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Smaïn, l’art difficile de rire des préjugés

lundi 30 janvier 2017

smaïn

Faire rire des préjugés tout en les dénonçant, un véritable numéro d’équilibriste. (© Florent Collet)

 

L’humoriste Smaïn a donné deux spectacles vendredi et samedi derniers au grand théâtre de la Maison de la culture. Son one-man-show, agrémenté de références au fenua, revenait sur son parcours, depuis son adoption, enfant, à sa quête de reconnaissance artistique. L’occasion de traiter de l’intégration et de la mixité sociale en France tout en faisant rire, parfois à ses dépens.

 

Un véritable numéro d’équilibriste, aussi complexe que de faire tenir sur la tranche une feuille de papier en équilibre sur son nez. C’est ainsi que se sont conclues les deux soirées de spectacle de Smaïn à la Maison de la culture.

Devant un grand théâtre quasiment à guichet fermé, pas facile en effet de concilier le souhait du “vivre ensemble” et de “la mixité sociale” tout en faisant rire, parfois à ses dépens semble-t-il, grâce aux préjugés qui collent à la peau des enfants de l’immigration nord-africaine, “des Arrrrrabes, ça fait du bien de le dire”.

Enfant adopté – “fa’a’amu, un mot qui ressemble à une lettre près au mot amour”, préfère-t-il dire depuis son séjour au fenua –, Smaïn est, depuis tout petit, en quête d’identité, pour se faire un nom. Mais depuis son premier spectacle, seul, dans des toilettes turques – “Oh, là aussi, il y a un trou du souffleur” – jusqu’à l’accomplissement et le succès populaire, Smaïn semble vouloir se décoller de l’image du Maghrébin à l’accent fort tant caricaturé par des artistes tel Michel Leeb.

Smaïn aurait voulu être poète, ou clown peut-être pour amuser les enfants qu’il aime tant. Une jeunesse pour laquelle il s’inquiète, celle qui a été adoptée par la société française mais qui doit aussi s’y adapter, une génération qui grandit à l’heure de Trump, des attentats et des “iPad, iPhone et c’est moi qui paie”.

Parfois grave, parfois mélancolique, il perd le public en alternant la victime et le bourreau. Lorsque le public, à gorge déployée, rit des blagues racistes d’un garçon de café complètement cliché, exténué, Smaïn met fin au spectacle. “Cela fait rire cinq minutes. Cela ne fait pas rire toute une vie.”

 

F.C

 

 

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