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Six cents fidèles ont fait leur rentrée au ha’api’ira’a

mercredi 18 juillet 2018

L’école de la foi s’est enrichie au fil des années d’autres enseignements, comme le ha’api’ira’a nota. (© Désiré Teivao)

L’école de la foi s’est enrichie au fil des années d’autres enseignements, comme le ha’api’ira’a nota. (© Désiré Teivao)


Depuis le 9 juillet, ils sont plusieurs centaines de personnes réunies tous les matins en l’église Maria no te hau pour le ha’api’ira’a ou école de la foi. Enseignement autour de la bible, cours de solfège ou encore apprentissage du reo Tahiti pendant un mois, les fidèles vivent au rythme de leur foi. “L’objectif du ha’api’ira’a est de pouvoir doter les Églises des îles éloignées de ministres capables de servir pendant les messes”, a indiqué le diacre Médéric Bernardino.

Il est 4 h 30 du matin et le son du clocher de Maria no te hau a retenti. Il annonce le début de journée pour les élèves du ha’api’ira’a ou des écoles de la foi. En effet, depuis un peu moins de dix jours, ils sont près de 600 fidèles de l’Église catholique réunis tous les matins à La Mission. Enseignement autour de la bible et de la vie de Jésus Christ, cours de solfège pour les chefs de choeur des chorales ou encore apprentissage du reo Tahiti. Pendant un mois, les fidèles vivent au rythme de leur foi. Tous les enseignements dispensés sont gratuits.

Thierry, 50 ans et tout droit venu de Mataiva aux Tuamotu, participe pour la première fois à ce grand rassemblement. Ce dernier est inscrit en ha’api’ira’a katekita ou école des ministres de l’eucharistie. “Je suis venu apprendre et approfondir ma foi parce que je veux pouvoir servir le mieux possible les fidèles de ma paroisse de Mataiva et leur apporter un plus”, a-t-il confié. Et c’est justement là le but premier de l’école de la foi comme l’indique le diacre Médéric Bernardino : “L’objectif premier du ha’api’ira’a est de pouvoir doter les églises des îles éloignées de ministres capables de servir pendant les messes, dire les prières et de servir pendant les offices quand il n’y a pas de prêtres. En plus de ces tâches, ils doivent aussi s’occuper de l’entretien de l’église, s’assurer de la bonne tenue de la catéchèse, toutes ces tâches qui font vivre une communauté chrétienne”.

 

 

Un héritage de Mgr Michel Coppenrath

 

Devant le manque criant de prêtres et du fait de l’éloignement de certaines îles par rapport à Tahiti, l’ancien archevêque de Polynésie, Mgr Michel Coppenrath, a organisé il y a maintenant 40 ans la première école de la foi pour palier ce manque. “Quand Mgr Michel Coppenrath a lancé l’école de la foi en 1970, il n’y avait rien dans notre diocèse. Et il a pensé que ce qui était le mieux pour les Polynésiens était de donner aux laïcs les moyens d’être participant à la grâce”, insiste Médéric Bernardino.

Si au départ elle ne formait que des katekita, l’école de la foi s’est enrichie au fil des années d’autres enseignements. Comme le ha’api’ira’a nota (cours de musique et de chants), Emaus à Pamatai pour les fidèles de Faa’a, ou encore Sychar au grand séminaire de Outumaoro. “Mgr Michel a été en quelque sorte un prophète. Et aujourd’hui, nous avons une église de laïcs engagés”, a confié, très admiratif, Médéric Bernardino.

L’école de la foi fermera ses portes le 2 août et se terminera par une grande célébration en l’église Maria no te hau de Papeete.

 

Désiré Teivao

 

Médéric Bernardino, diacre et coresponsable de l’école de la foi : “Donner aux laïcs les moyens d’être participant à la grâce”

(© Désiré Teivao)

(© Désiré Teivao)

L’école de la foi, ou le ha’api’ira’a c’est quoi exactement, et depuis quand cela existe-t-il ?

Le terme “école de la foi” regroupe en fait un ensemble d’écoles. Quand l’école ou le ha’api’ira’a a commencé en 1970 sous l’impulsion de Mgr Michel Coppenrath, il n’y avait que l’école des katekita. Ensuite, il y a eu un troisième synode entre 1988 et 1990, et à partir de là sont nés les autres écoles comme Emaus à Pamatai, les écoles de catéchèse, de ha’api’ira’a nota (chant et musique) et de reo Tahiti. Et à l’école de La Mission, je m’occupe depuis vingt ans de la formation des katekita, de l’école en reo Tahiti et des cours de solfège.

 

Quelle est la finalité des écoles de la foi ?

Pour l’école des katekita, l’objectif est de former des ministres qui puissent s’occuper des paroisses dans les îles et archipels éloignés où les prêtres ne passent qu’une à deux fois par an. Ces ministres sont donc chargés d’animer leur paroisse, de faire les messes les dimanches, ou encore de s’assurer du bon entretien de l’église. Ensuite pour le ha’apii’ra’a nota, l’objectif est de former des maîtres de choeur pour les chorales. Et le ha’api’ira’a reo Tahiti, c’est pour perpétuer l’utilisation de notre langue et ne pas perdre ce qui fait de nous des Tahitiens.

Ces écoles sont un héritage que nous avons reçu. Mais quand Mgr Michel Coppenrath a lancé l’école de la foi en 1970, il n’y avait rien dans notre diocèse. Et il a pensé que ce qui était le mieux pour les Polynésiens était de donner aux laïcs les moyens d’être participant à la grâce. Et il a été en quelque sorte un prophète, puisque aujourd’hui nous avons une église de laïcs engagés.

Ces laïcs, ou katekita, qui célèbrent les messes le dimanche, c’est une spécificité du fenua ?

Oui effectivement. Même s’il y en a un peu en Nouvelle-Calédonie, mais sous une autre forme, et ça ne concerne que deux ou trois personnes. Au fenua, je crois qu’il y a près de 600 katekita répartis dans les archipels, sauf aux Marquises.

 

école de la foi

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