Social – Motio, un lotissement aux nombreux jardins partagés

    mercredi 27 juillet 2016

    Motio

    Motio, c’est 80 logements, mais surtout 1 500 m2 de jardins partagés et plus de 3 000 m2 dédiés aux loisirs. (Photo : Christophe Cozette)


    Cultiver le mieux “vivre ensemble”

     

    Vivre ensemble, mieux encore.

    Le lotissement social Motio, situé à Faa’a, en montagne, à quelques mètres de Punaauia et de son université, face à Moorea, a été inauguré en septembre dernier (même si le projet était dans les cartons depuis 2002) et accueille principalement des familles “déplacées pour favoriser le développement du projet de développement économique Mahana Beach”, comme l’avait déclaré le président du Pays, Édouard Fritch, lors de son discours d’inauguration, le 16 septembre dernier.

    Pour le moment, aucune pierre n’a été posée pour ce projet hôtelier, mais la vie a pris forme à Motio depuis cette transhumance de près de 80 familles des quartiers Outumaoro, Kosovo-Bel Air et Maeva Beach, soit environ 350 personnes.

    Jeudi, dans la matinée, les partenaires financiers de ce projet, dorénavant pilote pour l’Office polynésien de l’habitat (OPH), seront là, avec la commune de Faa’a, l’OPH et le syndicat mixte du contrat de ville, pour rencontrer les familles de Motio, installées pour la plupart depuis moins d’un an.

    Et depuis ce temps-là, à l’initiative de certains, les jardins partagés mis à disposition par l’office, qui en fait une véritable arme de paix sociale dorénavant dans ses anciens lotissements et dans ses futurs projets, prennent, eux aussi, vie.

    Et pourtant, tout ne fut pas simple, au début. Avant leur installation, les agents OPH sont venus recenser tous les squatteurs de ces zones.

    Une commission a validé le choix des familles les plus nécessiteuses et une fois prévenues, ces dernières sont venues pour des réunions d’intégration, directement sur le site, avec visite d’appartementtémoin, sans oublier l’indispensable explication du “comment vivre ensemble” et de la gestion des parties communes du lotissement, choses totalement nouvelles pour ces familles venues de quartiers insalubres.

    Ce sont les accompagnants sociaux qui ont assuré le transfert, car il était impensable, dans ce nouveau cadre, “de ramener les habitudes d’en bas”, confiaient des responsables de l’OPH hier.

    Malgré des rappels à l’ordre, les mauvaises habitudes – paka, sexe – ont tenté de s’installer au début et la police municipale est intervenue “tous les soirs” pendant un certain temps pour apporter un cadre à ces nouveaux locataires.

    “Les parents ont totalement démissionné de leur rôle d’éducateurs et les enfants, déscolarisés, sont livrés à euxmêmes. Sauf qu’ici, maintenant, on leur demande de ramasser leurs papiers alors qu’avant, ils les jetaient partout, n’importe où”, a-t-on confié à La Dépêche.

     

    Se responsabiliser avec des petits loyers

     

    Aujourd’hui, tout semble se passer pour le mieux, même si certains motu sont plus bruyants que d’autres et qu’il faut surtout payer un loyer (lire ci-dessous).

    Le loyer, pour les familles les plus modestes, ne coûte que 7 000 F, sans les charges (environ 4 000 F pour un F3). Les autres payent jusqu’à 40 000 F.

    “C’est un effort que les gens peuvent fournir, même si ce n’est pas simple de les sortir d’où ils étaient pour venir ici, il faut de la patience.”

    Mais pour “se responsabiliser, se prendre en charge et essayer d’arriver vers une autonomie alimentaire et financière”, l’OPH mise, à fond, sur les jardins partagés, qui ont toute leur place à Motio, tout comme les nombreuses aires de loisirs et de jeux.

    Édouard, Rose-Marie et surtout Maraki l’ont bien compris, même si, pour l’instant, leur production n’est pas encore à vendre.

    “S’ils décident de revendre le fruit de leur récolte, on leur dit go”, répond l’OPH, qui n’oublie pas pour autant les générations futures.

    “Pour les enfants, c’est avec un cadre comme celui-là, que les parents les aident à se projeter dans l’avenir”, espèret- on du côté de l’office.

    Brad (prénom d’emprunt), rencontré hier, l’a bien compris. “Je suis bien mieux maintenant, on est chez soi. Là-bas (à Kosovo, NDLR), on n’était pas stable,  c’était difficile de se construire”, avoue le jeune homme, qui apprenait à faire un cerf-volant auprès de Wilfrid, hier.

    Vingt stagiaires, sans emploi, issus de Motio, se sont engagés à oeuvrer au sein du lotissement et seront encadrés par l’association Te u’i tama no Maeva Beach i Motio, qui a déjà douze ans d’existence et qui officie désormais à Motio.

    Au mérite, certains auront peut-être la possibilité de décrocher un contrat d’accès à l’emploi (CAE). Ils viendront prêter main-forte à Maraki et consorts, tout en apportant leur dynamisme pour faire vivre ce quartier.

    L’association, quant à elle, va mettre en place son règlement intérieur, avec plusieurs sections dédiées aux loisirs, aux jardins, au budget des familles (et à l’éducation des enfants) et à l’insertion professionnelle. À Motio, le mieux “vivre ensemble” est en marche, sans aucun doute.

     

    Christophe Cozette

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