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Le service de chimiothérapie de Taravao tourne à plein régime

dimanche 28 juillet 2019

Chaque semaine, les patients sont accueillis sur un à deux jours, pour des séances de quelques minutes à plusieurs heures, selon le traitement requis. (© Anne-Charlotte Bouleau)

Chaque semaine, les patients sont accueillis sur un à deux jours, pour des séances de quelques minutes à plusieurs heures, selon le traitement requis. (© Anne-Charlotte Bouleau)


Le service de chimiothérapie de l’hôpital de Taravao accueille un nombre croissant de patients depuis son ouverture, l’an dernier. Une oncologue, deux infirmières et une aide-soignante participent à son bon fonctionnement. Trois patients, tous résidents de la Presqu’île, ont accepté de partager leur expérience vis-à-vis de la maladie et du traitement.

Inauguré en juin 2018, le service de chimiothérapie de l’hôpital de Taravao, mis en oeuvre dans le cadre d’un partenariat État-Pays, avait accueilli ses premiers patients quelques semaines plus tôt, courant mai.

S’ils n’étaient alors que quelques-uns, ils sont aujourd’hui de plus en plus nombreux à bénéficier du dispositif.

“On a largement dépassé les objectifs fixés, avec 8 à 10 patients par semaine, sur une à deux journées d’activité. De mémoire, l’an dernier, on a traité 25 patients entre mai et décembre. Cette année, entre janvier et fin juin, on était déjà à 24”, précise Véronique Gauvin, infirmière, qui fait tourner le service avec une aide-soignante et une seconde infirmière en renfort, en présence d’un médecin-oncologue.

On répond à la demande et les patients adhèrent à cette démarche. On a une prise en charge de base complète”, ajoute Tauira Kung, en tant que cadre de santé.

 

Une proximité bénéfique

 

Originaires de Papara à Hitia’a, en passant par Taiarapu, les patients ont généralement entre 40 et 70 ans, tous profils confondus, bien que leur présence soit soumise à quelques conditions.

“Quand le cancer est diagnostiqué, si le patient entre dans la catégorie qui nous est autorisée, il pourra venir faire sa chimiothérapie sur l’hôpital de Taravao, en sachant qu’il faut faire une première séance à Taaone, conformément à la procédure définie par les pharmaciens et les oncologues”, explique Véronique Gauvin.

Sur place, la durée d’une séance varie de quelques minutes à plusieurs heures, suivant un protocole strict.

“Les patients doivent faire une prise de sang 48 heures avant la chimiothérapie. La veille, je les appelle pour faire un point sur leur état de santé et écarter toute infection. Ces deux éléments permettent de lancer la fabrication du produit à la pharmacie de l’hôpital de Taaone. Le jour de la chimiothérapie, le patient est vu en consultation par l’oncologue, pour s’assurer que le traitement peut être administré”, confie l’infirmière.

Dès lors, il est aisé de comprendre l’avancée liée à cette proximité des soins. “Il y a des traitements qui sont hebdomadaires. Une fois par semaine, ça revient très vite. Quand on ajoute les consultations avec les autres spécialistes, au niveau des trajets, tout ce qui peut être économisé en termes de fatigue, mais aussi de douleurs pour les cancers avancés, c’est forcément positif. À la Presqu’île, on arrive à grouper la chimiothérapie, la cardiologie, la pneumologie, la radiologie standard, l’ORL et l’ophtalmologie, mais on n’a pas d’IRM, ni de scanner. On n’a pas tout en radio et les avis chirurgicaux sont souvent faits à Taaone”, remarque Caroline Fonsegrive, oncologue du service.

Dans un souci de prise en charge globale du cancer, des soins de support sont également mis en oeuvre, avec la possibilité pour les patients de profiter de l’oreille attentive d’une psychologue et des bienfaits des massages d’une socio-esthéticienne.

 

A.-C. B.

 

Témoignages

Raimana 45 ans, de Vairao : “Le personnel est à l’écoute et je me sens en confiance”

“Je suis suivie pour un cancer du sein depuis 2017. Un matin, alors que j’avais mon petit-fils dans les bras, il m’a appuyé sur le sein et c’est ce qui m’a permis de me rendre compte que j’avais une grosse boule à cet endroit. Ça m’a inquiétée, mais je ne suis pas allée tout de suite chez le docteur. Le gynécologue de Taravao m’a fait une échographie et il m’a envoyé consulter un oncologue à Taaone.

Après l’opération, on m’a dit qu’il faudrait quand même faire une ablation du sein. J’étais tellement déçue que j’ai tout laissé tomber.

Six mois après, la boule est revenue, alors je suis retournée consulter et on m’a proposé une chimiothérapie. Je n’ai pas supporté. C’était tellement fort que je ne pouvais plus rien faire ! Au retour, sur la route, je n’étais pas bien. Au bout de la quatrième cure, j’ai arrêté, aussi parce qu’une de mes filles est tombée gravement malade.

Quand j’ai repris la chimiothérapie, l’an dernier, j’ai été transférée à Taravao, avec ma fille, qui est en long séjour. J’aime être ici : c’est plus pratique, le personnel est à l’écoute et je me sens en confiance. S’ils peuvent nous aider, ils le font.”

 

Alain 73 ans, d’Afaahiti : “J’ai demandé à venir ici pour me rapprocher de chez moi”

“J’ai un cancer de la prostate, avec des métastases osseuses. Ça fait vingt ans que ça dure ! J’ai été diagnostiqué en métropole.

Je suis pris en charge à Taravao depuis environ six mois. Je suis bien content de pouvoir suivre mon traitement ici. D’abord, parce qu’il n’y a pas de problème de transport. Et puis parce que le cadre est agréable. Il y a de l’espace. On est aussi bien qu’en métropole, même mieux, parfois.

J’ai suivi une première séance au Taaone, et c’est moi qui ai demandé à venir ici, pour me rapprocher de chez moi. C’était assez logique, surtout que j’aime être autonome. Je viens une fois tous les quinze jours.

On est bien soigné et tout le monde est sympa. Mais je continue d’aller au Taaone pour certains examens.”

 

Odette 50 ans, de Vairao : “Faire la navette, avec la fatigue, ce n’est pas évident”

“J’ai un cancer du sein, qui a aussi attaqué mes os. Au départ, je n’avais pas mal. Je me suis juste aperçue qu’un de mes deux seins diminuait de volume. J’ai mis deux ans avant d’accepter de me soigner, jusqu’au jour où je n’ai plus réussi à marcher. C’était il y a trois ans. J’ai été suivie au Taaone, où j’ai été opérée, avant de faire de la radiothérapie et de la chimiothérapie.

Je suis à Taravao seulement depuis un mois. On m’a proposé et j’ai accepté, parce que c’est plus près de chez moi. Faire la navette, avec la fatigue, ce n’est pas évident. Surtout que je quittais à 4 heures du matin pour revenir vers 18 heures le soir, comme l’assistance avait d’autres patients à transporter en même temps que moi. Il m’est arrivé de devoir me rendre quatre fois par semaine au Taaone pour suivre mon traitement. En ce moment, ce n’est plus qu’une fois par semaine, ou moins. Là, je vais être tranquille pendant quinze jours.”

 

 

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