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La société Boyer remporte finalement le bras de fer au tribunal administratif

lundi 27 mars 2017

tribunal administratif

Vendredi dernier au soir, le tribunal administratif avait la lourde tâche de déblayer une situation basée sur fond de jalousie et d’économie autour d’un appel d’offres du Pays pour trois ans de bitumage d’urgence des routes. (© archives LDT)

Vendredi dernier au soir, le tribunal administratif avait la lourde tâche de déblayer une situation basée sur fond de jalousie et d’économie. Une bataille du bitume se joue entre un groupement de sociétés avec Bernard travaux Polynésie, JL Polynésie et Poly-Goudronnage, ainsi que la société Interoute, qui se dressaient contre une décision du Pays, après appel d’offres, de confier le nouveau marché de 3 milliards de francs, sur trois ans, du bitumage d’urgence des routes, à une société nouvelle dans ce secteur, l’entreprise Boyer.

Un affront pour ces sociétés peu enclines à partager le “gâteau du noir” et voir arriver avec force une nouvelle concurrence. L’ouverture des marchés a souvent ce prix.

Les sociétés déjà implantées reprochaient au nouveau venu de ne pas avoir les moyens humains et techniques pour assumer cette lourde tâche et au Pays de lui avoir attribué le marché.

“C’est un peu le poissonnier qui veut se mettre à faire du pain”, expliquait vendredi dernier au soir l’un des avocats des plaignants. La société Boyer s’était défendue en expliquant qu’une centrale était commandée.

Samedi dernier, le juge des référés a rendu son jugement. “Si la SARL Boyer n’a pas elle-même de références précises en matière d’enrobés bitumineux, elle dispose de sérieuses références dans la construction et l’entretien de routes en béton”, est-il expliqué dans le jugement rendu.

Il est complété que “le sous-traitant qu’elle a choisi dispose lui-même de références en matière d’enrobés bitumineux et que son rôle n’est pas de réaliser lui-même de tels enrobés, mais de mettre à disposition de la SARL Boyer une équipe légère d’encadrement destinée à favoriser la consolidation du savoir-faire technique” .

De plus, le tribunal notait “qu’aucune disposition législative ou réglementaire, ni aucune disposition du CCTP (cahier des clauses techniques particulières, NDLR) n’imposait aux candidats de posséder une centrale à bitume à la date du dépôt des offres” et que, “dans ces conditions, les éléments produits devant le juge des référés, juge des évidences, ne permettent pas d’établir que l’appréciation portée par le pouvoir adjudicateur sur les capacités techniques de la SARL Boyer serait en l’espèce entachée d’une erreur manifeste”.

Fin d’un premier acte qui en appellera forcément d’autres.

 

B.P.

 

 

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