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Les souvenirs du Tahiti d’antan publiés dans un livret

mercredi 11 septembre 2019

Chaque matahiapo se met à l’aise pour raconter ses histoires et c’est l’écrivaine publique, Méria Orbeck (à droite), missionnée par la commune de Arue qui a la lourde tâche de retranscrire les propos recueillis. Ici, rencontre avec Ruita Teauna-Adams, 90 ans. Photo : John Hiongue/LDT

Chaque matahiapo se met à l’aise pour raconter ses histoires et c’est l’écrivaine publique, Méria Orbeck (à droite), missionnée par la commune de Arue qui a la lourde tâche de retranscrire les propos recueillis. Ici, rencontre avec Ruita Teauna-Adams, 90 ans. Photo : John Hiongue/LDT

Les paroles s’envolent, les écrits restent, c’est cet adage qui a décidé la commune de Arue à lancer un projet inédit au fenua. Ce dernier, connu sous le nom de “ Ia Vai Oe ”, consiste pour le service social à aller rencontrer dix personnes âgées de 80 ans et plus afin qu’elles racontent leurs histoires notamment durant leur période de jeunesse. Elles pourront aussi partager les bouleversements économiques, sociaux voire politiques qu’elles ont connu durant leur vie.

“ Ce programme, porté par le service social, s’adresse aux personnes âgées de plus de 80 ans. Autour de ce programme, il y a trois actions. La première consiste à la réalisation d’un livret regroupant les temps forts et marquants de la vie de ces dix seniors, identifiés et sélectionnés en fonction de la richesse de leurs expériences et histoires à raconter. Ce futur livret est un véritable recueil culturel, historique qui permettra de valoriser et de conserver une partie du patrimoine de la commune de Arue. Il sera étoffé, avec l’aide des familles concernées, de témoignages et de photos d’archives. Un livret sera ensuite remis à chaque famille. Il n’est pas prévu de le commercialiser donc le tirage est limité ”, explique le directeur de cabinet à la mairie de Arue, Thierry Demary.

Pour réaliser le portrait de ces dix personnes, la mairie a fait appel à un prestataire de service, en l’occurrence Méria Orbeck, ancienne enseignante à l’école Ahutoru reconvertie en écrivaine publique. Maîtrisant parfaitement le tahitien, cela l’avantage pour aller à la rencontre des seniors qui parlent souvent dans cette langue.

“ Chaque matahiapo raconte son histoire, les faits marquants de la société polynésienne à son époque ou de sa vie quotidienne. La remise des livrets est prévue pour le 22 novembre en soirée au musée James Norman-Hall. Seulement 200 exemplaires seront tirés. Le livret des matahiapo sera en format A4, en couleur, avec des photos de famille et des photos d’archives. Nous avons prévu quatre pages par portrait. La rédaction du texte sera entièrement en français, il n’est pas prévu une traduction en tahitien ”, complète la référente de ce programme au service social de la mairie, Nancy Lee Chip Sao.

Le budget global de ce projet est de 817 950 francs avec une prise en charge à 50 % par le syndicat mixte contrat de ville et le reste en fonds propres de la commune.

 

Longue haleine

 

“ Nous avons constaté une chose. De nombreuses personnes âgées disparaissent et emportent avec elles leurs souvenirs. Certaines familles connaissent plus ou moins bien les histoires des défunts mais de façon verbale, jamais à l’écrit. D’où l’idée de lancer ce livret qui n’est pas à vendre pour le public ”, poursuit-elle, avant d’ajouter : “ On nous a proposé des noms et parfois ce sont des personnes qu’on connait parce qu’elles sont suivies par notre service social. Chaque matahiapo a la capacité physique de répondre aux questions de Méria Orbeck et de faire appel à sa mémoire. L’écrivaine publique passe au minimum deux à trois heures avec la personne dont elle réalise le portrait. Jusqu’à présent, les matahiapo évoquent plutôt leur enfance, leur vie d’adolescence et parfois la vie lorsqu’ils sont devenus parents ”.

Ce travail est ambitieux et de longue haleine. Il mérite d’être honoré et pourquoi pas de le continuer par une saison 2 l’année prochaine.

Arue reste la seule commune à ce jour à se lancer dans un programme de conservation du patrimoine des anciens.

 

Sport et culture

 

“ La deuxième action est basée sur un programme d’exercice physique adapté et qui se réalise à domicile. Les membres de la famille et les accompagnateurs sont associés à ce programme afin que les activités puissent être maintenues à la fin du programme. C’est ce qui se passe en ce moment avec la gym douce pour les dix matahiapo. Ce sont les mêmes personnes qui seront dans le livret ”, développe de son côté, Thierry Demary.

Enfin, la troisième action est de réaliser des sorties sous forme de visite de sites notamment à  Papeete. Il s’agira de permettre à ces personnes âgées de redécouvrir des sites qu’elles ont visités dans leur enfance.

Ces visites et les anecdotes autour de ces moments de vie viendront étoffer le livret. Ce programme d’action sociale a commencé en avril et se poursuit jusqu’en novembre. Il a été approuvé à l’unanimité par les élus lors du conseil municipal du mercredi 3 avril.

Neuf personnes âgées ont déjà pu témoigner. Reste Syvlie Papu Vongue, résidente de Erima social.

 

De notre correspondant J.H.

 

 

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