Habillage fond de site

Six ans de prison pour le père incestueux

mercredi 27 juin 2018

Condamné à six ans de prison, l’homme a déjà fait 19 mois de détention préventive, pendant lesquels il assure avoir réfléchi sur ses actes : “Les amis là-bas, ils aiment pas ça ; on m’a tabassé”. (© Caroline Perdrix)

Condamné à six ans de prison, l’homme a déjà fait 19 mois de détention préventive, pendant lesquels il assure avoir réfléchi sur ses actes : “Les amis là-bas, ils aiment pas ça ; on m’a tabassé”. (© Caroline Perdrix)

Il aurait pu comparaître aux assises. Les faits de viol ont été requalifiés en atteintes sexuelles, permettant une résolution plus rapide et moins éprouvante pour les victimes. Mais il n’y avait aucun doute, hier, que Y.P. a bien violé sa fille de 13 ans et son neveu de 12 ans durant au moins cinq mois, en 2015.

En détention provisoire durant 19 mois, il a été libéré pour un problème de procédure et comparaissait libre. La famille était bien connue des services sociaux. Depuis 2001, les parents se quittent et se réconcilient sur fond d’alcool et de violences. Le père, sans formation ni travail, a trois condamnations pour violences conjugales à son actif.

Les enfants sont ballottés entre la famille paternelle de Papenoo, la famille maternelle de Raiatea et quelques foyers. En 2015, les parents sont séparés et les enfants rentrent de Raiatea passer les grandes vacances avec leur père. Celui-ci habite sur le terrain familial, dans une cabane en bois et en tôles. Une seule pièce, un seul lit. “C’est effarant. Il faut le dire et le reconnaître”, dira le juge, en consultant les photos du dossier.

 

 

“Un individu particulièrement fruste”

 

Les enfants, maltraités par leur mère, demandent à rester à Tahiti, mais pour la fille aînée, c’est un cycle de viols quasi quotidiens qui commence. Elle fugue, revient, re-fugue. Retrouvée par les gendarmes, elle finit par accuser son père de viols sur elle-même et sur son cousin. L’expertise médicale révèle un hymen intact car le père est doté d’un micro-pénis (moins de 5 cm en érection).

Mais l’accusé finit par admettre progressivement les faits. Il admet aussi qu’il frappe sa fille. Quant au neveu violenté, “c’est un raerae qui  porte des linges de femme”, dit l’accusé, comme si cela expliquait tout.

Il prétend que l’enfant aurait consenti à des rapports complets et demandé de l’argent. À chaque fois que le juge lui demande s’il a bien conscience qu’il n’a pas le droit de battre et de violer des enfants, l’accusé répond oui. Alors pourquoi l’a-t-il fait ? Silence, à chaque fois.

L’expertise psychiatrique du père ne révèle pas de troubles psychiques mais un retard mental “léger à moyen”, “un individu particulièrement fruste”, aux tendances pédophiles, qui voit sa fille comme un remplacement de sa femme, est “imperméable à la sanction pénale” et présente un risque élevé de récidive.

Même un suivi thérapeutique est jugé “peu envisageable au regard de sa capacité intellectuelle”. L’expertise psychiatrique de la jeune fille montre, quant à elle, des carences éducatives et affectives, une personnalité fragile et des troubles de la communication. Tous les membres de cette famille dysfonctionnelle vivent à nouveau ensemble, au domicile du père.

Le père incestueux a été condamné à six ans de prison ferme (le procureur avait requis huit ans) et est parti immédiatement en prison. Il risque deux ans de plus s’il ne se conforme pas au suivi socio-judiciaire. Il est également privé de ses droits civiques, civils et familiaux pour cinq ans, déchu de l’autorité parentale sur sa fille, interdit de toute activité impliquant des mineurs, et inscrit au fichier national des délinquants sexuels.

Une audience ultérieure déterminera les dommages et intérêts dus au jeune garçon.

 

C. P.

 

 

0
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

French Bee, compagnie aérienne low cost, enchaîne les retards, annulations ou “problèmes techniques”. Pour vous :

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete