Sortir en ville et passer les contrôles routiers : un défi

    mardi 9 août 2016

    contrôles

    Le haut-commissariat a annoncé, en juillet, la multiplication des contrôles routiers. De quoi réduire un peu plus l’activité nocturne à Papeete. (Photo : archives LDT)


    Les bars et les boîtes veulent des capitaines de soirée et des bus de nuit

     

    Le haut-commissariat a annoncé mi-juillet, après un week-end noir faisant trois morts à la Presqu’île et à Raiatea, la multiplication des contrôles routiers.

    En ligne de mire : la consommation d’alcool et de stupéfiants, plus de 1 000 conducteurs ayant été contrôlés positifs au premier semestre.

    D’année en année, le durcissement de la répression en aura quand même dissuadé plus d’un… non pas de boire, mais de passer la soirée dans le centre-ville de Papeete.

    “Il y a moins de monde parce qu’il y a la police”, remarque ainsi Vaimiti, 32 ans, qui fait désormais la fête loin des axes fréquentés.

    “Il y a beaucoup moins de gens qui sortent la nuit à cause de ça. Ils ont peur de se faire avoir”, constate également Éric Marret, président du Syndicat des bars et des dancings de Polynésie (SBD) et gérant du Paradise.

    Stéphane Gay, gérant du Bora Bora Lounge estime quant à lui, s’en sortir grâce à son activité de restauration.

    En métropole, à la suite de la multiplication des contrôles routiers, il y a une quinzaine d’années, il dit avoir déjà observé la fermeture des bars de quartier “les uns après les autres”, où les habitués venaient siffler leur “ballon de rouge”.

    Aujourd’hui, sous le coup supplémentaire de la crise économique, la Polynésie ne compte plus que huit discothèques au total, dont six à Papeete, contre plus d’une douzaine en 2010.

    Le Manhattan et le 106 ont disparu. Repris récemment, le Morrison’s ferme désormais à une heure du matin…

    Comment, alors, sauver la vie nocturne dans la capitale ? Conscient de l’impératif de sécurité publique, le SBD estime qu’il n’y a “qu’une solution : généraliser les capitaines de soirée”.

    “Il faut que la prévention routière soit avec nous, pour qu’on puisse offrir tous les soirs des boissons non alcoolisées aux capitaines”, précise Éric Marret.

    “Le Pays pourrait leur offrir aussi des porte-clés, par exemple, et trouver des sponsors pour leur donner des t-shirts ou des casquettes, à condition qu’ils donnent leurs clés à l’entrée et qu’ils soufflent dans le ballon à la sortie. L’idée a déjà été utilisée par la prévention routière, mais seulement à des occasions bien précises. L’idéal serait de la généraliser.”

     

    De “l’information”, mais pas “d’éducation”

     

    Plusieurs débits de boissons ont déjà signé une “charte de bonne conduite”. “On offre un soda ou un jus au capitaine de soirée, le DJ passe des messages de prévention et on a des éthylotests… Mais personne n’en demande”, observe Stéphane Gay, du Bora Bora Lounge.

    “Il y a de moins en moins de capitaines. Il y a eu un fort démarrage médiatique, mais trop court. C’était une information, pas une éducation…”, regrette-t-il. “Les pouvoirs publics ne connaissent que la répression.”

    En 2014, des bus de nuit avaient également fait leur apparition dans la capitale (lire ci-contre). Mais l’expérience de trois mois, entre août et novembre, avait été jugée peu rentable.

    “Il faut persévérer”, exhorte Éric Marret. “Nous, au Paradise, on fait des tests au moins pendant cinq ou six mois pour savoir si ça prend ou pas.”

    Une chose est sûre, à l’heure actuelle, les fêtards “ne viennent nous voir que s’ils n’ont pas d’autre moyen de transport et s’ils ont les moyens de payer…”, reconnaît un chauffeur de taxi de la station Vaima.

    Les autres, “ils rentrent tous bourrés quand même”, glisse le serveur d’un des derniers bars animés de Papeete.

     

    M.G.

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete