Habillage fond de site

Soutien des prix du coprah : la Caisse qui sonne creux

mercredi 15 novembre 2017

coprah

(© archives LDT)


La chambre territoriale des comptes (CTC) vient de rendre public un rapport d’observations définitives sur la gestion de la Caisse de soutien des prix du coprah (CSPC), de 2010 à 2016. Les nombreux rapports antérieurs avaient déjà relevé que “le mécanisme de soutien que la Caisse met en œuvre pèse considérablement sur les finances de la Polynésie française, sans qu’il soit pourtant possible d’en mesurer l’efficacité”. À l’issue de ces constats, la chambre territoriale des comptes et l’inspection générale des finances avaient formulé des recommandations, à ce jour toujours pas suivies d’effet.

Éviter un exode massif vers Tahiti à la fin des années 1960 suscité par l’installation du CEP et ses nombreux emplois à pourvoir. Stabiliser les habitants des Tuamotu-Gambier dans les îles en permettant à nombre d’entre eux d’obtenir un revenu stable avec le travail du coco.

Par délibération de l’assemblée de la Polynésie française en 1967, la Caisse de soutien des prix du coprah (CSPC), établissement public administratif, voyait alors le jour.

La chambre territoriale des comptes (CTC) vient de rendre public un rapport d’observations définitives sur la gestion de la caisse de 2010 à 2016.

Son activité a déjà fait l’objet de plusieurs observations de la part de la chambre territoriale des comptes, dans le cadre des examens de gestion consacrés à la politique de l’agriculture en 2008, à la politique de développement des archipels en 2014 et à la politique de l’emploi en 2016.

Elle a également fait l’objet d’analyses diverses et notamment d’un examen particulier de l’Inspection générale des finances en 2010.

Ces rapports avaient déjà relevé que la caisse n’exerce qu’une activité comptable et financière puisqu’elle se contente de centraliser les opérations entre la Collectivité et la SA Huilerie de Tahiti, sans “toutefois exercer sur cette dernière les contrôles qu’elle serait en droit de conduire”, indique la CTC.

Pourtant, “le mécanisme de soutien qu’elle met en œuvre pèse considérablement sur les finances de la Polynésie française, sans qu’il soit pourtant possible d’en mesurer l’efficacité”, poursuit la Chambre dans son récent rapport.  

À l’issue de ces constats, la chambre territoriale des comptes et l’inspection générale des finances avaient formulé des recommandations, visant à réformer le système de soutien, à contenir le niveau d’intervention et à évaluer sa performance.

Qu’est-il advenu ? “Ces recommandations n’ont pas été suivies d’effet.”

 

 

Y.R.

 

Les revenus des coprahculteurs méconnus du Pays

Entre 2010 et 2016, le Pays a subventionné à hauteur de 75 % l’achat du coprah en Polynésie.

“Considérant l’absence d’informations sur le niveau de revenu des coprahculteurs, leur nombre et leur rentabilité, ainsi que la fluctuation des projets économiques dans les îles concernées (CPIA), les demandes des coprahculteurs apparaissent dans les faits prépondérants dans la décision d’augmenter le prix de soutien”, souligne la CTC.

Pour rappel, le prix du coprah avait été globalement fixé pour qu’un coprahculteur qui produit une tonne de coprah par mois puisse obtenir une rémunération équivalente au SMIG. Or, le revenu mensuel moyen d’un coprahculteur sur la période 2012-2016 s’établissait à 14 334 F…

Autrement dit, alors que le dispositif de soutien au coprah a été créé afin de garantir un revenu stable aux coprahculteurs, “le Pays ne dispose d’aucune donnée tant sur le revenu que sur le nombre et la situation des coprahculteurs bénéficiaires du dispositif de soutien des prix d’achat du coprah”.

Par contre, la Chambre territoriale des comptes note que les propriétaires terriens tirent bien leur épingle du jeu. Le Pays “a de facto assuré aux propriétaires de cocoteraies une rente garantie, à l’abri des variations du cours mondial du coprah”, dit la CTC.

 

 

• Une Caisse sous perfusion du Pays

À quoi sert la Caisse de soutien des prix du coprah (CSPC) ? Elle est chargée d’assurer la régulation des prix d’achat du coprah aux producteurs ; elle peut aussi être consultée sur l’organisation de la filière cocoteraie et peut initier des missions relatives à cette filière dans les îles de la Polynésie française.

La délibération créant cette caisse prévoit que ses fonds sont utilisés prioritairement pour le maintien du prix d’intervention à payer au producteur lorsque ce prix est supérieur au prix de commercialisation. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça coûte cher au Pays qui, de manière exclusive, subventionne la caisse. C’était 1,78 milliard de francs en 2015.

Malgré les possibilités qui lui sont conférées, la CSPC “n’exerce aucune action régulatrice”, constate aussi la CTC.

“Le rôle de la caisse se limite principalement à fluidifier les flux de trésorerie entre le Pays et la SA Huilerie de Tahiti afin de garantir un revenu aux coprahculteurs. Une action exclusivement financière et comptable”.

 

 

• Aucun contrôle sur place, notamment sur la qualité

La caisse peut consulter tous documents permettant de contrôler les achats et les ventes réalisées par la SA Huilerie de Tahiti, ainsi que les stocks. Mais “aucun des contrôles sur place autorisés par les dispositions conventionnelles n’est effectué”.

Initialement fixé à 80 F le kilo pour le coprah de 1ère qualité et 55 F pour celui de 2e qualité, le prix d’achat du coprah (au stade producteur) a évolué, passant de 80 F le kilo de coprah de 1ere qualité en 2000 à 140 F en 2011, soit une augmentation de 75 % en 11 ans.

Si 98 % de la production est classée en 1ere qualité et payé au prix maximum, “le coprah, ainsi classé, “comporte des moisissures et ne devrait pas être classé comme tel”.

 

 

• Les recommandations

– Engager une évaluation du dispositif de soutien au prix du coprah afin d’en mesurer la pertinence.
– Définir et prioriser les objectifs poursuivis par la Collectivité avec le soutien au prix du coprah.
– Réviser les moyens de la CSPC en fonction des objectifs poursuivis.
– Engager les réformes nécessaires afin de garantir la transparence du dispositif.

 

coprah  Composante subv coprah Tableau coprah

0
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

Retraites : Selon-vous, la réforme de la Protection sociale généralisée est-elle nécessaire, même si cela suppose des efforts de tous pour la survie du système ?

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete