Soixante ans de vie polynésienne pour Laris Kindynis

    mercredi 6 janvier 2016

    Le plus Polynésien des Grecs a célébré discrètement lundi à Temae, sa première arrivée à Tahiti, aux côtés de sa famille demi-polynésienne et demi-japonaise.  Laris Kindynis a été père et concepteur du club Med de Moorea puis du Kia Ora (aujourd’hui Sofitel Ia Ora). Résident depuis 1998 en Tunisie, chaque année il revient dans la maison familiale de Punaauia retrouver les amis qu’il a côtoyés durant ces quarante ans d’activités professionnelles au service du tourisme.

    La première fois que Laris Kindynis met les pieds sur la terre polynésienne, c’est le 26 décembre 1956. Il venait d’effectuer la traversée des deux océans (Atlantique et Pacifique) à bord du cargo mixte Tahitien des Messageries maritimes. Laris partageait sa cabine avec un certain Michel Elbel qui a été le premier à lui parler de Tahiti et surtout de Moorea avec en particulier, Iris, fille du capitaine Teai, qui possédait un petit fare sur la côte nord-est de l’île et qui serait très heureuse de le lui prêter quand il le souhaiterait.
    Mais ce voyage « aux colonies » avait un but bien précis : prendre la direction du petit Club Méditerranée qui venait d’implanter ses premiers fare à Punaauia (Rivnac), et de prévoir une structure plus grande sur une autre île, comme par exemple Moorea. Après avoir démarré ses activités professionnelles au Club Med Rivnac, Laris suit les premiers conseils de son compagnon de voyage du Tahitien, et contacte Iris, qui lui propose son petit fare de Temae. Laris traverse le chenal à bord d’un petit cotre qu’il venait d’acheter (le Skaal) et passe quelques jours à vivre « à la polynésienne », se nourrissant des fruits de sa pêche dans un petit fare niau vide de tout équipement.
    C’est là qu’il rencontre Matauira, le seul voisin qui vivait à quelques centaines de mètres de là, avec toute sa famille, cousins et cousines. Laris fait la connaissance de sa première vahine, Tehapai Vairaa, qui va donner naissance à leur fille Tamara. Le destin fait que Tehapai succombe peu après la naissance de sa fille, Laris affronte ce drame comme il le peut mais se dit que le mauvais sort qui l’accable ne l’empêchera pas de mener à bien la mission qu’on lui a confiée, à savoir développer le Club Méditerranée et le tourisme polynésien en général.

    L’aventure du Club Med

    « On peut dire que j’ai construit le premier village du Club Med de Moorea, car non seulement j’ai initié le projet mais en plus j’y ai mis de mon physique. » La construction du village de Tiahura, a débuté en 1958 pour se terminer en 1960 pour une ouverture en 1962. La suite, on la connaît. Sous la direction générale de Laris Kindynis, ce fleuron de l’hôtellerie connaîtra une ascension fulgurante, devenant au fils des années, la plus importante structure touristique de Polynésie française. En 1972, Gilbert Trigano, fondateur du Club Méditerranée avec son ami Gérard Blitz, demande à Laris de prendre la direction générale de la société pour la zone Japon. Cela après avoir développé d’autres structures Club Med rattachées à Moorea, à Taha’a, puis à Bora Bora (à l’ancien hôtel Oa-Oa) L’aventure Club Med Japon durera deux ans. Une relation qu’il avait rencontrée en 1959 sur une plage de Bora Bora fait appel à lui pour lancer avec lui, un projet hôtelier de grande envergure. Cet homme, c’est Jean-Claude Brouillet. L’homme d’affaire, à l’origine d’Air Gabon, avait décidé d’investir en Polynésie. Deux branches d’activité l’intéressaient : la perle noire (aujourd’hui perle de Tahiti) avec une amie, Toti Garnier, et l’hôtellerie de grand standing. Jean-Claude demande à Laris de s’occuper de cette branche et c’est ainsi qu’en janvier 1977 naissait l’hôtel Kia Ora, implanté à l’endroit même où il avait vécu dans le fare de la famille Teai.
    L’hôtel Kia Ora, avec la splendide Vaitere mouillée en bout de ponton, deviendra par la suite le Sofitel Ia Ora, un établissement qui poursuit ses activités parmi les fleurons de l’hôtellerie polynésienne.

    Le temps des retrouvailles

    Alors qu’il gère les affaires de son ami J-C Brouillet, Laris et deux de ses amis, Serge Arnoux et Robin Angeli, créent en 1972 le Kia Ora Rangiroa et le Kia Ora Sauvage.
    Laris a épousé en 1977 la belle Japonaise Keiko et trois enfants ont vu le jour : Nikitas, violoniste, et qui fait carrière dans le monde des affaires, Sakura, flûtiste à l’orchestre de Berne, et Dimitri, violoncelliste à Barcelone. Tous se sont retrouvés lundi à Moorea précisément là où Laris a connu sa vahine Tehapai, et où vivent actuellement Tamara, sa première fille et ses deux enfants, Vaiki et Vahia, deux artistes du monde du spectacle. Ce fut un grand moment de retrouvailles alors que Laris célèbre ses 60 ans de Polynésie, mais aussi son propre anniversaire (le 10 janvier), ainsi que celui de sa petite fille Vaiki (4 janvier) et à quelques jours près, ceux de Vahia et de Tamara. Tous se sont donc retrouvés autour d’un gâteau, face au lagon que Laris a découvert une première fois en 1956.
    Dans un livre où il relate les grands moments de sa vie Du rivage des Syrtes aux Îles du Grand Océan, Laris écrit : « Quitter Tahiti après quarante ans d’une vie passionnante n’était pas chose facile. Les derniers mois consacrés à la préparation de ce départ furent laborieux. Je rangeais dans les cartons et dans des cantines, tous mes livres, tous mes disques, tous les objets auxquels je tenais, tous les souvenirs de quarante années de ma vie en Polynésie. .. Quand allai-je retrouver tous ces vestiges de toute une vie ? Je quittais Tahiti le 12 août 1998, quarante-deux ans après mon arrivée dans ces îles paradisiaques. Une grande page de ma vie était tournée. »
    Laris et Keiko vivent depuis à Djerba en Tunisie, régulièrement ils reviennent à Tahiti (Punaauia) où ils possèdent « la maison familiale». C’est le cas aujourd’hui pour encore quelques jours.

    De notre correspondant Jeannot Rey

     

    TeMea 2016-01-09 09:24:00
    Minuscule rectificatif, le fondateur du Club est Gérard Blitz, Trigano n'est venu que quelques années après. CF wikipedia ou ceux qui n'ont pas perdus la mémoire. Merci.
    MOOREA56 2016-01-08 01:15:00
    Dommage qu'il manque J.C Brouillet. Voilà des Messieurs qui savaient ce qu'est le tourisme. Il aurait fallut faire appel à eux comme ministres .
    Alain du premier club de Bora. 2016-01-07 23:10:00
    Petit rectificatif: Le Club en 69 reprend l'hotel Noa Noa à Bora Bora.
    Le président de "la Polynésie française", des françaises et des français René, Georges, HOFFER 2016-01-07 05:19:00
    Quelle époque !
    Quelle intemporalité !
    Quelles rencontres !
    Hors du Temps.
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