Session budgétaire à l’APF : morne séance sur fond sarkozien

    vendredi 14 octobre 2016

    APF Fritch

    Après un petit somme rapide propre aux politiques, Édouard Fritch a répondu du tac au tac à Richard Tuheiava sur sa mission à l’ONU. (© Christophe Cozette)

     

    Troisième séance de la session budgétaire, hier, à l’assemblée de la Polynésie, pleine à craquer, Fête de la science oblige. Lors des questions au gouvernement, Édouard Fritch a expliqué sa démarche onusienne. Le reste des débats fut très technique, parfois trop.

     

    Une séance comme une autre. Alors que la 25e édition de la Fête de la science était à peine inaugurée dans le hall de l’assemblée de la Polynésie française, hier matin, en présence notamment du président de l’institution, Marcel Tuihani, l’ensemble des élus s’étaient donné rendez-vous de l’autre côté du mur, dans l’hémicycle, pour la troisième journée de la session budgétaire. C’est peu de temps après l’inauguration de la manifestation organisée par Proscience, vers 9 h 15, que cette séance s’est ouverte, le président ayant délégué son rôle d’animateur, le temps des questions orales au gouvernement, pas au complet mais tout de même conduit par Édouard Fritch, le président. Mais c’est le ministre de la Santé, Patrick Howell, qui a ouvert le bal des réponses après une première question de Joëlle Frébault sur le manque de personnel de santé aux Marquises. En cause selon l’élue, de récents accidents survenus lors d’évasans et en l’absence de médecin à Hiva Oa, impactant ainsi 4 000 personnes. À peine arrivé à sa place, après la Fête de la science, Patrick Howell a répondu en détail, notamment avec les chiffres des personnels de santé en place, à l’élue, rappelant qu’il existe depuis deux ans un cabinet médical privé. Des CDD vont palier l’absence de médecins et la situation devrait s’arranger en début d’année, selon le ministre. “Les problèmes sont bien définis mais si nos îles manquent d’attractivité”, a reconnu le ministre avant de citer Jacques Brel, en conclusion “Avant, gémir n’était pas de mise aux Marquises”, a lancé le ministre, pour qui la situation a bien changé depuis, provoquant un léger brouhaha parmi les élus. Ensuite, Armelle Merceron a questionné le ministre de l’Équipement, Albert Solia, sur la mise en valeur des délaissés routiers de la côte est de Tahiti. Ce dernier a rappelé les travaux en cours, notamment celui du trou du souffleur – 190 millions de francs pour une livraison prévue début 2017 – et a annoncé au Pk 19, à Papeno’o, la construction d’un quai pour les bateaux. Ensuite, c’est Antonio Perez qui a posé un ersatz de question au président Fritch, sur ses déclarations à l’ONU, le remerciant “grandement et dignement”. Le président du Pays a rappelé, à cette occasion, les quatre axes qu’il a développés devant la 4e commission de l’Organisation des nations unies, tout en se disant satisfait de sa venue à New York. “Nous étions catalogués comme un pays pauvre”, a précisé le président, qui a précisé que “nous y retournerons dans un an”.

     

    Aucun souci à se faire pour les ressources

     

    Plus pugnace, Richard Tuheiava pour l’UPLD a également titillé le président sur son discours onusien, lui demandant des garanties sur les ressources polynésiennes, tout en n’omettant pas de mettre sa légitimité (pour parler au nom des autonomistes) en doute. Du tac au tac, Édouard Fritch lui a rappelé “qu’il avait chaussé les savates orange du Tahoera’a”, qu’il fait “confiance à l’État contrairement à lui” et que c’est bien la Polynésie, “en 1996, qui a interdit l’accès à la ZEE polynésienne et non l’État”, donc aucun souci à se faire pour les ressources, que le président compte bien inscrire dans le marbre de la future loi organique. Fermer le ban. Le président fut ensuite questionné par Loïs Salmon-Amaru sur la présence confirmée de salmonelle au sein d’une exploitation avicole de la Presqu’île de Tahiti. S’amusant que cela soit “Madame Salmon, elle” qui lui pose cette question, le président a tenu à la rassurer. “Tous les œufs du commerce sont issus d’élevages négatifs”, a-t-il déclaré, avant de reconnaître quelques problèmes de coordination, suite à une question de Teura Iriti sur le peu de fréquentation du Salon de l’artisanat à l’assemblée, alors que trois paquebots en septembre ont débarqué plus de 7 000 touristes en ville, en trois jours. On ne va pas reprocher à Papeete d’organiser des événements depuis deux ans, a-t-il dit en substance, précisant “qu’il n’y avait pas de rupture dans la chaîne d’information” entre les différents intervenants touristiques. Suite aux questions orales, Marcel Tuihani ayant repris sa place à la présidence de l’assemblée, les représentants se sont ensuite longuement penchés sur le projet de modification de la loi du Pays n° 2015-3 du 25 février 2015 relative aux conditions d’admission au régime de solidarité (RST) et au contrôle de leur respect. Balancés entre la philosophie d’un tel régime et le règlement intérieur, les discussions ont traîné en longueur, se poursuivant même après une pause-déjeuner d’une heure. Sans surprise néanmoins, le rapport fut adopté par 31 voix pour contre 25 abstentions et les différents amendements ont été rejetés, avec les chiffres inversés. Se perdant parfois dans des détails techniques ou ne comprenant pas les questions, la ministre Tea Frogier a tenu à rappeler que la réforme de la protection sociale généralisée (PSG) est toujours dans les tuyaux et devrait en sortir à la fin de l’année. Enfin, les représentants se sont penchés sur différents rapports de la chambre territoriale des comptes (emploi, culture) avant de clore la journée aux alentours de 18 heures.

    Christophe Cozette

     

     

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