Setil – Deux ans de prison avec sursis requis contre Hiro Tefaarere

mercredi 20 mai 2015

Le procureur de la République a requis deux ans de prison avec sursis, trois ans d’inéligibilité et trois années d’interdiction d’occuper un emploi public contre Hiro Tefaarere pour tentative de détournement de fonds par personne chargée d’une mission de service public.
Il est reproché à l’ancien président du conseil d’administration de la Sétil-Aéroport, également ex-élu de l’assemblée, d’avoir ratifié en toute discrétion une convention, le 6 novembre 2008, octroyant 50 millions de francs à la société Casimir-Tahiti. Cette dernière et sa gérante, Mareva Marchesini (belle-fille de l’actuel directeur général de La Dépêche, NDLR) étaient également renvoyées devant le tribunal pour complicité.
D’après le magistrat instructeur, Hiro Tefaarere avait passé cette convention dès sa prise de fonction sans en tenir informés les membres du conseil d’administration alors qu’il en avait l’obligation selon les statuts de la Sétil, société chargée d’une mission de service public.  Or, ces derniers auraient découvert les choses lorsque le directeur administratif et financier s’était opposé au versement des 50 millions de francs. Il avait ensuite saisi le parquet.
La direction de l’entreprise mise en cause aurait obtenu cette somme, destinée officiellement à éteindre une série de contentieux avec la Sétil, grâce à sa proximité avec Hiro Tefaarere. Devant le juge d’instruction, ce dernier avait d’ailleurs déclaré : “J’ai voulu réparer les injustices commises à l’encontre de la société Casimir par Gaston Flosse”, cette dernière ayant été écartée de la zone duty-free de l’aéroport où elle disposait de commerces.  
Dans ses réquisitions, le procureur Thorel a estimé que seul le conseil d’administration de la Sétil avait “la compétence pour décider de contrats et conventions”, mais son ancien président avait pourtant signé “dans le plus grand secret” le document.
“Quand on essaie de trouver la cause réelle de ce contrat (…), il n’y a rien. Le vide. La seule explication possible est qu’Hiro Tefaarere était en difficulté financière et qu’il entendait partager le magot”, a-t-il ajouté. “Les finances publiques ont été mises en danger”, a encore martelé le représentant du parquet, par un “policier révoqué qui a été condamné pour avoir détruit l’aéroport – référence aux émeutes de 1995, NDLR – dont il est devenu le président du conseil d’administration”.
Outre la condamnation de l’ancien élu, le procureur a réclamé une peine de six mois de prison avec sursis à l’encontre de Mareva Marchesini et 3 millions de francs d’amende contre la société Casimir. Toutes deux n’étaient pas représentées par un avocat et la gérante de l’entreprise a fait valoir son droit au silence lors de l’audience.
Quant à Hiro Tefaarere, il n’a pas souhaité assister au procès tout comme son conseil désigné quelques jours plus tôt. Ils avaient réclamé le renvoi de l’affaire à l’entame de l’audience mais sans succès. “Il n’y a pas eu de commencement d’exécution du contrat, donc où est le préjudice ? Il n’y a pas eu un franc de sorti”, a déclaré l’ancien président du conseil d’administration, persuadé que la justice cherchait à le “salir”. Le délibéré sera rendu le 30 juin.

Compte rendu d’audience J-B.C.

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