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Sixième soirée de concours, jeudi dernier, du Heiva i Tahiti

lundi 16 juillet 2018

Tamanui apato’a no Papara en tarava Tuhae pae (chant)

Expressivité, énergie, humour : tous les ingrédients étaient là. (© Caroline Perdrix)

Expressivité, énergie, humour : tous les ingrédients étaient là. (© Caroline Perdrix)

Le thème, commencé l’année dernière et terminé cette année, décrit le cycle des saisons aux Australes, où la saison froide court de mars à août et la saison chaude de septembre à février.

Il décrit également les voyages entre Rimatara et Papara. Les liens entre Papara et les Australes sont forts, encore de nos jours, et c’est à l’initiative de la paroisse protestante de Papara, avec le soutien de la mairie de Papara, que s’est créé ce groupe en février 2017. L’auteur du thème et compositeur est Cami Papara.

 

 

Parata en hura ava tau (danse)

Le tableau final, qui marque l’arrivée de la paix dans les Tuamotu, après l’intervention du roi Pomare. (© TFTN)

Le tableau final, qui marque l’arrivée de la paix dans les Tuamotu, après l’intervention du roi Pomare. (© TFTN)

Première participation au Heiva pour ce groupe, originaire de Ana’a à 80 %. Parata, c’est le requin, mais c’est aussi devenu le nom de la langue de Ana’a. Et l’histoire qui nous est contée est une histoire pa’umotu, qui fait aussi le lien avec Tahiti. Le spectacle est présenté en quatre tableaux. Les guerriers Parata de Ana’a, partis à Rangiroa en quête de bois de miro pour leurs lances, ont tué les habitants qu’ils ont rencontrés, au mépris des ordres de leur chef.

En représailles, les guerriers Mirihoa tuent le chef et sa fille. Aussitôt les Parata préparent une expédition punitive, et déferlent sur Rangiroa pour massacrer tous ceux qu’ils croisent. Ils poursuivent les fuyards jusqu’à Makatea, et les capturent en les appâtant, comme des crabes, avec des cocos.

Les survivants Mirihoa vont à Tahiti demander la protection du roi Pomare. Les Parata les suivent, accostent à Tautira, et sont convoqués par le roi. Une rencontre est organisée à Papeete, où Pomare demande à tous de cesser cette guerre. Le chef des Parata refuse à plusieurs reprises, car il veut réduire les Mirihoa restants en esclavage. Mais il finit par reconnaître l’autorité du roi, et met fin aux représailles.

Le roi Pomare décida de partager l’archipel des Tuamotu en quatre parties et nomma des régents pour le représenter. Le régent Ariipaea ; le régent Tufauriua ; le régent Vairaatoa et le régent Tepeva, c’est ainsi que les habitants des îles des Tuamotu purent rejoindre leurs îles et retrouver la paix.

Menée par un jeune ra’atira de 32 ans, Heremoana Taiti, qui signe le thème avec Geremie Oopu le chef d’orchestre et Gervais Hoauriki, la troupe a fait une entrée très honorable dans la “cour des grands” de To’ata. L’orchestre espère être distingué en catégorie création, tandis que Faarea Layoussaint concourait pour le titre de meilleur danseur, et Noelani Galera pour celui de meilleure danseuse.

 

 

Nonahere en hura tau (danse)

nonahere

Nonahere n’avait pas participé au Heiva i Tahiti depuis 2013. Les fans du groupe étaient nombreux, et se sont montrés enthousiastes devant cette nouvelle création. (© Caroline Perdrix)

Retour très attendu à To’ata après cinq ans d’absence pour Nonahere, qui revenait pour mettre en scène l’histoire de Ruanu’u, le guerrier à la longue tête chauve et brillante. Écrit par Noëlle Faahu-Vaki, le spectacle réglé par Matani Kainuku n’a pas déçu les fans de danse, ni ceux de musique, et encore moins ceux de costumes. La troupe originaire de Mahina nous conte l’origine de la baie de Matavai – l’eau des yeux – creusée par les larmes d’une jeune femme séduite et abandonnée.

À Ha’avai, sur l’île de Hiti, était né sous la protection du créateur et des dieux l’enfant guerrier de Niufa. Son nom était Ruanu’u. Il avait une malformation : une longue tête, chauve et brillante. En grandissant, Ruanu’u s’éprend de Tehohotauniua, fille du grand chef de Ha’anu’u. Grâce aux conseils de sa mère adoptive, Ruanu’u réussit à séduire la jeune femme, qu’il rencontre la nuit en cachette. Un
matin, en rentrant chez lui, Ruanu’u rencontre les deux frères de sa bien-aimée, qui se moquent de lui et projettent de l’humilier en public.

Le guerrier, furieux, leur tranche la langue. Les deux frères arrivent à faire comprendre à leur soeur que le coupable est son amant. Tehohotauniua, entre peine et colère, jure qu’elle ne laissera plus jamais Ruanu’u l’approcher. Lui, toujours fou d’amour pour la belle, cherche en vain à la reconquérir : il se fait masser la tête dans l’espoir d’en diminuer la taille; il tente d’y ajouter des cheveux postiches, mais rien n’y fait. Excédée, elle lâche sur lui son monstre Mo’iri. Depuis cette nuit-là, Ruanu’u ne retourna plus jamais voir Tehohotauniua. Le lendemain, il décida de partir pour les îles Hawaii. Tehohotauniua essaya de le rattraper mais sans succès.

Elle se mit alors à pleurer à Ha’avai. Elle pleurait tant que ses larmes creusèrent le lieu qui devint alors une baie, la baie de Matavai. Tamatoa Tepuhiarii, le jeune orero de la troupe, a impressionné par sa voix puissante et évocatrice. L’orchestre, puissant et précis, a parfaitement exécuté les compositions très mélodieuses du spectacle. Teihotu Tehuira se présentait pour le titre du meilleur danseur, et Ahuura Matehau pour celui de la meilleure danseuse.

À l’issue du spectacle, Matani Kainuki, le chef de groupe, est entré sur scène avec l’auteur du thème, Noëlle Faahu-Vaki, pour rendre hommage à Patrick Amaru. Récemment décédé, celui-ci avait écrit les premiers spectacles de Nonahere.

 

 

Tama no Aimeho Nui en tarava Tahiti (chant)

Première participation au Heiva pour Tama No Aimeho Nui, qui développe le même thème en chant et en danse. (© Caroline Perdrix)

Première participation au Heiva pour Tama No Aimeho Nui, qui développe le même thème en chant et en danse. (© Caroline Perdrix)

Après sa prestation en danse le 6 juillet, Tama No Aimeho Nui revenait vendredi dernier sur la scène de To’ata pour le chant, approfondissant le même thème : la légende de l’île de Ta’iuna et de ses deux oies “aux plumes rouges et aux yeux perçants.” Le roi Tenu’upana’i avait deux jumeaux : un garçon, Aveari’i, et une fille, Moeari’i. Chacun fut confié à un prêtre chargé de son éducation. Aveari’i apprit l’escalade, pour savoir cacher les dépouilles mortuaires dans les cavernes des montagnes afin de les soustraire aux ennemis qui voudraient s’arroger leur pouvoir. Moeari’i apprend, elle, l’art de la télépathie.

Les deux enfants royaux demandent et obtiennent des dieux à être transformés en oies, rouges pour symboliser leur rang, et aux yeux perçants pour surveiller leur île et la protéger. Quand le temps vient de préparer sa succession, le roi Tenu’upana’i organise une compétition entre ses deux enfants.

Le premier arrivé au sommet de la plus haute montagne héritera du titre de roi. Tout l’événement est rythmé par le son des tariparau, qui marquent la progression du frère et de la soeur. Le prince, expert en escalade, est sur le point de gagner lorsque sa soeur utilise ses pouvoirs de télépathie pour conjurer l’aide d’un grand guerrier, Pai : celui-ci frappe la montagne de sa lance magique, et fait trembler l’île entière.

Le prince, pris dans une chute de pierres, glisse, tombe et décède. La princesse remporte la compétition. Le roi et le peuple pleurent sa disparition, et Moeari’i devient la nouvelle grande reine de Ta’inuna. L’auteur du thème est Heiterauri Germain et la directrice du groupe Adelina Hanare.

 

 

 

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