Paris autorise enfin la rétrocession de six terrains militaires

    jeudi 5 janvier 2017

    Six premiers décrets viennent d’autoriser la rétrocession de terrains militaires au Pays et aux communes d’Arue et Taiarapu-Est (crédit : Archives LDT)


    Six anciens terrains militaires de Pirae, Arue et Taiarapu-Est peuvent enfin revenir dans les domaines de la Polynésie et des communes tahitiennes après la publication de décrets, pris le 3 janvier
    à Paris. Une “très bonne nouvelle” pour le haut-commissaire, qui qualifie la redynamisation des sites de défense de “dossier majeur pour le développement de la Polynésie”. Logement social, zone d’activité économique, offre touristique… Plusieurs projets de reconversion vont maintenant être sérieusement étudiés. 

    Caserne Broche à Arue, cité Grand à Pirae, fort de Taravao, station ionosphérique, centre d’instruction nautique et résidence Mariani à Taiarapu-Est : six anciens terrains militaires peuvent enfin revenir dans les domaines du Pays et des communes tahitiennes après la publication de décrets au Journal officiel de la République française.

    Les terrains reconnus “inutiles” par le ministère de la Défense, leur rétrocession “à l’euro symbolique” avait été envisagée dès 2008. Un accord avec l’État – le contrat de redynamisation des sites de défense (CRSD) – avait finalement été signé le 22 février dernier, en présence du président de la République, François Hollande, en visite au fenua.

    Aujourd’hui, Arue récupère donc enfin une emprise de plus de 3,1 hectares estimée – bâti compris – à plus de 792 millions de francs.
    Taiarapu-Est hérite, elle, de trois terrains correspondant à une emprise totale de 41 000 m2 et à une valeur de 728 millions de francs.
    Les résidences Grand (927 millions de francs) et Mariani (390 millions) reviennent à la Polynésie.
    Divers projets sont à l’étude sur ces terrains (lire ci-dessous), au financement desquels État, Pays et communes contribueront. L’objectif est de recréer de l’activité économique là où les forces armées se sont progressivement retirées depuis la fin des essais nucléaires.

    Une première enveloppe de 157,8 millions de francs avait été validée le 15 septembre dernier pour programmer des études de faisabilité et des appels d’offres.
    “Ces (décrets) marquent une étape décisive dans l’avancement de ce dossier majeur pour le développement de la Polynésie”, a réagi hier le haut-commissaire René Bidal.  

    “Un outil de reconversion économique”

     

    Les transferts de propriété entre l’État et les collectivités vont, à présent, faire l’objet d’actes notariés. “Toutes les instructions ont été données pour que ces actes soient le plus rapidement passés”, indique le représentant de l’État.
    À terme, d’autres décrets seront pris pour la rétrocession de quatre terrains supplémentaires aux communes de Papeete, Pirae, Mahina et Faa’a, qui ne sont pas encore “complètement libres d’emploi” et où sont portés divers projets de requalification, comme un nouveau centre-ville à Pirae ou un marché de proximité à Faa’a.

    “Face à la pénurie de foncier que connaissent la plupart des collectivités, la cession de ces emprises représente une opportunité exceptionnelle pour le territoire polynésien”, s’enthousiasme le haut-commissaire (lire ci-dessous).
    Au total, ce sont 22 ha estimés à 4,8 milliards de francs qui reviendront – gratuitement – dans le giron des collectivités polynésiennes.
    “Le CRSD est un outil de reconversion économique majeur, note René Bidal. Susceptible de générer plusieurs centaines d’emplois pérennes.”

    Marie Guitton

     

      Edition abonnés
      Le vote

      Seriez-vous prêt à accepter de travailler avec une patente si un employeur vous indiquait qu'il ne peut pas vous salarier ?

      Loading ... Loading ...
      www.my-meteo.fr
      Météo Tahiti Papeete