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La solution alternative de Te rupe no Makatea

jeudi 28 septembre 2017

sabrina Birk

Pour Sabrina Birk, vice-présidente de Te rupe no Makatea, le débat actuel fait peser une question “de vie ou de mort” sur l’île. (© Anne-Charlotte Bouleau)


Farouchement opposée à la reprise des extractions, l’association Te rupe no Makatea a dévoilé son projet “100 % écologique”, hier matin, lors d’une conférence de presse. Porté par une organisation à but non lucratif basée en Allemagne, il s’articule autour de deux grands axes : l’indépendance énergétique et la création d’une université du développement durable et des énergies renouvelables. L’équipe a également annoncé qu’une procédure judiciaire était engagée, en vue de dénoncer certaines “irrégularités” concernant le projet adverse.

D’une superficie de 24 km2 pour moins d’une centaine d’habitants, l’île de Makatea, située à 220 km de Tahiti, dans l’archipel des Tuamotu, continue de faire parler d’elle, jusqu’à la Presqu’île, où les membres de Te rupe no Makatea ont tenu une conférence de presse, hier matin, du côté de la mairie de Faaone.

Tandis qu’un projet autour de l’exploitation du phosphate refait surface, via la société par actions simplifiée Avenir Makatea de l’Australien Colin Randall, l’association de préservation environnementale, farouchement opposée à la reprise des extractions, propose une alternative “100 % écologique”.

Le projet en question, présenté la semaine dernière au ministre de l’Environnement, Heremoana Maamaatuaiahutapu, est porté par Equilibrismus, une organisation à but non lucratif basée en Allemagne, autour de deux grands axes : l’indépendance énergétique et la création d’une université du développement durable et des énergies renouvelables.

“Makatea deviendra une vitrine internationale”, se projette Roti Make, ambassadrice d’Equilibrismus en Polynésie française. Entre son histoire, sa faune et sa flore, l’atoll surélevé ne manque effectivement pas de ressources.

Or, pour Sabrina Birk, vice-présidente de Te rupe no Makatea, c’est un “développement sauvage” qui l’attend si les extractions reprennent.

“Avec sa forêt primaire et ses fossiles, Makatea a plus de valeur sur le plan écologique qu’économique, contrairement à ce que dit Colin Randall”, remarque-t-elle, s’inquiétant, au passage, de l’absence de contre-expertise concernant les risques sanitaires.

 

#TouchezPasÀMakatea

 

“On va se retrouver avec un désert blanc, bruyant et plein de poussière. Au bout de trente ans, Makatea sera polluée et invivable. Il faut réfléchir !”, renchérit-elle, considérant qu’il s’agit d’une question “de vie ou de mort” pour l’île.

Bien décidée à “ne pas lâcher” et à défendre Makatea “bec et ongles”, l’association a pris l’attache d’un avocat, en vue de dénoncer certaines “irrégularités” concernant le projet adverse. “La procédure judiciaire est en marche”, assure-t-on.

L’équipe, qui reste dans l’attente d’une entrevue avec le président du Pays depuis bientôt un an, a reçu le soutien de Moetai Brotherson, via les réseaux sociaux et le hashtag “Touchez pas à Makatea”.

“Il est totalement opposé aux extractions”, a confirmé de vive voix Mareva Kitalong, collaboratrice du député, actuellement dans l’Hexagone, qui envisage d’évoquer le sujet avec le ministre national de l’Environnement, Nicolas Hulot.

“L’île est la cible actuelle des requins. Tout est question d’argent ! Et on nous parle d’avenir… Moi vivante, ils ne toucheront pas à Makatea !”, assure Danny Pittman, présidente de Te rupe no Makatea, ayant droit et native de l’île, prête à céder 20 hectares en faveur de cette nouvelle initiative, présentée comme respectueuse de l’environnement.

Plusieurs représentants de l’association ont prévu de se rendre sur place courant octobre, pour aller à la rencontre de la population et des élus locaux. 

 

A.-C.B.

 

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