SOLIDARITÉ – À Tiarei, forte mobilisation pour le Noël des sinistrés

    jeudi 24 décembre 2015

    “Teave Chaumette, retenez bien son nom, elle a apporté plein de cadeaux !” Hier, les familles de Tiarei ont eu le droit à une belle fête de Noël à l’école Tehaaehaa, dans laquelle sont inscrits la plupart des enfants sinistrés par les intempéries des 12 et 13 décembre. La directrice, les instituteurs et leurs familles, aidés par des bénévoles (lire ci-dessous), étaient sur le pont pour offrir des jouets par centaines à leurs élèves et leurs frères et sœurs. 
    Voitures téléguidées, peluches, pistolets en plastique, jeux en bois… Officiellement, 137 enfants de 0 à 12 ans sont repartis les bras chargés de cadeaux, comme Raurea, le sourire jusqu’aux oreilles avec sa voiture rose, son mini-piano et son nouveau sac à dos (lire ci-dessous). En réalité, plusieurs centaines d’enfants ont été gâtées. Poneys, tables de ping-pong, jeux gonflables… 
    “Je suis trop fière de vous !”, a lâché la ministre de l’Éducation Nicole Sanquer à l’adresse des volontaires, applaudissant cet “élan d’humanité”. Elle-même, nous dit-on, aurait apporté 14 kilos de chipolatas et cinq packs de limonade pour le buffet !
    Teave Chaumette, quant à elle, est la présidente du collectif Solidarité pour tous, qui regroupe plusieurs associations de proximité de Tahiti. “Le lendemain même des intempéries, une référente de Tiarei m’a appelée pour voir si l’on pouvait agir en urgence”, raconte-t-elle. 
    Ni une ni deux, Teave Chaumette a réuni ses stocks vestimentaires et alimentaires, le plus souvent destinés aux victimes d’incendie. “Dimanche (dernier, NDLR), à 10 heures, la voiture était pleine, sourit-elle. Les gens veulent bien donner des choses, mais il faut que ce soit simple. J’ai donc ouvert un dépôt dans mon garage, en face du magasin de Sainte-Amélie, à Papeete.” 
    Télévisions, réfrigérateurs, machines à laver, vêtements, jouets… “J’ai même eu des grosses sociétés qui m’ont donné entre 200 000 francs et 1,5 million !, s’exclame-t-elle. Ça m’a permis d’ouvrir des lignes de comptes chez Hyper U pour acheter au fur et à mesure ce dont les sinistrés auront besoin.” 
    Elle a aussi mis en contact les référents de Tiarei avec l’association Les amis du Liban-Tahiti, qui a pu réunir de nombreux dons pour les enfants. 

    “On voulait enlever ce poids-là aux parents”

    Teave Chaumette n’est pas étonnée par cet élan de solidarité, à quelques jours de Noël. “Ceux qui n’habitent pas dans la zone sont comme des téléspectateurs. Ils regardent à la télé et se disent : “Nous, on va passer Noël en famille, chez nous ; eux, ils n’ont plus rien…” Beaucoup de gens ont de la peine, ça les a boostés.”
    Avec sa voiture chargée à ras bord, Teave Chaumette fait environ un aller-retour tous les deux jours vers les zones sinistrées. “J’appelle ça la “war zone”. C’est un peu Sarajevo”, soupire-t-elle en pointant du menton les éboulis, tas de boue, glissements de montagne et berges défoncées le long de la route. “S’il y a une grosse pluie, ça recommence… Le mauvais temps n’est pas 
    fini.”
    Hier, les travailleurs s’activaient toujours sur les routes, à coups de tractopelles et aidés par des policiers pour rythmer la circulation. “Les habitants, eux, reviennent dans leurs maisons même si elles sont à moitié détruites. Ils ont peur de ne pas avoir le droit de reconstruire et sont inquiets sur les indemnisations, précise la présidente du collectif. Les enfants sont choqués. Certains ont été placés dans leur famille, en dehors de la zone. D’autres sont accueillis dans les fare amuira’a, la salle omnisports et des écoles pour manger et dormir. Des équipes s’occupent d’eux, des bénévoles, des instituteurs qui sont là tous les jours, pendant leurs vacances…”
    Hier, ils étaient tous présents pour le Noël de leurs petits protégés. “On voulait enlever ce poids-là aux parents, explique Teave Chaumette. Qu’ils n’aient pas, en plus, à s’occuper du Noël des enfants. Qu’on ait un peu de joie, avant de retourner dans le nettoyage…” 
    En vêtements et en jouets, ils sont désormais bien parés pour affronter la fin de l’année. “Mais il faut leur remettre l’eau, et il manque de l’alimentaire et des équipements comme des fours, des machines à laver, explique Teave Chaumette. Tout a été emporté, les cartes de crédit, les papiers, les chéquiers…”  

    Marie Guitton

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