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Sexe, drogue et prostitution : les détails de l’affaire Boiron

jeudi 5 octobre 2017

sabine boiron

Cinq ans après les premières révélations dans l’affaire dite Boiron, le juge d’instruction a signé l’ordonnance renvoyant onze personnes devant le tribunal correctionnel en 2018. (© archives LDT)


Après des années d’enquête dans l’affaire dite Boiron, le juge d’instruction Mayer a signé, le 5 septembre, l’ordonnance renvoyant onze personnes devant le tribunal correctionnel. La Dépêche de Tahiti a eu accès à ce document révélant les détails de cette affaire mêlant argent, drogue, libertinage, proxénétisme et corruption de mineures. Sabine Boiron, personnage central de cette affaire, est notamment renvoyée pour proxénétisme d’une mineure et l’homme d’affaires Thierry Barbion pour prostitution et corruption de mineures.

Dans son ordonnance de renvoi de 50 pages, signée le 5 septembre après plus de cinq ans d’instruction, que La Dépêche de Tahiti a pu consulter, le juge d’instruction Mayer divise le dossier en deux parties relatives aux infractions principales, celles ayant un caractère sexuel, la seconde concernant les stupéfiants.

Au cours de l’année 2011, Sabine Boiron, ancienne institutrice, était la maîtresse du promoteur Thierry Barbion.

L’homme d’affaires a organisé des “soirées libertines” qui avaient lieu dans son bureau de l’immeuble Paofai, à Papeete, avec des jeunes femmes majeures amenées par Sabine Boiron.

Début 2012, cette dernière avait fait la connaissance de deux mineures en rupture familiale “qu’elle avait manipulées en les initiant à la consommation d’ice”, détaille le juge d’instruction.

 

Proxénétisme

 

L’ancienne institutrice avait également amené des stripteaseuses. Plusieurs d’entre elles ont déclaré avoir été violées par l’homme d’affaires après une soirée très arrosée.

Une accusation mise à mal par plusieurs témoignages et les différentes versions données par l’une des supposées victimes et le manque d’éléments tangibles allant dans le sens de l’accusation.

Les faits de proxénétisme à l’encontre d’une personne mineure par Sabine Boiron sont en revanche démontrés par l’instruction.

Les déclarations de la victime, alors âgée de 16 ans, au sujet de son entrée dans la prostitution sont “sans équivoque”, selon le juge d’instruction, pour qui “le mécanisme d’isolement et d’emprise” faisait d’elle “son esclave”, Sabine Boiron gardant une grande partie des sommes versées par divers clients allant jusqu’à 30 000 F, mais assurant surtout sa consommation d’ice.

Thierry Barbion était l’un des clients de Sabine Boiron, avec qui il couchait en compagnie de la jeune prostituée.

L’homme d’affaires a finalement reconnu avoir donné de l’argent à Sabine Boiron et qu’il savait la destination de l’argent.

Il a en revanche nié connaître leur âge. Ses déclarations ont été mises à mal par différentes auditions et déclarations, dont celle de Sabine Boiron qui, à son sujet et à celui de Marc Ramel, responsable du bar Ute Ute, a confié : “Ils aimaient la chair fraîche”.

 

“Exhibitionniste”

 

C’est au cours de soirées entre ces deux hommes, Sabine Boiron, et plusieurs mineures que sont intervenus les faits qui justifient le renvoi de Thierry Barbion pour corruption de mineures.

Plusieurs protagonistes ont parlé de l’homme d’affaires comme étant “exhibitionniste” sur le plan sexuel. Des exhibitions et des rapports sexuels qui ont parfois été proposés à des jeunes filles mineures.

Le physique d’une d’entre elles, âgée de 13 ans, ne laissant pas de doute quant à sa minorité.

C’est avec cette dernière que Marc Ramel a reconnu avoir eu des rapports sans vouloir admettre connaître son âge.

L’affaire Boiron/Barbion a d’ailleurs bien failli être vidée de sa substance grâce au bâtonnier Quinquis, qui avait pointé des vices de procédure dans l’instruction et demandé l’annulation de pièces de la procédure.

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Papeete lui avait donné raison et c’est finalement la Cour de cassation de la chambre criminelle de Paris qui, en septembre 2015, avait laissé cette enquête être menée à son terme.

Dans cette affaire, Thierry Barbion a décidé d’être défendu par un as du barreau, Me Frédérique Baulieu, qui a été l’avocate de Dominique Strauss-Kahn, accusé d’agression sexuelle sur une femme de ménage.

L’affaire devrait être examinée par le tribunal correctionnel au deuxième semestre 2018.

Rappelons que toute personne est présumée innocente tant qu’elle n’a pas été jugée par la juridiction compétente.

 

Florent Collet

 

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