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Un soldat condamné à 18 mois de prison pour la mort d’un Palestinien

mercredi 22 février 2017

Le soldat israélien Elor Azaria, qui a achevé un Palestinien blessé en mars dernier, dans les bras de sa mère Oshra avant son procès.(Photo : Jim Hollander / Pool / AFP)

Le soldat israélien Elor Azaria, qui a achevé un Palestinien blessé en mars dernier, dans les bras de sa mère Oshra avant son procès.(Photo : Jim Hollander / Pool / AFP)

Un tribunal militaire israélien a condamné hier à 18 mois de prison ferme un soldat accusé d’avoir achevé un assaillant palestinien, point d’orgue d’un procès qui a divisé le pays et déçu les défenseurs des droits de l’homme.

La direction palestinienne, sans illusion avant le procès, s’est quand même indignée de la “légèreté” de la peine, “feu vert” donné selon elle aux “crimes des soldats” israéliens contre les Palestiniens.

Elor Azaria, qui a aussi la nationalité française, est le premier soldat israélien à être condamné pour homicide depuis plus de dix ans selon la presse. Le soldat et ses proches n’ont pas bronché à l’énoncé de la peine, prononcée dans un prétoire exigu de Tel-Aviv après des mois d’un procès ultra-médiatisé.

Une fois la cour retirée, la famille a entonné l’hymne israélien autour du sergent de 21 ans, entré une heure plus tôt sous les applaudissements, les mains libres et arborant un large sourire crispé dans son uniforme olive.

Membre d’une unité paramédicale, le soldat a été filmé le 24 mars 2016 par un militant propalestinien alors qu’il tirait une balle dans la tête d’Abdel Fattah al-Sharif à Hébron en Cisjordanie occupée. Le Palestinien venait d’attaquer des soldats au couteau. Atteint par balles, il gisait au sol, apparemment hors d’état de nuire. La vidéo s’était propagée sur les réseaux sociaux.

Immédiatement arrêté et assigné depuis à sa base, Elor Azaria plaidait non coupable. Il pensait que le Palestinien dissimulait une ceinture d’explosifs, ont plaidé ses avocats. La cour a rejeté le plaidoyer.

 

Appel prévu

 

Le soldat, condamné à 18 mois de prison ferme assortis d’une peine de 18 mois avec sursis, doit entrer en prison le 5 mars. Il est dégradé et redevient simple soldat. Ses avocats ont annoncé leur intention de faire appel.

La présidente du tribunal Maya Heller a estimé que le soldat avait bel et bien tiré pour tuer alors que le Palestinien ne constituait pas une menace, et a retenu qu’Elor Azaria n’avait exprimé aucun remords. Elle lui a cependant reconnu des circonstances atténuantes, évoquant le “territoire hostile” sur lequel s’étaient produits les faits et “l’épreuve subie par sa famille”.

L’affaire a mis à l’épreuve l’armée. Les forces israéliennes sont régulièrement accusées d’exécutions sommaires et il importait à une armée qui se veut “morale” d’en apporter la preuve.

Les organisations de défense des droits de l’homme, qui avaient salué la mise en accusation du soldat, se sont senties confortées dans leur ancienne dénonciation de l’impunité dont bénéficient les soldats israéliens selon elles.

Le soldat encourait 20 ans de prison. Mais les juges ont délivré “un signal dangereux indiquant que les auteurs d’actes graves contre les Palestiniens sont protégés par le système”, s’est émue Amnesty International.

 

AFP

 

 

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