, pour ceux qui sont encore présents au lycée”, indique Marine Giard.

Lors du premier dépistage, aucun nouveau cas de maladie n’a été détecté, et donc aucun risque de contagion associée.

Nous avons estimé qu’il y avait sept cas d’infections tuberculeuses latentes (ITL), dont trois ont été mis sous traitement préventif, sur la totalité adultes et enfants”, précise le médecin épidémiologiste. “Nous avons dépisté 178 élèves sur un total de 182 identifiés. Nous avions identifié 66 lycéens ayant quitté l’établissement, nous en avons dépisté 49 de manière complète. Sur les 106 professeurs présents, 102 ont réalisé les examens de dépistage. Pour les professeurs ayant quitté le lycée, nous en avons entièrement dépisté 14 sur un total de 21.” Rappelons que quand un malade contamine l’entourage, ce dernier peut ainsi être infecté sans être malade. Seule une personne infectée sur dix deviendra malade, il s’agit alors d’une infection tuberculeuse latente (ITL), et dans ce cas-là la personne n’est pas contagieuse. « Si la taille de la réaction dermique augmente entre les deux tests, on soupçonne un virage, c’est-à-dire un passage à une infection tuberculeuse latente”, conclut Marine Giard. “On le confirme avec un prélèvement sanguin. On peut alors proposer un traitement préventif par antibiothérapie de trois mois qui va diminuer le risque de passage à la maladie.”

Damien Grivois

 

Un parent témoigne

Mon enfant est peut-être contaminé”

J’étais convoqué aujourd’hui (hier, ndlr) pour la seconde fois avec mon enfant dans le cadre de cette histoire de tuberculose au lycée Paul-Gauguin. Nous avons été reçus par un médecin qui a mesuré la taille de la réaction sur son bras où une piqûre avait été réalisée en ce début de semaine. La surface de la peau à cet endroit avait légèrement enflé et rougi, donc le taote a mesuré la zone de réaction. Comme la superficie de la zone en question était supérieure à 10 mm, il nous a dirigés vers l’Institut Louis Malardé afin de procéder à des examens complémentaires. Il est peut-être contaminé. Nous nous y sommes rendus sur le champ et là, une double prise de sang a été effectuée sur mon enfant. On nous a dit de ne pas nous inquiéter, que les prélèvements seraient envoyés pour analyse au Centre hospitalier, et que les résultats seraient ensuite envoyés au bureau de veille sanitaire. Nous serons ensuite avertis de la marche à suivre en fonction de la teneur de ces résultats.”

 

 

Casser la transmission d’humain à humain”

Marine Giard

Responsable du bureau de veille sanitaire

“La tuberculose est une bactérie qui se développe lentement, donc il peut y avoir des mois, voire des années, entre une contamination, une infection tuberculeuse latente et le développement de la maladie.
C’est une maladie infectieuse très contagieuse, mais il est possible d’en guérir dès lors qu’un traitement antibiotique est pris et suivi. Elle s’attaque habituellement aux poumons, mais parfois aussi à d’autres parties du corps, comme les reins, les ganglions et les os. Pour la plupart des personnes en bonne santé, le risque de contracter la tuberculose est faible, et seule une personne infectée sur dix développe la maladie. Le dépistage est souvent très compliqué, surtout que l’on va chercher des personnes qui ne se sentent pas malades. Elles ont du mal à se sentir impliquées alors que c’est très important, car la tuberculose se transmet exclusivement d’humain à humain. On pourrait donc casser la transmission et quasiment éliminer la tuberculose. Mais ça n’est pas du tout le cas en Polynésie française, où l’on ne fait que stabiliser la tuberculose. Alors que l’objectif de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est de réduire drastiquement l’incidence de la maladie.”

Propos recueillis par D.G.

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