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Le soutien au coprah coûte 1,137 milliard de francs au Pays, qui veut réorganiser le dispositif

vendredi 17 août 2018

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La commission permanente de l’assemblée, présidée par John Toromona, a adopté une dizaine de textes hier, principalement des délibérations validant les comptes d’établissements publics et des avis sur des projets de loi du gouvernement central. (Photo : Caroline Perdrix)

La commission permanente de l’assemblée de Polynésie a validé hier, jeudi, le compte financier 2017 du Centre des métiers de la mer de Polynésie française, qui a terminé l’année avec un déficit de 32,4 millions de francs, malgré une subvention du Pays de 161 millions et une autre de l’État de 3,7 millions. Les élus ont rappelé les difficultés récurrentes de l’établissement, qui peine à recruter et conserver des formateurs, et dont les élèves ont beaucoup de mal à effectuer les six mois de navigation (minimum) nécessaires à la validation de leur diplôme : « Les armateurs ne jouent pas toujours le jeu, en n’accueillant pas les stagiaires, » estiment les rapporteurs de la délibération. Alors que le Pays prévoit pour les prochaines années des besoins de l’ordre de 70 capitaines et 175 marins, les moyens et les compétences du CMM-PF risquent d’être mis à rude épreuve. Teva Rohfritsch a déclaré au nom du gouvernement, « Nous avons pour ambition de repositionner le CMM-PF dans l’année qui vient, » et de le loger dans de nouveaux locaux, avant de rappeler que l’élaboration d’un plan de formation dédié aux métiers de la filière économie bleue dans la perspective de la création d’un lycée de la mer fait partie des propositions retenues par le Livre bleu des Outre-mer.

La Caisse de soutien des prix du coprah subventionne la production à hauteur de 105,67 francs par kilo (sur un coût de revient de 173,20 francs alors que le cours mondial est de 161 francs/kg), soit un coût total pour le Pays de 1,137 milliard de francs, auquel s’ajoutent 216,6 millions de prise en charge du fret des îles vers Tahiti. Si les cours mondiaux de l’huile brute ont grimpé de près de 20% entre 2016 et 2017, les exportations ont chuté de 24,8% sur la même période. L’exercice 2017 montre toutefois un résultat positif de 159,8 millions de francs, affectés au fonds de roulement. Tous les groupes politiques ont souligné le rôle quasiment social du soutien au coprah, et Teva Rohfritsch a déclaré qu’un réexamen de la pertinence et de l’efficacité du dispositif est en cours : « On maintiendra des aides, mais il faut optimiser les outils, la caisse, et l’Huilerie de Tahiti. Il y a trop peu de visibilité sur les destinataires finaux de ces aides. »

Enfin, les comptes 2017 de l’Établissement de gestion de Teva (Egat) présentent un résultat négatif de 56 millions de francs. Ce qui met le fonds de roulement dans le rouge. Les comptes de l’Établissement public d’enseignement et de formation professionnelle agricole et ceux de « Vanille de Tahiti » seront examinés lors d’une séance ultérieure.

 

Quand le gouvernement central ignore le statut de la Polynésie

 

L’assemblée de la Polynésie française examinait également, pour avis, six textes de loi émanant de l’État. Examen qui a donné lieu aux récriminations désormais classiques sur cette procédure chronophage, qui génère des avis dont il ne sera pas tenu compte, et qui démontre régulièrement l’ignorance du législateur métropolitain quant aux compétences statutaires du Pays, malgré les décisions du Conseil constitutionnel. C’était notamment le cas sur divers accords entre la France et des pays tels que la Moldavie, le Bénin, la Serbie, l’Albanie, la République dominicaine et le Nicaragua, concernant le travail des conjoints des agents de l’État dans les pays où ils sont affectés. Le code du travail étant de compétence locale, c’est au Pays et non à l’État de délivrer des permis de travail aux ressortissants étrangers. Les trois formations politiques ont donc suivi les avis défavorables émis en commission de l’économie, pour réaffirmer la compétence du conseil des ministres sur l’emploi local.

Même problématique avec les accords aériens entre la France et l’Éthiopie, le Mozambique et le Costa Rica ou avec le code de la commande publique, qui ne concernent que les autorités de l’État. Même problème encore avec le projet de loi « PACTE » qui entend simplifier la vie administrative des entreprises en autorisant la publication d’annonces juridiques et légales sur des supports de presse en ligne. Là aussi, l’assemblée a voté à l’unanimité un avis défavorable : le texte en l’état ne peut concerner que les publications de l’État dans ses propres domaines de compétences. Le vice-président Teva Rohfritsch a pour sa part annoncé un projet de loi du Pays qui reprendra au niveau territorial ces dispositions nationales.

C.P.

 

 

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